V.12. axoÿouz
’lodvns rap:00n, ave yuonsev sis
znv l'athaiav. Pour lin-
lerprétation de avz/wpnsev, cf. 11, 12-44, 22: x11, 45; x1v, 13 ; xv, 21.
A CAPHARNAUM 131
Jean détermina Jésus à se retirer en Galilée , comme s'il avait pu craindre de partager le sort du Baptiste. Mais Jésus n'était pas alors auprès de Jean, qui dut être arrêté en Pérée, et la Galilée appartenait à Hérode Antipas. On reconnaît ici l'évangéliste qui a fait fuir Joseph devant Archélaüs, et l'a conduit en Galilée, sans penser que ce pays était à un fils d'Hérode le Grand !. Il est bien moins soucieux d’être exact en ces détails d'histoire que d'établir le rapport de la donnée de Marc avec un passage d'Isaïe qu'il intercale entre l'indication du retour et le résumé de la prédication. Pour amener sa citation prophétique, où Isaïe parle de la région voisine du lac de Tibériade, il anticipe l’arrivée de Jésus à Capharnaüm ; et comme la mention de la Galilée lui a suggéré le souvenir de Nazareth, où il lui semble tout naturel que Jésus soit allé d'abord, il dit que Jésus, « quittant Nazareth, vint habiter Capharnaüm ? ». Cette façon d'entendre le retour en Galilée contredit Marc, d'après lequel Jésus, venant du désert, a dû remonter le long du Jourdain, arriver au lac de Tibériade par le sud-ouest, et atteindre Capharnaüm en suivant la rive occidentale. Seulement, l’évangéliste ne demande pas qu'on le traduise avec rigueur, et ce qu'il a voulu signifier est que Jésus, qu'il soit allé ou non à Nazareth en revenant du désert, ne s’est pas fixé dans son pavs, mais dans un endroit situé sur les frontières de Zabulon et de Nephtali: il veut montrer en même temps, non la raison historique, dont il n'a aucun souci, mais la raison providentielle de ce fait. Jésus est venu s'installer à Capharnaüm parce qu'Isaïe l'avait prédit. Les anciennes limites des tribus n’'existaient plus depuis longtemps: Matthieu en parle parce que la prophétie nomme Zabulon et Nephtali. Outre l'avantage qu'il trouve, à son point de vue apologétique, dans tout accomplissement de prophétie, il voit à celui qu'il va indiquer une importance spéciale pour combattre les préjugés du judaïsme traditionnel contre la Galilée ? et l'idée d’un Messie galiléen : Jésus est né à Bethléem, comme Michée l'avait dit; 1l a grandi à Nazareth, parce que les prophètes avaient écrit qu'il serait Nazaréen ; 1l prêche à Capharnaüm et dans les environs, parce qu'Isaïe l'avait annoncé.
PACESUpr por.
2, NV. 13. zat zarakimev cv Naapà eloy zatuwxroev ais Nagapvaouu. B lit Na£apd ; L Nafazsz: ND etc. Nafapéô. Capharnaum (912 929) signifie étymologique-
ment : « le village de Nahum ». Ss. : « Il vint à Capharnaüm ». 3. Cf JN. vir, 52. QÉ. 531.
merçante, située au se du lac de Tibériade. Mag n° var
jamais eu de domicile permanent, mais il en a fait, pendant un certain temps, le centre de ses prédications en Galilée. La raison historique de ce choix doit être en ce que les premiers disciples recrutés par Jésus, et notamment Simon-Pierre, demeuraient à Capharnaüm. Éloigné de sa famille, à laquelle il était devenu presque étranger, le Sauveur trouvait chez Simon un asile assuré. Mais l'évangéliste ne veut connaître que l'habitation à Capharnaüm et son rapport avec la prophétie. Il se complaît dans l'énumération de noms géographiques qui semblent trouvés à souhait pour tigurer le cadre du ministère galiléen. La citation est très libre, mais elle se rapproche plus de l’hébreu? que des Septante. * Autant qu'on peut discerner le sens primitif de ce passage, le prophète vise la restauration d'Israël et la félicité messianique, en prenant pour point de départ les ravages exercés par Téglat-Phalasar dans la région gali-
léenne *. Le salut messianique viendra d’abord pour les premiers
exilés ou pour leur pavs. Ainsi l'interprétation messianique est infiniment plus précise et plus spéciale que la pensée du texte. Pour retrouver la suite de Marc, Matthieu fait une autre transition : « Depuis lors Jésus se mit à prècher » ?, d'où l’on aurait grand tort de conclure que Jésus n'avait jamais prêché avant de s'installer à Capharnaüm. Les modifications introduites par le rédacteur du premier Évangile dans les indications du second n'ont aucun carac-