Vous avez entendu qu'il a
Luc, vi, 27. « Mais je vous dis, à vous qui écoulez : Aimez Mos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent; 28. bénissez ceux qui vous maudissent; priez pour ceux qui vous calomnient. 29. Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui l’autre, et si quelqu'un te prend le manteau, ne lui refuse pas la tunique ; 30. donne à quiconque te demande, et si l'on te prend ce qui est à toi, ne réclame pas. 31. Et comme vous voulez que les hommes vous traitent, ainsi traitez-les vous-mêmes. 32. Et si
1. V. 37. to Ôë repiosov zoÿtwv èx toù rovnpoù êotuw. On ne sait si roynpoù est au masculin (Satan) ou au neutre (le mal). L'emploi personnel du même mot dans le v. 39 favorise plutôt la première hypothèse. Voir dans Rescn, Il, 98, les citations de Pères qui mettent « le diable » au lieu « du malin ».
été dit : « Tu aimeras ton prochain, « et tu haïras ton ennemi. » 44. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, 45. afin que vous deveniez fils de votre Père qui est aux cieux, parce qu'il fait lever son soleil sur les méchants et les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et les injustes. 46. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous (à prétendre)? Estceque même les publicains n’en font pas autant ? 47. Et si vous saluez vos frères seulement, que faitesvous d’extraordinaire? Est-ce que même les païens n'en font pas autant? 48. Vous serez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. »
vous aimez Ceux qui vous aiment, quel gré vous en aura-t-on? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. 33. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en aura-t-on? Même les pécheurs en font autant. 34. Et si vous prêtez à des gens dont vous attendez restitution, quel gré vous en aura-t-on? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour recouvrer l'équivalent. 35. Mais aimez vosennemis, faites du bien et prêtez, sans rien attendre en retour; et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, parce .
qu'il est bon pour les ingrats et les méchants. 36. Devenez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. »
L'identité de la matière exploitée par les évangélistes, et la
liberté de leurs procédés littéraires apparaissent clairement dans ce passage. Deux séries de sentences constituent le fond commun de Matthieu et de Luc, l’une concernant la patience et la bienfaisance envers les hommes, l’autre l'amour des ennemis. Luc a combiné les deux ensemble, en intercalant la première au milieu de la seconde, en sorte que le tout devient une exhortation à la charité envers les ennemis ; mais les conseils de patience restent donnés au singulier : « si quelqu'un te frappe », entre les conseils de charité, qui sont donnés au pluriel : « aimez vos ennemis » ; la sentence concernant le devoir de traiter les autres comme on veut être traité soi-même a été amenée après les conseils de patience, pour servir de transition aux derniers conseils de charité, si bien que tout l’arrangement de ce passage est artificiel. Il est à croire que Luc a trouvé séparés les éléments qu'il a ainsi mélangés. Il est possible qu'il les ait trouvés en rapport avec les préceptes mosaïques dont ils sont présentés comme le perfectionnement. Toutefois la
reprise : « Mais je vous dis à vous qui m'écoutez ! », n’est pas
NE TACINSHDr- MD 54 1-09.