Mr.x
4, Lo.'x11, 2-3.
5. Selon B. Wuss, Æ. 191, Jésus, dans Marc et dans Luc, recommanderait aux disciples de ne pas garder pour eux les vérités qui leur sont communiquées en particulier. Cf. Horrzmanx, 130, Il n'y a pas lieu d'alléguer Mec. 1v, 11-12,
Quant à la pensée de Marc on ne peut faire que des conjectures assez fragiles, la sentence étant à interpréter indépendamment de ce qui précède, et n'étant probablement pas censée s'adresser aux disciples, bien que Luc l'ait ainsi compris. La parole : « Si quelqu'un à des oreilles pour entendre, qu'il entende !! » ne convient nullement à un entretien particulier. Elle suppose que le mot de la lampe est adressé au même auditoire que la parabole du Semeur. et qu'elle court le mème risque de n'être pas saisie par lui. Est-il bien téméraire de penser qu'il s’agit encore dela parole en elle-mème, et non dans son fruit? La parole est une lumière qui n'est pas faite pour être mise sous le boisseau; si sa condition présente paraît modeste, il n'en sera pas longtemps ainsi, vu que sa destinée est de briller, et que ce qui est secret doit venir au jour. Cette idée pourrait avoir été celle du rédacteur, et déja même celle de sa source. Mais Jésus avait peut-être moins en vue la parole que le royaume, ou bien la manifestation de la parole devait être l’avènement du royaume, tout comme la parole, l'Évangile, était le royaume encore caché, la lampe qui n'était pas encore sur le support.
Marc, 1v,24. Et illeur dit : « Fai- Luc, vi, 18. « Voyez donc com- Les attention à ce que vousentendez. ment vous écoutez. Car à celui qui a Avec la mesure dont vous mesurez, l’on donnera; et à celui qui n'a pas il vous sera mesuré, et il vous sera on enlèvera même ce qu'il croit suraJouté. 25. Car à celui qui a l'on avoir. » donnera ; et à celui qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. »
Si l’on admet que cette sentence se rattache à l'explication du Semeur, elle signifie, comme plus haut dans Matthieu, que celui qui est vraiment attentif à la paroleen recueillera un profit croissant, tandis que l’auditeurimparfait perdra encore le peu de bien spirituel qu'il
‘avait ou croyait avoir. Ainsi l'a compris Luc, et l'on voit parle récit
suivant que les vrais auditeurs sont pour lui « ceux quiécoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique ? ». Comme il a fait
Lc. xur, 16, contre cette hypothèse (argument de Jüricer, II, 16), du moins en ce qui regarde Marc, vu que l'idée du secret réservé aux disciples (non imposé) appartient à une autre couche rédactionnelle que celle des sentences. 42 GE v- 9; supr. p.131:
2 Lc.vax, 21;:supr p.123.
qu’on prend à celui-ci « ce qu'il croyait avoir ». Le paradoxe atténué que dans la forme et incomplètement, car une possession / apparente ne crée pas la possibilité de l'enlèvement. Mais l'évan- L & géliste a peut-être voulu signifier surtout que les auditeurs impar- faits ne possèdent pas réellement la parole, et faire entrevoir, derrière ces auditeurs en qui l'Évangile ne produit aucun fruit, les Juifs qui semblent posséder l'Écriture, et qui en ont perdu l'intelligence. Luc a laissé tomber la comparaison dela mesure, qu'il a rapportée auparavant, comme Matthieu !.
Dans Marc, cette sentence vient la première, et doit être la principale, le proverbe sur les gens qui possèdent et sur ceux qui n'ont rien lui servant d'explication. On suppose d'ordinaire qu'il s'agit de l'enseignement, à cause de la formule d'introduction : « Faites attention à ce que vous entendez ?. » Mais cette formule pourrait bien être équivalente à : « Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende * », et ne pas viser l'attitude générale des auditeurs à l'égard de la parole. Elle a plutôt pour objet de mettre en relief la sentence qui suit, cette sentence n'ayant pas de lien étroit avec le contexte, et devant être interprétée par elle-même. On n’est pas obligé d'y voir énoncées ni la responsabilité des disciples à l'égard des vérités du royaume qui leur sont confiées, ni la proportion qui existe entre le profit qu'on retire de la parole et l'attention qu'on y apporte“. La pensée du rédacteur, beaucoup plus large, doit viser la correspondance qui existe entre la rétribution et le mérite : dans la mesure où l’on produit les fruits de la parole ?, ‘on est récompensé par Dieu, et avec surabondance; ainsi se trouve appliqué le double dicton : « on donne à qui possède », puisque la gloire du royaume vient à qui a la justice, et : « l’on prend à quin'a rien », parce que les moyens de salut qui étaient à la disposition de l'homme indifférent ou négligent lui seront enlevés. Il est probable
1. Mr, vu, 2; Le. vi, 38. Mais Matthieu, en anticipant (x, 12) la sentence de Mc. vu, 25, parait s'inspirer du v. 24 dans l'addition #41 repioseulnosen.
2, V. 24. Béreze ti 4x0%e7e, dont Luce (v. 18) a fait, pour la liaison avec ce qui précède : Bhizeze odv rûs axoÿete.