RE
ié "3
ce +
5 cours sur l'accomplissement de la Loi a dû emprunter l'instruction : qu'il met ici dans la bouche du Sauveur. Luc paraît l'avoir compris se ainsi, Car il ne rapporte qu'une fois la parole de Jésus, d'après 54 notre discours, mais dans une forme qui correspond mieux au récit ï. de Marc, à la pensée du Sauveur, sans doute aussi au texte primitif du discours.
nl , < . . 20 =
“ D’après Luc, celui qui renvoie sa femme pour en prendre une L. autre est adultère à l'égard de la première, et celui qui épouse une
AR | NCA 0e
femme répudiée est adultère à l'égard du mari qui l'a renvoyée 1. | Par conséquent, le divorce est absolument défendu. Le texte de à Matthieu n'est pas entièrement sûr : tout en défendant le divorce à au mari, il n'en montre l'inconvénient que par rapport à la femme Er, répudiée, observant que l'on serait adultère en épousant cette Ë femme, mais non que le mari lui-même le serait aussi en prenant une autre femme ?. Cette omission pourrait bien n'être pas involonture. Du moins, la réflexion : «sauf le cas d'infidélité », qui a l'air d'une glose interpolée, et qui détruit en partie la déclaration générale, a été réfléchie. Elle autorise la répudiation de la femme en cas d'adultère de celle-ci, et laisse clairement entendre que le mari offensé a le droit de contracter un autre mariage, tout comme il a celui de renvoyer la femme coupable. Dans les idées du temps, l’un ne va pas sans l'autre. La même restriction sera introduite plus loin par
1. rû< 6 àroÀdwY tv yuvaixa aûtod za yaudv Eripay mouse, zai 6 axok=AUUEVY 4x0 av0p9s yauGv uoryetar, Ss. D omettent 470 avdode.
2. V. 32. ëyw dè Aëyew Duiv O7: 7äç 0 aroSwv tijy yuvalixa aûtob rapextoe AGYoU ropveias rot adrny mouyeubivat (KBD, ce qui donne pour sens : « il fait qu'on est adultère avec elle » en l’épousant ; et cette leçon donne un meilleur sens que la leçon commune uotyäosbai : « lui fait commettre un adultère », attendu que la femme ne peut le commettre seule, et que la pensée va plutôt au second mari comme auteur de l'adultère), za ü$ av arohsAvuévny yauron uoryäræ. Ce dernier membre de phrase dit la même chose que le précédent ; il est omis dans D et plusieurs mss. lat. (cf. xix, 9).
J'AXIX, 92
a} « PAL TE UT ORDER 2
le rédacteur dans le récit de Marc. L'adultère de la femme permettrait le divorce. Ainsi l'entend l'Église grecque, tandis que le concile de Trente ! déclare hérétique celui qui dirait que l'Église se trompe en enseignant, conformément à la tradition évangélique et apostolique, l'indissolubilité du mariage, même en cas d'adultère de l’un des époux. L'exégès: protestante défend l'interprétation des Grecs, qui est bien le sens naturel du passage, mais qui a aussi toute chance de n'être pas celui de Jésus. Serait-ce parfaire la Loi que d'adopter, en lui donnant un peu plus de rigueur, l'opinion de Schammaï? Un théologien subtil, mais non peut-être un critique sans préjugés, peut dire que la prohibition du divorce demeure absolue, parce que la femme adultère, ayant rompu l'union, n'a plus besoin d'être répudiée ?. En réalité, la Loi, par cette exception, rentre dans l'Évangile et le supplante. L'esprit qui a dicté plus haut les paroles sur l'immutabilité de la Loi se retrouverait-il dans cette correction apportée à la doctrine de Jésus ? Il serait risqué, semble-t-il, d'attribuer le tout à la même main #,
Il est très remarquable que, dans les passages parallèles des deux autres Synoptiques, aussi bien que dans saint Paul :, l'exception d'adultère n'est pas mentionnée. Cette circonstance confirme l'idée d'une interpolation rédactionnelle, que suggère déjà le texte de Matthieu considéré en lui-même. Étant donné le point de vue où Jésus se place, une exception à la règle qu'il promulgue ne peut pas être admise, et elle n’a pu appartenir même à la première rédaction du discours. Il s'agit toujours d'opposer la perfection évangélique à l’imperfection de la Loi. La Loi défend le meurtre : l'Évangile défend même de s'emporter contre son prochain ; mais l'idée d'un meurtre commis par un membre du royaume céleste ne se présente pas à l'esprit. La Loi défend l'adultère : l'Évangile en défend jusqu'au désir ; mais l'hypothèse d'un adultère commis par un aspirant à la vie éternelle n'est pas à discuter. Bien plus, et c'est en cela que consiste la supériorité de l'Évangile relativement