Cf
tient à déclarer que l'avantage de sa mère ne constitue point par lui-même un mérite, et que la meilleure louange, à laquelle toute âme de bonne volonté peut prétendre, se justifie par la fidélité à la parole de Dieu. Luc, dont la pensée fait loi pour l'interprétation de ce passage, n'a certainement pas voulu insinuer que ce dernier éloge n’appartint pas à Marie, mais il conçoit la réponse de Jésus comme une vérité générale dont la femme, les disciples et ses propres lecteurs doivent tirer profit et consolation.
Que cet épisode représente sous une forme atténuée ce qu'on trouve dans l’anecdote de la famille !, rien n'est plus vraisemblable : mais que l'atténuation soit voulue et destinée d’abord à substituer un récit à un autre, on ne pourrait le soutenir que si la seconde forme n'avait pu être élaborée par l'évangéliste lui-même. Or il n'est pas prouvé qu'elle vienne de source ou de tradition; Luc a très bien pu la rédiger pour compléter la première, en reproduisant celle-ci, avec les variantes convenables, d’après Marc. Dans l'hypothèse contraire, le doublet ne s'expliquerait pas mieux, vu que Luc évite ordinairement les doublets de ce genre, et la seconde forme n’en appartiendrait pas davantage à la rédaction originale des discours du Seigneur.
Les frères et sœurs de Jésus sont mentionnés ailleurs dans l'Évangile ?. Les frères étaient au nombre de quatre, et s’appelaient Jacques, José, Simon et Jude. On ne connaïît pas les noms des sœurs ni leur nombre; mais il faut qu'elles aient été au moins deux. Les noms des frères, étant très communs, ont donné lieu à des identifications contestables ou même certainement faussées. Aucun des frères qui sont venus chercher le Sauveur pour le conduire de force à Nazareth ne peut être compté parmi les douze apôtres, et il ne semble pas qu'il faille multiplier ces frères, de façon à en former deux groupes, l’un croyant et l’autre incrédule. Toute la famille de Jésus est restée en dehors du mouvement évangélique, et Jésus lui-même le fait entendre.
Une question plus grave que celle de l'identité des personnes, et qui pourtant ne se poserait même pas si l'on n'avait à en juger qu'au point de vue de l’histoire, et d’après les textes évangéliques,