‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 555 sur 807 · LA PÉCHERESSE. LES FEMMES QUI SUIVAIENT JESUS · texte numérisé non relu

LA PÉCHERESSE. LES FEMMES QUI SUIVAIENT JESUS

Luc, vu, 36-vur, 3.

La mention des publicains et des pécheurs, que l’on reprochait à Jésus de fréquenter, aura déterminé l'insertion de cette histoire après les discours relatifs à Jean-Baptiste, le récit ayant pour but de montrer le Christ dans ses rapports avec les personnes dont la conduite aurait pu faire croire qu'elles étaient les plus éloignées du royaume de Dieu. On a voulu mettre en relief le pardon accordé à une femme de mauvaise vie, et il est tout à fait curieux de constater que Luc, après s'être fait scrupule de nommer plus haut! les prostituées à côté des publicains, supplée à cette omission par un exemple particulier, que ne connaissent pas les autres Synoptiques, où il met en scène une « femme pécheresse ». Il semblerait même que le discours précédent a pu suggérer en partie le récit, et non seulement l’attirer en cet endroit : les Juifs reprochaient à Jésus d'aimer les bons repas, et l'évangéliste aussitôt le montre à table; ils blâmaient sa familiarité avec les gens mal famés, et on le fait voir agréant les soins d’une femme de mauvaise vie, et lui garantissant en échange la rémission des péchés. L'histoire de la pécheresse est, à l'égard des derniers propos concernant Jean-Baptiste,

dans le même rapport que celle du ressuscité de Naïn avec la ‘réponse de Jésus au message du Précurseur: et comme la narration a paru suivre une progression ascendante en passant de la guérison d’un homme près de mourir à la résurrection d'un mort, et de celleei à la déclaration générale sur les morts qui ressuscitent, une progression descendante conduit de la parole de blâme, sur l'« ami des pécheurs », à l'absolution d'une pécheresse, puis de cette absolution à la notice sur les femmes qui suivaient Jésus, et parmi lesquelles s'en trouve une qui a été possédée?. Faut-il attribuer à l'évangéliste la rédaction complète de l'histoire de la pécheresse, comme on doit lui attribuer l’histoire du ressuscité de Naïn, ou

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