‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 512 sur 807 · HD · texte numérisé non relu

HD

Un te To dyLov Trois Aviv.

CG Panr tons PER. IT, 22:

4. Cf. Mr. xv, 26. La relation des porcs avec les Gentils est beaucoup moins garantie dans vu, 30-31, et Lo. xv, 15.

Le

A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques. 40

M Se

attacher à Fe A on celle que suggère la teneur re du : discours est peu conforme aux Vraisc ob historiques. La proposition de la parole aux Gentils, ou à des personnes mal dis=. posées, ne serait pas très convenablement figurée par l'action de

jeter un objet sacré ou une perle à des bêtes, et l'on peut se demander jusqu'à quel point la « chose sainte » est un terme métaphorique. Ce terme serait assez mal choisi pour représenter une autre chose appartenant aussi à l'ordre religieux. D'autre part, une prohibition si absolue dépasse tout ce qu’on peut lire ailleurs, soit dans le discours de mission !, soit dans l’anecdote de la femme cananéenne ?. On atténue singulièrement la portée naturelle des mots en disant que Jésus défend de prècher l'Évangile aux gens qui sont pour le moment incapables de le comprendre.

Comment supposer que les chiens et les porcs pourraient chan-

ger de nature et traiter respectueusement les choses saintes? Il serait plus arbitraire encore de voir dans la chose sainte ou la perle les différends entre croyants, qu'on ne doit pas porter devant les juges païens *, et ce serait avouer l'inauthenticité de la parole.

La Didaché * dit que Jésus, en défendant de donner la chose sainte aux chiens, a voulu interdire l’eucharistie aux non baptisés. Cette idée, qui n'a pu se rencontrer dans l’enseignement du Sauveur, est néanmoins celle qui, si on l'élargit un peu, s'adapte le mieux au texte. Il est sous-entendu que les disciples sont possesseurs d'une chose sainte dont ils règlent la distribution, et qu'il ne faut pas donner à tout le monde; ils ont des perles qu'il ne faut pas produire mal à propos devant des hommes brutaux et grossiers. Autant cet état de choses convient peu à la parole évangélique enseignée par Jésus, autant il correspond à la façon dont la com-

Mr: x, 5.

Mr. xv. 26-28.

3. IBegkew, ap. Hocrzmanx, 223, par référence à [ Cor. vi, 1-6.

4. 1x. 5 : « Que nul ne mange ni ne boive de votre eucharistie, sauf ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur ; car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit: Ne dornez pas la chose sainte aux chiens. » D'où est venue la formule

le 2

liturgique : tà ya vois æylots.

munauté chrétienne envisageait les réunions eucharistiques. Ne serait-ce pas dans les communautés que se serait formé le dicton : « la chose sainte n'est pas pour les chiens », peut-être à l'imitation de la parole adressée par le Sauveur à la Cananéenne, et l'évangéliste n'aurait-1l fait que recueillir une sentence attribuée déjà au Christ? En tout cas, il a en vue une sorte de mystère chrétien, qui n'est pas la simple doctrine de l'Évangile, et c'est ce mystère du culte chrétien dont il défend de livrer la connaissance et, à plus forte raison, la réalité aux païens. Il présente comme une règle de conduite ce dont la Didaché fait un principe de droit cultuel.

Luc a pu ignorer une sentence qui n'a pas dû exister dans le premier recueil des discours évangéliques ; mais s'il l'a connue, il a pu l'omettre, et moins à cause de l'idée qu'à cause des mots employés pour la faire valoir. Lui non plus n'aurait pas été d'avis qu'on donnât « la chose sainte » aux païens, car il aurait bien compris que cette chose sainte n'était pas l'Évangile ; mais il aurait trouvé choquant de désigner les infidèles par les noms de chiens et de pores.

On cherche vainement une transition régulière entre cette pensée et l'exhortation qui vient ensuite. La moins inacceptable consiste à dire que, la conversion des endurcis n'étant pas à tenter directement, il ny a d'autre ressource que de la demander à Dieu !. Mais les chiens et les porcs ne figurent pas des endurcis, ils ne figurent que des non chrétiens, à la conversion desquels il n’est pas défendu de s'appliquer, avec une certaine discrétion. L'évangéliste a pu fort bien se passer de transition, et insérer, sans les relier entre eux, une série de bons avis qu'il ne croyait pas pouvoir loger plus avantageusement ailleurs. Dans Luc, l'exhortation à prier fait partie d’une instruction sur la prière ?, où la parabole de l’Ami importun prépare très convenablement l'invitation à prier. Matthieu, omettant la parabole, pour la raison indiquée plus haut *, a mis les deux autres pièces de l'instruction, ainsi disjointes, en deux endroits différents de sa compilation : l'Oraison dominicale lui aura paru à sa place dans le petit traité des bonnes œuvres, au paragraphe de la prière ; s'il n° y a pas mis aussi l'exhortation, c'est

Page 1