‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 333 sur 807 · LD · texte numérisé non relu

LD

Mr. 42 (Lc. 17). où ro #cvoy év Th Jetpt aurod. . J. Weiss, 354.

A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques. 26

es

ou À associer l'Esprit au feu, comme font Matthieu et Lu est LE a que les évangélistes n'aient pensé qu’au baptême chré-

tien, à cause de la Pentecôte, nonobstant le commentaire que l'allé- … gorie du van donnait au baptême de feu. Le baptême chrétien ne -

s'oppose pas réellement au baptême de Jean, comme l'Esprit à l'eau. La différence a été trouvée après coup. Quoi qu'il en soit, Jean, parlant du baptême de feu, n’entendait pas que les justes y seraient plongés, puisque la paille seule doit être brûlée, et que le feu qui la consume ne s’éteindra pas. Le Baptiste parle à une masse de pécheurs, et il ne s'arrête pas au sort des justes, qui ne feront que traverser les épreuves du grand avénement, être secoués dans le van du Messie, sans être jetés dans le feu qui brülera toujours.

Au point de vue de l'interprétation chrétienne du texte, Mare

pourrait sembler postérieur à Matthieu et à Luc, puisqu'il ne con-.

nait plus que le baptême d'Esprit, et qu'il oppose le simple baptême d'eau, comme un symbole qui a fait son temps, au baptême chrétien inauguré par le baptême de Jésus. Mais il aura sans doute substitué le baptême d’Esprit au baptême de feu, et les deux évangélistes plus récents auront combiné la lecon de Mare avec la leçon primitive, chrétiennement interprétée. L'antithèse du Baptiste était beaucoup plus énergique : ou le baptême d’eau pour la pénitence, ou le baptême du feu éternel pour le châtiment. Comme c’est à Dieu, plutôt qu'au Messie, qu'il appartient de donner un tel baptême !, si l’on entend ainsi le discours de Jean, l’on est amené à supposer que la tradition chrétienne lui a fait dire du Messie ce qu'il avait dit de Dieu même.

Avant de raconter le baptême du Christ, Luc, qui n'a pas l'intention de dire plus loin les circonstances de la mort de Jean, poursuit la notice du Précurseur-jusqu'à son-emprisonnement, date assignée par Marc ? au début de la prédication évangélique.

Luc, m1, 18. C’est ainsi que, donnant encore beaucoup d’autres exhortations, il évangélisait le peuple. 19. Mais Hérode le tétrarque ayant été

f. Cf. Mau. 11, 1-3. La combinaison du baptème d'Esprit avec le baptème de feu peut être antérieure à Matthieu et à Luc; mais ce n'est pas une raison pour supposer (avec WELLHAUSEX. E. 74) une source antérieure au recueil de discours, et la dépendance de celui-ci à l'égard de Marc.

réprimandé par lui au sujet d'Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tous les méfaits qu'avait commis (cet) Hérode, 20. ajouta encore ce (crime) à tous (les autres), d'enfermer Jean dans une prison.

Cette notice anticipée ! dérange l’équilibre du récit, et Luc va être obligé de revenir sur ses pas pour raconter le baptême du Christ. Il semble avoir voulu dire ces choses pour n’avoir plus à y revenir, et nullement pour laisser dans le vague la date assignée à l'incarcération du Précurseur ?. Pour lui, aussi bien que pour Marc et pour Matthieu, la captivité de Jean est un fait acquis avant la prédication de l'Évangile, et cette circonstance n’est pas sans signification pour l'historien. La tradition apostolique, dont Matthieu? et surtout le quatrième Évangile { voudront corriger les données, admettait que Jean ne connaissait pas Jésus, ou du moins ne le connaissait pas comme Messie, avant d'être mis en prison, et qu'il était lui-même hors d'état d'enseigner quand Jésus commença d'annoncer l'avènement prochain du royaume des cieux. Dans la perspective des trois Synoptiques, le baptème de Jésus. l’incarcération du Baptiste, la prédication de l'Évangile sont des faits qui se suivent de près. Mais le point qui parait le mieux fixé dans le souvenir traditionnel est que Jean était captif quand Jésus prêcha. Combien de temps s'était écoulé entre le baptême de Jésus et l'incarcération de Jean, ou bien entre cette incarcération et le moment précis où Jésus se mit à prêcher, 1l semble que nul n'aurait pu le dire. La notice de Luc est rédigée avec une certaine négligence ; l’évangéliste s'abstient de dire qu'Hérode avait épousé Hérodiade, comme si le lecteur ne pouvat pas l'ignorer ; il semble surtout préoccupé de donner la plus fâcheuse idée du tétrarque, que l’on trouvera plus loin’ en rapport, non plus avec Jean, comme dans Marc et dans Matthieu, mais avec Jésus lui-même. Cette attention au personnage d'Hérode pouvait caractériser une source particulière du troisième Évangile.

1. Cf. Mc. vr, 17-20; Mr. xiv, 3-5. Le. 19. at zeçt révrwy @v ixoinsey rovnoüv 5 ‘Hswère, semble faire écho à Mc. vi, 20: xai axoûsxs aÿtod ro XX Exoier.

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