B. Werss, E
LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES ajoute : « faisant bonne chère », que l’on serait. curiosité. L'homme que l'on Sete Re avec tant d empr s L n'habitait pas un palais: il vivait dans le désert, mal nourri, couvert d’une tunique en poil de chameau. Ce qu on allait voir, c'était un prophète, un vrai prophète, ou pour mieux dire, un homme plus grand que tous les prophètes ; car les prophètes ont annoncé É de loin l’avènement du royaume, et Jean est celui dont il a été écrit qu'il marcherait devant le Messie pour lui préparer la voie.
La citation de Malachie !, déjà rencontrée au commencement du second Évangile ?, est faite assez librement, à ce qu'il semble, d’après l’hébreu. On lit dans l'original : « Voici que j'envoie mon messager, et il préparera la voie devant moi; et aussitôt viendra dans son palais le maître que vous cherchez, et l’ange de l'alliance “120 que vous désirez ?.» Cette citation paraît faite de mémoire; elle devait avoir dans la source la forme qu’elle a gardée dans Matthieu … et dans Luc. On y applique à Jésus ce qui est dit de Dieu, et le messager qui prépare la voie du Seigneur se trouve être Jean, précurseur de Jésus-Messie. Jésus lui-même n'a pas dà corriger ainsi le texte de Malachie. En réalité, Jean n'avait été que l’avantcoureur du royaume; il était le héraut de Dieu plutôt que celui du Christ. En citant le texte dans sa teneur véritable, Jésus confirmait ce que Jean avait dit de sa propre mission; mais il n'a pas présenté Jean comme ayant tenu vis-à-vis de lui le rôle de précurseur, puisqu'il se serait ainsi désigné en public, très expressément, comme le Messie, et que l'attitude de Jean ne justifiait pas cette assertion. La tradition a pu modifier le texte prophétique, afin de rapporter à la personne du Sauveur ce qui avait été dit relativement au royaume ; peut-être même la citation vient-elle de la tradition et non de Jésus