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vont l'avoir. La simple formule de Luc : « voici ce qu'est cette parabole ! », ne suppose pas que les paraboles soient dites pour aveugler les gens du dehors: elles forment une partie importante, et même essentielle, de la prédication évangélique; elles sembleraient destinées aussi bien à l'instruction des disciples, dont le peu d'intelligence obligera le Maïtre à des éclaircissements qu'il avait pu croire superflus.
Il n'y a peut-être aucun morceau des Évangiles dont la structure logique et littéraire laisse plus à désirer que l'explication de la parabole du Semeur. Ce défaut est surtout sensible dans Marc; mais ni Matthieu ni Luc n'ont réussi à le corriger tout à fait. Marc commence par une proposition générale : « le semeur sème la parole ? ». Cette parole ne peut être que l'Évangile. On veut donc dire que « le semeur » de la parabole n'est pas un semeur de blé, mais que le grain qu'il répand est le message du royaume céleste. Le commentaire ne s'adapte pas à l'énoncé de la parabole : « Le semeur sortit pour semer », où le gran n'est pas mentionné. Luc a fait l'harmonie en écrivant plus haut : « Le semeur sortit pour semer sa semence » ; et ici : « la semence est la parole de Dieu 3», c’est-à-dire, au fond, la prédication chrétienne. Matthieu laisse tomber la proposition de Marc, pour n'avoir pas à la corriger; mais il a soin de mettre « la parole de Dieu » en tête de l'explication allégorique du premier cas, la semence tombée le long du chemin; il songe d'ailleurs moins à la semence qu'au champ, qui est pour lui la communauté chrétienne, on peut dire l'Église 4,
Dans Marc et dans Luc, cette semence se trouve ne plus désigner la parole, mais d'abord les hommes quil’ont entendue, et à qui Satan vient aussitôt la prendre; on parle même des hommes qui sont le long du chemin 5. Dans Matthieu, la semence paraît d'abord être la parole « semée dans le cœur »; mais comme on ajoute aussi- {ôt : « c'est celui qui a été semé le long du chemin », il semble plutôt que ce soit l'homme qui entend sans comprendre, et la pen-