‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 600 sur 807 · V. 13. êy zaroû retpaouod aotsravtrar · texte numérisé non relu

V. 13. êy zaroû retpaouod aotsravtrar

2. On pourrait se demander si la fin du v. 22, xai äx2070$ y'vera, se rapporte à l'homme ou à la parole ; la dépendance à l'égard de Marc fait plutôt supposer qu'il s’agit de la parole.

3. M. 14. zo de sis tùs axdvÜac res0v, odtot elouy où &z0Vaavrec.

4. vai 970 ueouvé@y zai 7AodTou zai NÜov@y où Bou ropeuduevor suvrvéyovrat ai 09 <ehsco003oty. Il ne faut pas faire dépendre 576 de xogevouevor, mais de suvzviyovza; être étouffé en s’avançant parmi les soucis etc. {B. Weiss, E. 331), donnerait une singulière combinaison de métaphores. Ceux dont il s’agit sont étouffés par les soucis, etc., « en allant », c’est-à-dire avant d'atteindre au but de la vocation chrétienne. Les « plaisirs de la vie » ne sont pas les plaisirs de l'existence, mais plutôt ceux que donne l’aisance, 6i0$ signifiant, dans les Évangiles, « les moyens de subsister »; toë Biou dépend donc seulement de %5ov&v.

D lit dans Mc. 19 : za at éoruvar roÿ Biou xat ar ATA +0Ù Z03U.00 siosropevduevat 2Th.

la parole et l'acceptent. Marc et Matthieu, en répétant la fin de la parabole, ne disent rien sur la nature du He Matthieu ne dit pas | « accepter », mais « comprendre ! » la parole, ce qui sert à iden-

tifier les hommes de cette catégorie avec ceux à qui il a été donné

de connaître les mystères du royaume. Ici encore Luc pense au

grain et dit : «ce qui esten bonne terre, ce sont ceux qui retiennent

l1 parole »; comme il se préoccupe de leurs dispositions morales, il

ajoute « dans un cœur droit et bon ? », et 1l explique de même

comment ceux-là portent du fruit, en disant : « dans la patience »,

ou mieux « en persévérance * », puisque ce qui les caractérise par. rapport aux précédents est qu'ils retiennent la parole jusqu à la fin,

qu'ils gardent la foi en en produisant les fruits. Cette constance

dans la foi, qui en assure la fécondité et la récompense, est l'inter-

prétation que Luc donne aux chiffres de Marc f.

Tel est le commentaire que les trois Synoptiques rattachent à la parabole du Semeur. Tous les trois ont vu dans celle-ci une allégorie. La parabole signifierait, non par application et par manière de comparaison, mais directement, que la parole de Dieu manque son effet chez une partie de ceux qui l'entendent, par l’artifice du démon, ou par défaut de courage devant la persécution, ou par la préoccupation des intérêts et des plaisirs terrestres, et qu'elle l'obtient chez d’autres, qui la gardent, et en qui elle devient féconde. L'idée fondamentale n’est pas que le résultat dépend des dispositions de chacun, car cette idée ne ressort nullement du premier cas; mais on fait dépendre le succès, au moins dans Marc et dans

1. Mc. 20. oftivss @dovsty tov Àdyoy xai rapadiyovzat. Mr. 23. oùTOg 2STtV 0 TOY À670y A209WY ZA GUVLELS.

2, V. 15. 70 Où èv ti 22h y, odvol elouv ofruves dv xa20ix xaÂÿ rai ya axOoaVEES y À Syoy xatiyovsuw. Plusieurs construisent: « ceux qui retiennent dans un cœur droit et bon la parole qu'ils ont entendue »; mais ce n’est pas sans faire quelque violence au texte, qui se traduit naturellement : « ceux qui, ayant, d'un cœur droit et bon, entendu la parole, (la) conservent ».

3. ai 2240702000do1y ëy ÿrouovÿ. CF. xx1, 19. Ces persévérants s'opposent à ceux qui « s'en vont », v. 13.

4. Dans Mc. 20, les interprètes latins ont lu £v : « unum triginta » etc. Les mss. grecs, depuis qu'on y a marqué les esprits ont à». Cette préposition a ici le même emploi que ei; au v. 8. Mais la substitution d'une préposition à l’autre serait à noter, puisque l'explication de la parabole est probablement d'une autre main que le récit. Voir cependant supr. p. 736, n. 2

Luc, de la bonne volonté de ceux qui acceptent et retiennent la parole, tandis que sur les trois cas d'insuccès, deux sont attribués à la faiblesse et à l'esprit mondain de ceux qui ne persévèrent pas. Il ne s’agit donc pas de montrer que le bon vouloir est la condition du salut, mais pourquoi l'Évangile ne compte pas plus d'adhérents, pourquoi surtout il ne retient pas tous ceux qui ont paru l'accueillir : si beaucoup ont semblé prendre intérêt à la parole, et ne sont jamais revenus, c'est qu'ils ont laissé aussitôt détourner leur attention sur d’autres objets, c'est que Satan leur a enlevé la parole avant qu'elle ait pu seulement germer dans leur esprit; si d’autres, qui ont adhéré à l'Évangile, y renoncent bientôt, c'est qu'ils n'ont pas le courage nécessaire pour affronter les difficultés extérieures qu'entraine la profession de la foi chrétienne; si d’autres enfin, qui ont d'abord montré plus de constance, finissent néanmoins par se retirer, cest que le monde a repris des gens qui avaient gardé les passions du monde. Cette interprétation homilétique a visiblement pour but, dans Marc et dans Matthieu, de rendre compte du déchet qui se produit sur les gains apparents de l'évangélisation, non de faire valoir la qualité de ceux qui restent; Luc seul pensé à mettre en relief leur persévérance.

Cette explication convient moins dans la bouche de Jésus que dans celle d'un prédicateur chrétien des premiers temps: elle suppose que l'adhésion à l'Évangile est la profession d'une foi qui est combattue au dehors, et qui exige, avant la récompense, une longue pratique du désintéressement et de la mortification: la communauté chrétienne est donc constituée: elle est persécutée au moins par les Juifs ; de nombreuses défections onteu le temps de se produire, soit à raison des persécutions, soit pour des difficultés purement morales, par l'impuissance où plusieurs se sont trouvés de rester fidèles à l'idéal qui les avait d'abord séduits. Si la personne du semeur s'elface, c'est parce que l'on songe à la situation de la communauté, non au ministère personnel de Jésus.

Le commentaire, d’ailleurs, ne sort pas naturellement de la parabole. Il veut se développer en allégorie, non en simple comparaison, et il ne vient pas à bout d'être ce qu'il veut; mais de quelque façon qu'on le prenne, le rapport d'analogie sur lequel on le fonde est en partie conventionnel. La peine qu'on a eue à établir ce rapport s'accuse dans la gaucherie des formules employées pour le signifier; on n'a pas su dire si le grain semé représentait la parole

loppement de la pensée, et non seulement celui du discours, r équivoque d'un bout à l’autre. Un prédicateur vulgaire peut être L ainsi embarrassé dans la glose d'un texte donné; mais Jésus n’au- É. s. rait-il pas été plus à lise dans l'application de sa fable? La distinction des catégories d’auditeurs ne devait pas se faire en partant de la semence, qui est partout la même, mais d'après les sortes de terrain. On dit que les auditeurs ne sont pas la semence, mais qu'ils ne sont pas non plus tout à fait le terrain; qu'ils sont quelque chose de mixte, le terrain avec la semence, et que, pour ce motif, la formule employée pour les désigner flotte entre la semence et le terrain !. N'est-ce pas constater le vague d'une relation qui devrait être dessinée avec plus de netteté, si elle n'était pas surajoutée ? La correspondance n'est pas plus satisfaisante dans les détails, quoique l’on puisse soupçonner les évangélistes d'avoir accommodé quelque peu le récit à l'interprétation. Satan peut-il être figuré par les oiseaux qui enlèvent le grain, ou leur être seulement comparé? La semence est perdue parce que les oiseaux la mangent : ce trait n'est pas allégorique, et les oiseaux ne sont pas Satan; mais, à ne considérer que le texte de la parabole, on ne supposerait pas que l’auteur établit dans son esprit un parallèle entre les oiseaux et le diable, entre le grain mangé et la parole effacée. Se douterait-on aussi qu'il y a une analogie étroite entre du blé à peine levé que le soleil brûle, et des gens que la persécution décourage ? L'influence des passions n'aurait-elle pu être retrouvée aussi facilement dans celle du soleil, et les difficultés extérieures dans les épines ?? Prise en elle-mêmé, la parabole ne peut se résumer que dans cet enseignement : de même que, quand on sème du blé, une partie de la semence est perdue et n'arrive pas à maturité, soit paree que les oiseaux l'ont mangée d’abord, soit parce qu'elle a été brûlée en en herbe, soit parce qu'elle a été étouffée en tige, et qu'une partie seulement profite en des proportions diverses, ainsi la parole évangélique est perdue pour beaucoup, parce que les uns ne la gardent pas après l'avoir entendue, et que l'impression qu'elle fait sur d'autres est passagère, disparaissant chez ceux-ci un peu plus tôt, chez ceux-là un peu plus tard, selon leurs dispositions, et elle ne

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