‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 566 sur 807 · vi · texte numérisé non relu

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personnes quelconques ; et la démarche des parents n'a de s

tion que si le propos qui est censé l'avoir motivée vient d'eux ou 5 s

exprime un sentiment qu'ils partagent. Ils ne disent pas que Jésus

ait perdu la raison, le mot dont se sert l'évangéliste n'ayant pas cette acception précise dans l'usage du Nouveau Testament, et s'employant pour désigner tout transport d’étonnement, d'admiration, de stupeur, d'enthousiasme; mais ils le croient dans un état d'exaltation mystique qui lui fait perdre le sens réel de la vie et de sa propre condition !. Leur projet n'est pas de le soustraire

provisoirement aux inconvénients de sa popularité, mais de l'ar=z —

rêter et de le tenir sous bonne garde chez eux. Si Matthieu et Luc ? ne disent rien de semblable, ce n’est pas sans doute qu'ils n'aient pas trouvé ce passage dans Marc; c'est que, en ayant été plus ou moins choqués, ils auront jugé opportun de l’omettre. Ils l’auront laissé tomber d'autant plus facilement qu'ils négligeaient aussi la dispute avec les pharisiens, se proposant de la raconter plus loin d'après une source plus complète.

Une opinion plus défavorable encore à Jésus que celle de ses parents était celle des scribes venus de Jérusalem. Matthieu nomme, au lieu des scribes, les pharisiens en général; Luc emploie un terme vague: « quelques-uns », mais il peut avoir en vue les pharisiens. Marc a parlé précédemment de la foule attirée par la réputation de Jésus, et où se trouvaient des gens de Jérusalem. Rien d'étonnant à ce qu'il se soit rencontré autour du Sauveur quelques scribes de la capitale, amenés par un sentiment de curiosité personnelle, ou bien venus avec mission d'observer le mouvement qui se dessinait en Galilée, et dont l'autorité religieuse pouvait dès lors se préoccuper. Témoins des guérisons que Jésus opérait sur les démoniaques, plutôt que de croire à une manifestation de la puissance divine dans les œuvres du thaumaturge galiléen, ils déclaraient que Jésus « avait Beelzeboul * », qu'il était possédé par le prince des démons, et qu'il chassait ainsi les esprits subalternes par la puissance de celui qui le dominait lui-même. Une telle idée

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2. Luc a ce trait anticipé en quelque façon dans son récit de Jésus à douze ans. Cf. supr. p. 381.

3. Mc. 22. Ehsyoy Ott Bes£efouX Eyar rat Ov 2v 5@ àcyovzt z@y Darpovimv ÉxBéhet cà dart.ovua.

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n'aurait pas pris tant de consistance dans leur esprit, et ne se serait pas affirmée avec tant d'assurance dans leurs discours, si la doctrine et la conduite du Sauveur avaient été plus conformes à leur enseignement et à leurs pratiques. Mais trop étroits d'esprit et d'âme pour comprendre Jésus, trop étroits de cœur pour lui pardonner de n être pas avec eux, répugnant à admettre qu'il pût être envoyé de Dieu, ils n'avaient, dans le répertoire de leur théologie, pour expliquer son ascendant et ses miracles, qu'une hypothèse, l’intervention diabolique, Satan chassant lui-même les mauvais esprits ses subordonnés. Si misérable qu’elle nous paraisse, la conjecture pouvait les satisfaire eux-mêmes, et surtout elle avait chance de prendre sur la masse ignorante et crédule.

Matthieu et Luc rapportent ce propos à l'occasion d'une guérison particulière, et Matthieu a même deux récits qui aboutissent à une conclusion identique. Celui qu'on trouve d’abord, pour terminer la série des miracles qui suivent le discours sur la montagne, contient la guérison qui, dans Luc, introduit la réponse aux pharisiens; et le second, qui amène cette réponse, présente une si grande analogie avec le premier, que l’on peut vraisemblablement soupçonner le rédacteur d'avoir reproduit deux versions du même fait, ou dédoublé un récit primitivement unique !, la première relation étant destinée à représenter, dans les dix miracles racontés après le discours sur la montagne, les guérisons de possédés, et la seconde étant une reprise du même thème, en guise d'introduction à la dispute avec les pharisiens. Il paraît certain que la source commune de Matthieu et de Luc ne contenait qu'un seul récit, celui que Matthieu a rapporté d'abord, qui est aussi dans Luc, et que suivait la réponse aux pharisiens. Le premier récit venant après l’histoire de deux aveugles, l'évangéliste dit que le sourd-muet fut présenté à Jésus quand les deux aveugles furent partis : artifice de rédaction que l’on aurait tort de transformer en donnée historique. La scène paraît localisée à Capharnaüm. Aucune indication de lieu ne se trouve dans le second récit ; c'est le mot « alors » qui sert de transition, rattachant cette guérison à une quantité d’autres, signalées en général, et quise sont accomplies dans un endroit non déterminé. Le démo-

1. Hozrzmann, 242. Le possédé sourd de Mr. 1x, 32-34, remplace le sourd de Mc. vu, 32-37. Le sourd-aveugle de Mr. xrr, 22, est comme la synthèse des aveugles de 1x, 27-31 et du sourd de 32-34. WEeëLLnAUSsEN, Mt. 43-44.

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deux LATE En décrivant la guérison, Matthieu dit que « ki muet parla et vit » ; il s'exprime ainsi parce que la source ne connaissait que le muet et non l'aveugle !. Les réflexions qu'il attribue aux assistants ?, au lieu de dire simplement avec Luc, qu'ils furent dans l’admiration, ont aussi pour objet de déguiser la répétition. Peut-être la parole des pharisiens avait-elle été omise pour la même raison dans le premier récit # : si Matthieu l’y a maintenue, ou si on l’a ajoutée, c es sans doute en vue de l’allusion qu ke fait le discours de mission ?

Le récit de Luc commence d'une façon tellement abrupte que l'on pourrait se demander si le narrateur a voulu éviter toute transition, ou si l'on n'aurait pas supprimé celle qu'il avait mise ; mais il s’est borné à coordonner ce récit au précédent. De la comparaison de son texte avec celui de Matthieu il résulte que la source parlait d’un démoniaque muet, dont la guérison provoquait l'admiration de la foule. Si les pharisiens ne sont pas nommés, c'est peut-être que la source ne les mentionnait pas : Matthieu aurait subsitué aux détracteurs anonymes les pharisiens, et Marc les scribes de Jérusalem # L'évangéliste rattache la demande de signe 7 à la parole sur Beelzeboul, non par un simple artifice littéraire, afin de subordonner à une

1. 11 semblerait d’abord que la cécité soit l'infirmité principale (w. 22) : sûre Zooo1viyÜn air Dauoyôueyos tugOc xai xm90ç. Mais le rapport est retourné dans la suite : xai ifepdreusey adtov, dote 4wg0y Aaksiy zai Bizet. Ce « sourd qui voit » n'est pas une simple maladresse du rédacteur, mais une preuve de l'embarras où il s'est mis en PUR ANR le récit.

2. Pour 1x, 33, cf. Mc. 1, 12 ; mais le rédacteur a modifié le texte ; Marc en imitant le langage de l'Ancien Testament. xu, 23 reproduit 1x, 27, qui anticipe Mc. x, 47-48 (Mr. xx, 30-31, l'aveugle de Jéricho). Mc. van, 28 (Mr. xvr, 1#), montre que le peuple faisait toutes sortes de suppositions au sujet de Jésus, mais On n'imaginait pas qu'il fût le Messie. La masse ne sr pas jusqu'au doute de Jean (Mr. x1, 3). Noter que #£israyro, Mr. x11, 22, paraît être un écho de £fés:n, Mc. m1, 21.

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