‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 604 sur 807 · Cf, Jürrcner,-Il · texte numérisé non relu

Cf, Jürrcner,-Il

dé

que la sentence de la mesure est détournée ici de son acception primitive, qui est plutôt celle du discours sur la montagne : Dieu use envers l’homme de la mesure dont celui-ci use envers son prochain !. L'autre sentence revient dans la parabole des Talents *, où Marc sans doute l'aura prise, puisque la comparaison de la mesure est interprétée de façon à présenter le même sens que la parabole.

Marc, 1v, 26. Et il dit: « Il en est du royaume de Dieu comme lorsqu'un homme a jeté la semence sur la terre; 27. il se couche et se lève, la nuit et le jour, et la semence germe et pousse il ne saitcomment ; 28. d'elle-même la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis du froment plein dans l'épi; 29. et quand le fruit le permet, il (y) apporte aussitôt la faucille, parce que la moisson est arrivée. »

Cette parabole est la seule qui appartienne en propre à Marc, ou, du moins, qui n'ait pas de parallèle certain dans les deux autres Synoptiques. On supposerait volontiers qu'elle a été réunie d’abord avec le Semeur et le Sénevé, de façon à former une sorte de trilogie, et que cette disposition a été rompue dans le second Évangile par la combinaison rédactionnelle qui a introduit l'explication du Semeur et les sentences qui viennent ensuite. Toujours est-il que cette parabole est censée avoir été prononcée dans les mêmes circonstances que celle du Semeur, et dans la même occasion; si ce n'est qu'un effet de perspective, il est voulu par l’'évangéliste.

Le récit commence par une formule de comparaison qui manque devant la parabole du Semeur, où on l'a peut être omise avec intention, dans l'intérêt de la mise en scène et de l'explication allégorique. En dépit de la construction grammaticale, ce n'est pas avec l'homme ni avec l'action d'ensemencer que le royaume est comparé, mais avec l'histoire du grain qui est semé d'abord et qui pousse tout seul jusqu'à la moisson. Le laboureur a jeté la semence sur la terre; cela fait, il s'en va et ne s'occupe plus du grain qu'il a semé; il suit son train de vie, se couchant le soir et se levant le matin, sans autre souci. La semence, en effet, n'a pas besoin de lui pour germer et pousser : cela se fait « sans qu'il sache comment * », on ne dit pas « sans qu'il le sache », car …l

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