‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 556 sur 807 · Cf. WenRnLe · texte numérisé non relu

Cf. WenRnLe

at |

bien un fond traditionnel aurait-il été plus ou moins habilement glosé par lui, comme l’histoire du centurion de Capharnaüm ? La parabole des Deux débiteurs, très originale et d'esprit évangélique, à laquelle se rattache une glose qui ne s'y adapte qu'à moitié, oblige le critique à se prononcer pour la seconde alternative !. Luc a trouvé toute faite la parabole avec le trait essentiel de son application à une pécheresse repentante : mais il a dû compléter cette donnée par ce qui est raconté dans Marc? touchant l'onction faite à Jésus par une femme anonyme, deux jours avant la passion, dans la maison de Simon le lépreux.

Jusqu'à présent on s est demandé si le récit de Luc ne se rattachait pas au même fait que celui de Marc. La question se complique de ce que Jean”, à son tour, signale une onclion qui aurait été faite aussi à Béthanie, mais par Marie sœur de Lazare, et « six Jours avant la Pâque » : Marie essuie les pieds du Sauveur avec ses cheveux, comme la pécheresse de Luc: mais, comme elle ne les a point arrosés de ses larmes, l'évangéliste lui fait essuyer ainsi le parfum qu'elle a répandu. Dans Marc et dans Matthieu, le parfum est versé sur la tête du Sauveur. Jean dépend à la fois de Marc et de Luc; il n'éclairait en rien le problème qui résulte de leur rapport. Pour échapper aux difficultés qui naissent de la comparaison des textes, certains commentateurs anciens ont admis trois onctions faites par trois personnes différentes. D'autres, au contraire, ont pensé tout simplifier en ne voyant, dans les quatre Évangiles, qu'une seule onction, faite par Marie, sœur de Lazare. La plupart des interprètes latins, depuis saint Augustin, admettent deux onctions, qu'ils attribuent à Marie de Béthanie, et, après saint Grégoire le Grand, ils identifient celle-ci à Marie-Madeleine.

Les récits se prêtaient à toutes les confusions, sauf pourtant à la dernière. Luc lui-même, en omettant l'incident de l'onction dans les récits hiérosolymitains, et en transposant certains traits dans l'histoire de la pécheresse, semblerait avoir pensé que celleci était identique à la femme du second Évangile, que son pharisien était Simon le lépreux, et que la scène décrite par lui était celle qu'il trouvait dans Marc. Mais il a pu choisir entre deux récits

Page 1