LE RESSUSUITÉ DE NAIN
l'Écriture. C’est une localité située au sud-est de Nazareth, non loin d'Endor, et l’on observe ! qu'elle n'est pas éloignée non plus de Sunem, où Élisée ressuscita un jeune homme, fils unique de ses parents, comme celui de Naïn était fils unique de sa mère ?. On remarquera aussi que Naïn est assez éloignée de Capharnaüm : Luc ne parait pas s'en douter *. Josèphe* connait une ville du même nom dans le sud de la Palestine; mais la place assignée au récit suppose que Jésus est en Galilée, et la mention de la Judée dans la conclusion ne vise pas le pays de Judée comme lieu du miracle, mais toute la Palestine, y compris la Galilée ?.
Le Sauveur donc, parcourant cette région avec ces disciples 6, et suivi d'un grand nombre d’autres personnes, arriva à l'entrée de Nain au moment où un cortège funèbre franchissait la porte de la cité. La coutume juive était d'enterrer les morts en dehors des villes et des lieux habités, les cadavres et les tombeaux étant réputés impurs. Pour la mème raison, les funérailles suivaient de près le décès, et avaient lieu souvent le même jour’. On portait le cadavre dans une bière ouverte $, et celui que l'on conduisait ainsi à sa dernière demeure était un jeune homme, fils unique d'une veuve *.
Nonobstant la sobriété du récit, la situation ne laisse pas d'être dramatique, et elle n'est pas dramatisée sans intention. Comme, dans le récit précédent, l'évangéliste faisait entrevoir le salut des Gentils sous la figure d’une guérison de païen, opérée à distance par Jésus, il oriente maintenant la pensée du lecteur vers l'œuvre que le Christ a opérée directement, le salut d'Israël, réalisé dans la personne du groupe de croyants qui a constitué le premier noyau du christianisme. La veuve désolée représente la fille de Sion, Jérusa-