‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 321 sur 807 · DT ET PP · texte numérisé non relu

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tions se rapportent. Il n'en serait plus de même si Jésus était né à l'époque du recensement de Quirmius ; car, dans cette hypothèse, il n'aurait eu que vingt-deux ans quand il fut baptisé !. On a supposé de bonne heure que la quinzième année de Tibère devait être comptée à partir de son association à l'empire, à la fin de l'an 11 ou au commencement de l’an 12, et coïncider avec l'an 26 de notre ère, la date de l'an 29 (ou 30) étant retenue pour la mort du Christ, et les deux ou trois ans d'intervalle faisant droit à la donnée johannique touchant la durée du ministère de Jésus. Mais, les historiens romains et Josèphe comptant les années de Tibère à partir de la mort d'Auguste, il est peu probable que Luc les ait comptées autrement.

On ne s’entend pas non plus sur le fait qui est visé par cette date de la quinzième année, les uns la rapportant à la prédication de Jean, les autres au baptême de Jésus, les autres à sa mort. Aucune de ces opinions ne parait devoir être écartée absolument, quoique la dernière soit sans doute la plus conforme à l'histoire. L'arrangement du récit favorise la première, puisque la prédication de Jean-Baptiste est résumée d'abord; mais l’évangéliste ne se propose pas de raconter la vie du Précurseur, et il prend le ministère de celui-ci au moment où Jésus se présente pour recevoir le baptème ; en réalité, Jean prèchait déjà depuis un certain temps, impossible à fixer, et la date marquée ne doit pas être entendue avec rigueur en ce qui le concerne. Elle vise plus directement le baptème de Jésus, et si l'on fait intervenir la donnée Johannique sur les deux ou trois années du ministère évangélique, on ne pourra songer à la passion. Mais on ne doit pas faire usage de cette donnée pour interpréter Luc, qui ne l'a même pas soupconnée. IL serait singulier que le rédacteur du troisième Evangile, si soucieux de la chronologie, n’eût pas pensé à dater la mort du Christ ; s'il ne l'a pas fait en décrivant cet événement, c'est que l'indication synchronique, si savamment élaborée par lui, se rapporte, dans sa pensée, à toute la vie publique de Jésus, telle qu'elle est représentée dans le cadre synoptique. Dans cette hypothèse, quia été l'opinion de très anciens Pères ?, la mort du

1. Hozrzmann, 324, et WELLHaUsEN, Le. 6, 71; Mc. 49, inclinent vers cette opinion, tout en renvoyant la mort du Christ à l'an 35. Mais il est bien risqué de fonder une conclusion historique sur Lc. 11, 1-3; et peut-on supposer six ou sept ans d'intervalle entre le baptème et la mort du Christ?

2. Clément d'Alexandrie, Tertullien, etc. Beaucoup de modernes préfèrent l'an 30, s’autorisant de Mc. 11, 23, pour soutenir que Jésus prêchait en Galilée une année environ avant sa mort. Voirile commentaire de Mc. 11, 6.

rée très RES pour 4 raisons Se D et par un effet pr perspective qui a chance, d’ailleurs, de refléter assez exactement la réalité, la date de la passion a pu servir pour toute l’histoire évangélique. Jésus aura souffert la mort au printemps de l'an 29: son baptème et le commencement de sa prédication sont renvoyés. par approximation, au cours de l'an 28.

Ponce Pilate a gouverné la Judée, l'ancienne tétrarchie d'Archélaüs, en qualité de procurator subordonné au légat de Syrie, pen= dant dix ans, de l'an 26 à l’an 36. Hérode, tétrarque de Galilée, est Hérode Antipas, qui deviendra le meurtrier de Jean-Baptiste ; il fut déposé en l'an 39. Son frère Philippe mourut en l’an 34. Josèphe attribue à celui-ci la Trachonite, la Batanée, la Gaulonite, le Hauran et Panéas. Luc lui donne l’Iturée, soit parce que le district de Panéas avait appartenu au royaume des Ituréens !, soit en supposant qu'il avait dù admunistrer une province que gouverna plus tard Agrippa IT ?. On a beaucoup plus chicané Luc à propos de Lysanias, le soupçonnant d'avoir été abusé par le nom de tétrarque, et d’avoir voulu trouver quatre personnages qui auraient possédé, en l’an 15 de Tibère, les quatre parties de la succession d'Hérode le Grand, Pilate tenant la place d'Archélaüs, et Lysanias venant pour le dernier quart *. Hérode n’a jamais été maître de l'Abilène, ainsi nommée d'Abila, ville située à l'extrémité méridionale de l'Anti- Liban, mais l’évangéliste l'aurait cru, parce que l’Abilène fut donnée en 37 à Hérode Agrippa I" par Caligula, et en 53 à Agrippa D, par Claude. Josèphe ne parle que d’un Lysanias, qui fut tué par Antoine, à l'instigation de Cléopâtre, en l'an 36 avant notre ère ; mais il emploie encore la formule : « tétrarchie-de Ly$anias », pour désigner l’'Abilène ‘. Cette circonstance pourrait expliquer le langage de l’évangéliste, quoi qu'il en soit du second Lysanias, dont on a voulu prouver l'existence par les documents épigraphiques”.

La précision apparente des indications se concilie fort bien, dans

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