WVELLHAUSEN, Le
+ . & nous nous sommes lamentés, et avons joué de la flûte, et ve vous ne vous êtes pas frappé la pas dansé; nous nous sommes La: poitrine. » 18. Car Jean est venu ne mentés, et vous n'avez pas pleuré, ».… mangeant nine buvant, et ils di- 33. Car Jean le Baptiste est venu sent : «Il a un démon. » 19. Le Fils ne mangeant pas [de pain), et ne, de l'homme est venu mangeant et buvant pas [de vin}, et vous dites : buvant, et ils disent : « Voici un « Il a un démon. » 34. Le Fils de homme gourmand et buveur de l'homme est venu mangeant et vin, ami des publicains et des pé- buvant, et vous dites : « Voïci un cheurs. » Et la sagesse à été justifiée homme gourmand et buveur de vin, ami des publicains et des pécheurs. » 35. Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants. »
par ses enfants. »
Le préambule de la parabole, avec le parallélisme de sa double question, est mieux conservé dans Luc !. Il n'y a pas de variante notable dans le développement de la comparaison, conservée d'abord pour elle-même, et qui doit se rattacher chronologiquement à une période avancée du ministère de Jésus, lorsqu'il fut évident que les chefs religieux des Juifs et la masse qui les suivait docilement ne se rallieraient pas plus à l'Évangile qu'ils ne s'étaient ralliés à la prédication de Jean. Le blâme de Jésus s'adresse à la génération contemporaine, qui, dans sa grande majorité, n'a pas écouté Jean, et ne l'écoute pas lui-même ; il n'a pu être prononcé devant la foule sympathique au milieu de laquelle les messagers du Baptiste ont trouvé le Sauveur, ni dans un temps et une occasion où Jésus pouvait constater le succès de son œuvre.
Le Christ explique, au moyen d'une comparaison, pourquoi on n'a pas compris Jean, et on ne comprend pas le message évangélique. C'est que le plus grand nombre, la nation israélite dans son ensemble, est comme une troupe d'enfants qui sont venus sur la place publique afin de jouer, et qui se sont installés dans un endroit propice ; 1ls ne peuvent organiser leur jeu, parce qu'ils ne viennent pas à bout de s'entendre, et ils ne font qu'échanger des reproches amers ; ils auraient voulu un jeu gai, simuler une danse, ou bien
1. Un petit nombre de témoins récents et le grec reçu {ainsi que la Vulgate clémentine) introduisent la comparaison par ces mots : <'7e ÔÈ 6 x3010€, parce
que la réflexion précédente à été attribuée à l’évangéliste. Pour la double
interrogalion de Lc. 31, cf. x, 18.
un jeu triste, simuler un enterrement ; comme il y en a toujours qui ne sont pas de l'avis des autres, et que tous changent aisément de caprice, on n'aboutit qu'a des récriminations. Pour faire l’application de la comparaison, il ne faut pas distinguer deux groupes d'enfants dont l'un représenterait les Juifs, l'autre Jean et Jésus !, Deux partis ne se distinguent dans la troupe d'enfants que pour marquer la versatilité de la génération qui a mal jugé l'existence de Jean, comme elle juge mal à présent la vie moins austère de Jésus. C'est cette génération seule qui est comparée aux enfants qui se disputent. Jean et Jésus restent en dehors, comme les personnes au sujet desquelles s'est manifestée la frivolité des contemporains. Ils ne peuvent être comparés aux tenants respectifs du jeu triste et du jeu gai, qui s'invectiveraient mutuellement ?, puisque la génération dont il s'agit n'a été portée ni pour l’un ni pour l'autre, et les a rejetés tous les deux ?. Étant donné que la comparaison vise uniquement l'attitude contradictoire des Juifs, l'application se ramène à l'analogie de deux enfantillages : celui de vrais enfants que leur naturel capricieux empêche de s'accorder sur un jeu quelconque *; celui des Juifs, qui, aussi légers d'esprit que ces enfants, se contredisent eux-mêmes dans les jugements qu'ils portent sur Jean et sur Jésus. La matière sur laquelle s'exerce le premier enfantillage, jeu triste et Jeu gai, est choisie de façon à correspondre à celle sur laquelle s'exerce le second, le genre de vie du Baptiste et du Sauveur; mais les personnes de ces derniers n’entrent pas dans la comparaison. On ne veut pas dire que Jean aurait prêché le deuil, et Jésus la joie, tous les deux ? inutilement. Après avoir taxé Jean de folie en le disant possédé, parce qu'il menait une vie d'anachorète 6, Les