‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 399 sur 807 · NN · texte numérisé non relu

NN

Hozrzmaxx, 121.

CE. JüricHer, II, 183.

rs"

PE Ke

Marc, 11, 21. « Nul ne coud une pièce de drap non foulé sur un vieil habit : autrement,

Marru. 1x, 16. « Personne n’ajusle une pièce de drap non foulé à un

Luc, v, 36-E dit aussi une parah « Personne ne

ja

Rare

LS OS se LA ni ES

le morceau neuf en son morceau en em- neuf pour la mettre à emporte du vieux, et il porte du vieux, etilse un vieil habit; autrese fait une plus grande fait une plus grande ment, on déchire le déchirure. 22. Et per- déchirure. 17. On ne neuf, et la pièce du sonne ne met du vin met pas non plus du neuf ne s'accorde pas nouveau dans de vieilles vin nouveau dans de avec le vieux. 37. Et outres: autrement, le vieilles outres:; autre- personne ne met du vin vin fait éclater les ment, les outres écla- nouveaudans devieïlles outres, et le vin est tent, le vin se répand, outres;autrement,lewin perdu ainsi que les et les outres sont per- nouveau fait éclater les outres. Mais vin nou- dues: mais on met le outres, il se répand, et veau pour outres vin nouveau dans les les outres sont perdues; outres neuves, et les 38. mais il faut mettre le vin nouveau dans les outres neuves. 39.

neuves. »

deux se gardent. »

vieil habit; autrement, une pièce à un habit … <

Et quelqu'un, ayant bu

du vieux. n’en demande

pas du nouveau ; car il

dit : « Le vieux est bon. »

Marc n'établit aucun lien entre ces sentences et la comparaison des garçons de noces, mais il a dû voir entre les deux un certain rapport, puisqu'il n'indique pas davantage que l'on passe à un autre sujet !. Considérées en elles-mêmes, les deux nouvelles comparaïsons réclament une autre application que la précédente, et ne peuvent concerner directement la situation respective des disciples de Jean et de ceux du Christ. Les efforts qu'on a tentés pour } trouver la justification des disciples du Baptiste n'ont donné aucun résultat satisfaisant. Soit qu'elles aient été dites dans la même occasion que la comparaison des garçons de noces, soit qu’elles

1. Mr. 16. oddele 0ë imuBade: 72. se présente à peu près dans les mèmes conditions que Marc, le à marquant simplement la suite du discours; y voir un signe d’antithèse entre ce que font les disciples de Jésus et ce que ne peuvent faire les johannites et les pharisiens (B. Wass, E. 58) est bien subtil et arbitraire. C’est pour obtenir, dans Mc. 21, une suite analogue à celle de Mr. 16, que plusieurs témoins ont voulu lire 4x ov3sts, au lieu du simple Ov Des.

LE JEÜNE 01

aient été prononcées dans une autre circonstance, elles ont un objet plus général, et rien ne prouve que les évangélistes aient voulu les interpréter par rapport au jeüne des johannites. Luce a pensé devoir les séparer du contexte, et les présenter comme une parabole |, sans doute parce qu'il voyait de simples métaphores dans la comparaison des noces et de l'époux: mais cette distinction n'atteint que la forme et non l'objet du discours. Les évangélistes ont pensé à une justification de Jésus et de l'Évangile, bien plutôt qu'à une justification des disciples de Jean sur le fait du jeûne. D'ailleurs les disciples de Jean n'avaient pas besoin qu'on les justifiât devant les pharisiens : ils étaient justifiés par la comparaison précédente, et Jésus aurait plutôt l'air maintenant de les défendre contre lui-même. Si l'on admet que Mare a introduit les pharisiens à côté des disciples de Jean pour amener la question du jeüne, on sera bien tenté de pen ser que sa mise en scène résulte d’une combinaison faite sur des données plus simples : la comparaison des noces répondait à cette question : pourquoi les disciples de Jésus ne jeûnent-ils pas comme ceux de Jean ? Les deux comparaisons suivantes répondaient à une question analogue posée à propos des pharisiens : pourquoi les disciples ne jeünent-ils pas, selon la coutume des hommes pieux ? Mare ou la tradition qui le supporte auraient fait une seule question des deux, et jJuxtaposé les réponses. Cette simple hypothèse résout toutes les difficultés d'interprétation que l'on trouve dans celte péricope.

Les deux dernières comparaisons ne font pas valoir l'incompatibilité de la joie et de la tristesse, mais celle du vieux et du neuf; elles ont donc une plus grande portée que la première, puisque leur applicatiou ne regarde pas seulement la situation des disciples, mais la nature même de l'Évangile, qui est quelque chose de neuf par rapport à la tradition du judaïsme pharisaïque en général, et à celle du jeûne en particulier. Si l’on met une pièce de drap brut pour boucher le trou d'un vieux manteau, la pièce neuve emporte l’attache, et il se fait une plus grande déchirure dans le vieux vêtement ®. Si l'on met du vin nouveau, du vin doux, sortant du pres-

v, 36. 2Azysy 0ù xai racafBonnv zoûs adrous ürt oddels TA. 2. Mc. 21. 00e ir'Bmux Sazouc ayvdoou érioarret ri iuxztov 7anatov" si Où ur, aïoet 50 rAñowuzx (le morceau qui remplit le trou) 47° adtoÿ +0 4aivôy 70ù rahatod (construire :0 7Añcwux +0 #arvoy 47° adtod <0ù rœhaoù. Les mots =0 zxxvov 705

soir, dans de vieilles outres, le vin, en fermentant, outres, et tout est perdu ; à vin nouveau, outres neuves |. d’allégorique dans ce discours. La pointe des deux paraboles est la même : incompatibilité du neuf et du vieux, présentée sous deux. formes différentes, celle d’une partie qui jure avec le tout et quile compromet, celle d’un contenu qui brise le contenant trop faible pour le garder. De même la nouveauté de l'Évangile ne peut s'allier aux observances pharisaïques, sans inconvénient pour elle-même et pour les observances dont il s’agit. Les paraboles ont une signification générale, mais elles ont pu être dites à propos d'une remarque particulière sur le jeûne ou quelque observance du même genre. Si l’on applique la comparaison du vieux au judaïsme en général, la pensée de Jésus sera ici plus radicalement novatrice que sa façon pratique de se comporter envers la Loi ?. Mais il faut tenir compte de la liberté avec laquelle le Christ interprète et complète la Loi, pour l'opposer au judaïsme des pharisiens.

Matthieu * suit Marc de très près. Il développe un peu la seconde comparaison, par l'indication de ce qui advient du vin et des outres, selon qu'on prend celles-ci vieilles ou neuves ; par là il sort un peu du thème primitif, où l'on n'est pas autrement préoccupé de la conservation durable du vin et des outres, mais de l'impossibilité pratique de concilier ces deux termes, vieilles outres et vin nouveau.

Luc a tellement modifié la forme des deux paraboles qu'il est

zakzios ont l'apparence d’une glose explicative. WeLLnaAusEN, Me. 21) ai yeïgov syioua yiverar. Mr. 16. aloet ap 70 rAñpoua aÿroù àr0 10ù tuartou signifie évalement que la pièce mise à l’habit enlève quelque chose de l’habit même.

1. Mc. 22. zai oùdeie Baker otvoy véov ste asrobe Fæahatoÿe" ei DÈ ur, Gn£et 0 vos tos 45200, 2ai 0 oivos ArOÀAvTAL ai 0 Aoxoi. XANAX oivov véov sis aoxobs xavogs. Le texte de la dernière proposition est celui de KB. La leçon de plusieurs témoins : 6 oivog 2xyeirat xai ot acxoi arok Ta, vient de Mr. 17 ; l'addition de BAnz£oy, à la fin du v., vient de Lc. 38. Ss. suppose les deux additions, mais plutôt Bxousw dans la seconde. D et plusieurs mss. it. omettent la finale &XAx oïvoy véov 272., el il est possible que ce soit une ancienne glose. Bien qu'on puisse voir dans cette remarque la confirmation de ce qui précède, on ne s'attend pas plus que dans le cas précédent à l'indication des choses compatibles, et l'application de la comparaison est plutôt gènée que facilitée par là. Cf. Jüricner, IE, 494.

2, WELLHAUSEN, Mc. 21. :

3. V. 17. o9di Bxhhousuw oivoy véov ets aozods rahatods" si Ôè unye Snyvuvraæt où G20!, za 0 0tvos éxyairat «at 0Ù àcx0Ù arbhhovTa AAA BaXhkous:y oivoy véov sis AoOÙs xaVOŸS, za auvo0recot suvrnpoëvrat. Ce développement parait supposer l'addition de Mare sur le vin nouveau dans les oulres neuves.

LE JEÜNE »03

maintenant difficile d'y retrouver le sens primitif. Impossible de prendre une pièce sur un habit neuf pour en raccommoder un vieux | : on déchire le neuf, et la piece fait mauvais effet sur le vieux. L'acte supposé serait plus que maladroit, et il est même tellement inconcevable que Jésus sans doute ne l'aurait pas mis, ne fût-ce que par manière d'hypothèse, dans une parabole. Il est peu croyable que l'évangéliste ait eu des préoccupations allégoriques, et que les deux habits représentent les deux communautés Juive et chrétienne, celle-ci étant déjà constituée indépendamment de cellelà, ou qu'il veuille excuser les disciples du Baptiste de ne pas associer la hiberté chrétienne à la tradition judaïque *. Ou bien il a voulu établir une correspondance entre les deux comparaisons, et montrer des habits perdus à côté des outres perdues; ou bien encore, ayant lu rapidement et compris vaguement le texte de Marc, il l'aura traité avec la plus grande aisance, modelant le développement de la première comparaison sur celui de la seconde ?. Il reste toujours que vieux et neuf ne vont pas ensemble.

Dans la plupart des témoins, Lue ajoute une troisième comparaison : ceux qui boivent du vin vieux n’en demandent pas de nouveau, parce qu'ils trouvent que le vieux est bon ‘. L'addition n’a pas un grand caractère d'originalité ; elle pourrait avoir été conçue par l'évangéliste, ou empruntée à une tradition secondaire. On ne voit pas où elle tend : l'idée de justifier les sectateurs de Jean ne va pas mieux ici que plus haut, et l'intérêt d’une pareille justification échappe à l'historien ; ce pourrait être une autre façon de faire ressortir l'incompatibilité du vieux et du neuf, ceux qui sont à boire du vin vieux n étant pas en goût d'en boire du nouveau, non qu'ils jugent le vieux meilleur, car les anciens aimaient le vin doux, mais parce que leur palais en serait désagréablement affecté 5. Le caractère singulier et adventice de la réflexion fait qu’on hésite entre cette

1. V. 36. oddeis 2z{Bqua 470 fuartou xarvod syisas ErtBalhe ixi iuXz10) Fahatov. 2. Hypothèses de Hozrzmanx, 337.

Page 1