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aux auditeurs pour la première, remarque du narrateur p
seconde. Ramenant à l’idée de charité les préceptes d'abnégation, 5
l'évangéliste commence par prescrire l'amour des ennemis, et, au -
lieu d'indiquer, comme Matthieu, un seul acte de charité envers eux, il en ajoute deux autres, la bienfaisance et la bénédiction, peut-être par réminiscence des Épitres de Paul !, et pour amener plus naturellement les sentences relatives à la façon de supporter les mauvais traitements et les exigences d'autrui. Après ces sentences, 1] introduit la règle qui doit gouverner dans la pratique la charité du prochain : faire aux autres tout le bien que l'on souhaiterait pour soi. C'est une sentence indépendante, et Matthieu ne la rapporte que plus loin. Luc s’en sert ici comme d’une transition pour rejoindre la suite de l'instruction sur la charité, qu'il a interrompue pour intercaler celle de la patience et du désintéressement. Malgré tout, la réflexion : « Si vous aimez ceux qui vous aiment », ne se rattache pas naturellement à la sentence qui précéde, mais à ce qui a été dit, pour commencer, de l’amour des ennemis. Le gré que l’on n'a pas à attendre, quand on n'aime que ses amis, est celui de Dieu, en sorte que la formule du troisième Évangile : « Quel
gré vous en aura-t-on ? ? » équivaut à celle du premier : « Quelle
récompense pouvez-vous attendre ?? » Luc substitue les pécheurs aux publicains et aux païens, afin d'écarter des expressions qui laissent transparaitre quelque chose du mépris des, Juifs pour tout ce qui n'était pas israélite. Il remplace aussi par le bienfait la salutation, qui n'avait probablement pas pour lui autant de signification que pour Matthieu. Enfin, pour équilibrer son discours, il ajoute une référence à ce qui a été dit plus ou moins clairement du prêt “. Si l’on prête à des gens qui doivent rendre, on fait une chose très ordinaire et dont les pécheurs eux-mèmes donnent l'exemple. Le