‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 469 sur 807 · I Cor. vx · texte numérisé non relu

I Cor. vx

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tromperait, are que l'Évangile ne reconnaît pas à l'Éones ce

droit arbitraire sur la femme, il n’admet pas le divorce. Il y a là une déclaration et un enchaïînement de principes qu'interrompt et compromet l'exception pratique tirée du cas d’adultère, auquel Jésus ne pouvait songer, et qui, d’ailleurs, n'aurait guère eu de sens pour les

Juifs à qui le Sauveur parlait, puisque l'adultère était un erime

dont le châtiment n'était pas le divorce mais la mort. L'on comprend aisément que des difficultés ne pouvaient man- E P quer de surgir, avec le temps, dans la pratique. De même qu'on a dû compter avec le cas de « saints » tombant dans le péché après le P

baptême, il a fallu compter avec le cas de femmes chrétiennes

manquant à leur devoir. Pouvait-on contraindre leurs maris à les conserver ? Il est naturel, d’ailleurs, que, dans le milieu judéochrétien d'où provient sans doute la glose de Matthieu, on ait subi l'influence des idées juives. On a d'autant moins lieu de s'en étouner, que l'égalité absolue de droits et de devoirs entre les époux a pu être affirmée par Jésus sans avoir été jamais réalisée tout à fait dans la société chrétienne. Le glossateur ne prévoit que le cas d'adultère de la femme, et il autorise l'époux à congédier la femme infidèle ; mais il ne dit pas, et sans doute il ne pensait pas que la femme pourrait en faire autant, et quitter son mari s'il manquait à la foi conjugale. À une époque où les circonstances extérieures étaient changées, on ne pouvait plus mettre à mort la femme coupable, et l'esprit chrétien répugnait à une exécution de ce genre. Le rédacteur jugea que le mari offensé avait le droit de renvoyer sa femme et d'en prendre une autre. C'est probablement ce que l’on croyait autour de lui. L'Église catholique, en refusant d'admettre aucun cas de divorce, a maintenu le principe établi par Jésus, et 1l importe assez peu qu'elle n'ait pu le faire qu'en sacrifiant le sens historique des passages où Matthieu traite la question. Il ne pouvait en être autrement en des temps où l’on ne concevait pas qu'un évangéliste pût exprimer moins fidèlement qu'un autre la pensée du Christ. La glose du premier Évangile n'a pas été superflue, puisque l'Eglise en a déduit la licéité de la séparation dans le cas d’adultère.

Marru. v, 33. « Vous avez entendu encore qu'il a été dit aux anciens : « Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras de tes vœux envers le

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