‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 574 sur 807 · ENS · texte numérisé non relu

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Il est probable que la source ancienne des discours du Seigneur

BEELZEBOUL 711

Marc et Matthieu ont considéré la calomnie soulevée contre Jésus à propos de l'expulsion des démons comme un blasphème contre le Saint-Esprit, par la puissance duquel Jésus chassait les mauvais esprits. Mais le rapport des textes donne lieu à un problème, difficile à résoudre, touchant la forme de la sentence qui doit être primitive. Selon Marc, tout blasphème est rémissible moyennant pénitence, excepté le blasphème contre l'Esprit saint; mais ce dernier blasphème est précisément ce que les scribes ont dit de Jésus : « Il a Beelzeboul:; il a un esprit impur. » Matthieu reproduit d'abord ce qu'on lit dans Marc; puis il reprend une autre forme de la même sentence, qui se trouve être celle de Luc dans un autre contexte, où il est dit qu’une parole contre le Fils de l'homme, pourra être pardonnée, mais qu'une parole contre l'Esprit saint ne le sera jamais.

La leçon de Luc et le texte composite de Mathieu permettent d'affirmer que la source commune des deux Évangiles déclarait péché rémissible le blasphème contre le Fils de l’homme, tandis que Marc regarde comme irrémissible ce blasphème, qui, pour lui, est le blasphème contre l’Esprit-Saint.! Marc a-t-1l craint de paraïtre favoriser le blasphème contre Jésus, et ses « fils des hommes » sont-ils un écho du « Fils de l’homme » ?? Ou bien la source de Matthieu et de Luc aurait-elle compris du Fils de l’homme Jésus ce qui était dit des fils des hommes ou du « fils d'homme » en général 3. Beaucoup jugent cette dernière hypothèse invraisemblable, parce qu’on aurait hésité à faire du blasphème contre Jésus un péché rémissible, si la tradition n'avait pas été claire sur ce point. Cependant la distinction introduite entre le Fils de l’homme et l'Esprit paraît avoir un caractère théologique, en ce qu'elle oppose pour ainsi dire l’humanité du Sauveur à sa divinité,

1. V. 28. auñv sy Suiv Gt révra aonbnostar rois vioïs t@v àvPouuwy tx uaotiuara xai ai Blaspmutar (Ss. omet z. &. 6.) ox ay Bhasonudowotv. WELLHAUSEN, Mc. ?8, observe que 652 se réfère à révra, et conjecture que 1à duagtfuata #. æ. $A .aurait été importé de Matthieu ; mais ce peut être une glose de Mare sur le texte primitif de cette sentence, dont la structure est gardée dans Lc. 10. Il ne paraît pas plus nécessaire d'admettre, avec le même auteur (Mt. 63), que Mare aurait écrit +6 vi& 705 &/Bewiros, pour signifier : « à l'homme », et que la tradition aurait mis le pluriel pour éviter une équivoque.

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