‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 542 sur 807 · Qui a des oreilles entende · texte numérisé non relu

Qui a des oreilles entende

Le

Les deux évangélistes reproduisent, après le message de Jean et la réponse de Jésus, un jugement, ou plutôt une série de jugements sur le Précurseur et sur son œuvre. La plupart de ces pensées devaient être groupées ainsi dans la source commune ; mais toutes n ont pas été prononcées dans la même occasion, et elles n'ont pas été dites à propos du message de Jean. Dans l’arrangement actuel du récit, l'éloge du Baptiste semble destiné à corriger l'impression fâcheuse que pourrait donner l'épisode du message ; mais ce rapport est purement extérieur, les considérations sur le rôle de Jean et sa relation avec le royaume n'étant rien moins qu'une apologie. La sentence concernant Jean prophète et précurseur ponrrait avoir été dite

par le vent? 25. Qu’ êtes-vous done allés voir? Un homme couvert de vêtements bien doux? Mais ceux qui vivent en habits somptueux sont dans les palais royaux. 26.

Qu'êtes-vous donc allés voir? Un prophète ? Oui, je vous (le) dis, et plus qu'un prophète. 27. C'est lui dont il est écrit: « Voici que j'envoie devant ta face mon messager, qui préparera la voie devant toi. »

28. Je vous (le) dis, parmi les enfants des femmes il n'est pas de prophète plus grand que Jean; mais le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui (xvi, 16. La Loi et les Prophètes jusqu'à Jean : depuis lors le royaume de Dieu est annoncé, et chacun lui fait violence). 29. Et tout le peuple, (l'hayant entendu, et les publicains ont rendu gloire à Dieu, ayant été baptisés du baptème de Jean; 30. mais les pharisiens et les légistes ont anéanti le dessein de Dieu pour eux-mêmes, n'ayant pas été baptisés par lui.

avant l'incident du message, dès les premiers temps de la prédication évangélique et de la captivité du Baptiste, tandis que l’appréciation générale sur la situation de Jean à l'égard du royaume semblerait plutôt avoir été formulée après sa mort. Tout cet ensemble est un recueil de souvenirs relatifs à Jean; les diverses déclarations du Sauveur auront été rattachées naturellement au fait du message, et l'indication : « Quand les messagers furent partis », est une transition dépourvue de fondement historique.

Ce que Jésus dit d'abord est sans liaison intime avec la démarche de Jean, et n'a pas été conçu pour défendre le Précurseur contre des gens que sa question aurait scandalisés. Cette question a pu sembler choquante aux commentateurs, et déjà les évangélistes en ont été quelque peu étonnés; mais elle ne devait pas surprendre, à moins que ce ne füt en un sens tout contraire, ceux qui l'ont entendue, puisque Jésus n’avait pas dit encore qu'il était le Messie, et qu'il ne le signifie même pas dans sa réponse à Jean, si ce n’est d’une façon indirecte, en tant que la présence du Messie peut être impliquée dans l'avènement du royaume. Si le jugement dont il s’agit avait été prononcé en cette circonstance, Jésus aurait simplement pris occasion du message de Jean pour dire ce qu'il pensait de sa personne et de sa mission.

Le ton du discours est celui d’une conversation familière, mais très animée, où l'orateur pose des questions auxquelles il va répondre lui-même, afin de montrer ce que Jean n’est pas et surtout ce qu'il est. Ge qu'on allait voir au désert, ce n'était pas, un roseau agité par le vent : il n en manque pas au bord du Jourdain, et Jean était tout autre chose. Le Baptiste n'était pas un homme de volonté faible et changeante; il savait ce qu'il voulait et ce qu'il faisait ; il suivait sa voie sans se laisser détourner ni arrêter par les raisons d'intérêt personnel et d'opportunité qui gouvernent généralement la conduite des hommes. Conclure de là que Jésus écarte le reproche de versatilité que l'on aurait pu adresser à Jean !, s'il avait réellement changé d'avis à propos du Sauveur, est singulièrement rétrécir et fausser le sens du texte. Jésus ne parle pas des opinions quiauraient pu se succéder dans l'esprit du Baptiste, mais de son caractère, de sa vie, de son rôle providentiel. Jean n'était pas non plus un individu efféminé, mollement vêtu, Luc

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