Regel der Zusammenslimmung unserer Evangelien
1. D'après Ecxermann, Erklärung aller dunkler Stellen des N. T. (1806), la
catéchèse primitive aurait été représentée d'abord par le Matthieu araméen.
Palestine un évangile araméen plus complet que la catéchèse apostolique, et d'où procéderaient l'Évangile des Hébreux et notre Matthieu grec ; Luc aurait exploité la catéchèse, interrogé les premiers témoins,
utilisé l’'évangile araméen. Cette idée fut développée avec plus de
rigueur et mieux défendue par Gieseler !, qui fit valoir le rôle de la tradition orale en matière d'enseignement, de liturgie, de récits populaires dans l’antiquité. La catéchèse apostolique, plus ou moins consistante dans ses différentes parties selon que celles-ci étaient plus ou moins souvent répétées, se serait définie en grec sous deux formes, celle de Paul que représenterait Luc, et celle des apôtres galiléens quand üls quittèrent la Palestine, qui serait représentée par Matthieu et par Marc.
Il est incontestable que les souvenirs évangéliques ont été gardés d'abord par la tradition orale, qu'ils ont même reçu dans cette tradition une sorte de classement, qu'ils y ont acquis l'essentiel de leur forme concise et presque stéréotypée ; mais, si la tradition orale est ainsi à la base de la littérature évangélique, elle ne rend pas pour cela raison du rapport mutuel où se trouvent les trois Synoptiques, soit quant à leurs ressemblances soit quant à leurs différences ?.
Des combinaisons mitoyennes furent proposées. De Wette * rattachait - Matthieu et Luc à une même tradition orale, mais il admettait une influence littéraire de Matthieu sur Luc, et il voyait dans Marc un abrégé. Sieert * démontrait que les témoignages anciens n’attribuaient à l'apôtre Matthieu qu'un évangile araméen, et que notre premier Évangile ne pouvait pas être une œuvre apostolique, mais un remaniement du Matthieu primitif, Lachmannÿ voyait dans le premier Évangile un mélange des Logia de Matthieu avec la tradition orale concernant la vie de Jésus,
1. Hislorisch-kritischer Versuch über die Entstehung und die frühesten Schicksale der schriftlichen Evangelien (1818).
2. Cf. B. Weiss, 477; Hozrzmann, 351. Les facilités que l'hypothèse de la tradition offre à l'apologétique lui ont acquis la faveur d’un assez grand nombre de théologiens catholiques et protestants. Les critiques la traitent volontiers d'asylum ignorantiae.
3. Einleitung (1825, 1848). Scuortr, Isagoge historico-crilica in libros N. Foederis sacros (1830), admettait de plus, pour le troisième Évangile, l'emploi des diégèses mentionnées Le. 1, 1.
4. Ueber den Ursprung des ersten kanonischen Evangeliums (1832). Scunec- KENBURGER, Beiträge zur Einleitung in das N. T. (1832), Ueber den Ursprung des ersten kanonischen Evangeliums (1834), faisait dépendre le Matthieu grec de l’évangile araméen par l'intermédiaire de l'Évangile des Hébreux, et lui faisait aussi utiliser Marc et Luc.