Le. vi
tristiques dont le discours a été primitivement composé |. Ce document n'est pas trop difficile à reconstituer ?. On verra que le discours y était déjà une compilation dont la rédaction même n'était pas entièrement homogène. On pourrait admettre que la recension utilisée par Luc était une forme plus ancienne de Matthieu, qui aurait été amplifiée et retouchée dans notre premier Évangile. Quoi qu'il en soit, les transpositions et les autres modifications que les évangélistes se sont permises montrent bien qu'ils se sont placés à un point de vue didactique, et qu'ils ont pris surtout en considération le sens des instructions et le parti qu'ils en pouvaient tirer pour l'édification de leurs lecteurs, sans égard aux circonstances particulières où chaque sentence avait pu être prononcée. Ou ils n'avaient pas souci de telles circonstances, ou ils les ont ignorées.
On ne rend pas compte de ces divergences en disant que Jésus a bien pu répéter plusieurs fois la même parole. Rien n’est plus vrai; mais cette hypothèse est étrangère à la question dont il s’agit, à savoir, la rédaction des discours, et non l’histoire de Jésus. On n'explique pas ainsi pourquoi Matthieu allonge le discours par le moyen de pièces rapportées, ni pourquoi Luc le raccourcit par l’omission d'éléments qui étaient dans sa source. En cet état de choses, il paraît même superflu de vouloir marquer avec précision le temps, le lieu et l’occasion où telle partie du discours, censée principale, aurait pu être prononcée. On peut dire seulement que, dans l’ensemble, les sentences appartiennent au ministère galiléen, et que quelques-unes, les béatitudes, par exemple, doivent appartenir plutôt au commencement qu’à la fin de ce ministère.
Marru. 1v, 23. Et il parcourait Luc, vi, 17. Et descendant avec
toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l'évangile du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. 24. Et sa renommée se répandit par toute la Syrie, et on lui apportait {ous les (gens) mal por-
eux (les Douze), il prit place en une plaine, qu'un nombre de ses disciples, et une grande multitude de peuple, de toute la Judée, de Jérusalem, du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus pour l'entendre et se
ainsi grand
1. Cf. WeLLHAUSEN, Le. 24; BricGs, The ethical teaching of Jesus, vi.
2. Il comprenait sans doute les béatitudes sous une forme approchant de Lc. vi, 20-23 ; le principal de Mr. v, 17-24, 27-28, 31-48 (Le. vr, 27-36) ; Mr. vur, 4-5 (Lc. vi, 37, 41-42); Mr. vu, 12 (Le. vi, 34); Mr. var, 17-20 (Le. vi, 43-45) ; Mr. vir, 21-23 (Le. vr, 46; xur, 26-27); Mr. var, 24-27 (Le. vi, 47-49).
lants, de diverses maladies, et accablés d'infirmités, démoniaques, lunatiques, paralytiques, et il les guérissait. 25. Et une foule nombreuse le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et
or:
faire guérir de leurs mal el ceux que tourmentaient de prits impurs étaient guéris ; 19. Ê toute la foule cherchait à le tou-.
cher, parce qu'il sortait de lui une vertu qui guérissait-tout le monde.
d'au delà du Jourdain: v, 1. el voyant la foule, 1 monta sur la montagne.
Le préambule de Matthieu est parallèle à ce que Mare ! a raconté touchant la foule qui s’empressait autour de Jésus, avant que le Sauveur gravit la montagne pour y former le groupe des Douze; en même temps, 1l remonte, quant à son point de départ et pour l’enchaînement des faits, au moment où Jésus s'éloigne pour la première fois de Capharnaüm et se met à prêcher dans les synagogues de Galilée ?. Le rédacteur montre d'abord comment Jésus « prêchait l'évangile du royaume » céleste : après cela, il dira en détail comment le Sauveur guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple » : mais il a soin de remarquer, avant d'insérer le discours, que la foule à été attirée par les miracles précédemment accomplis, guérisons de toutes sortes, surtout de possédés et de paralytiques. La place assignée au discours n'est donc pas à prendre pour une indication de rigoureuse chronologie. Quelques-uns des miracles particuliers qui seront décrits plus loin ont eu lieu avant que le discours ou, pour mieux dire, la plupart des instructions qui y sont recueillies aient été prononcées. L'évangéliste a distribué discours et faits selon qu'il convenait à son plan didactique.
Matthieu dit donc, comme Marc après la guérison du démoniaque de Capharnaüm, que Jésus enseignait dans les synagogues de Galilée ; il généralise les guérisons dont le second Évangile parle au même endroit *, et il lui emprunte également ce qui est dit de la renommée de Jésus ‘, mais en substituant la Syrie à la Galilée. I entend par Syrie la province romaine de ce nom, qui avait pour limites la Méditerranée, l’'Amanus, le Taurus, l'Euphrate, le désert
{. in, 7-10; supr. p. 520.