‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 606 sur 807 · Jücicuer, I, 545. WELLHAUSEN, Me · texte numérisé non relu

Jücicuer, I, 545. WELLHAUSEN, Me

et la moisson, qui se correspondent, et dont on ne peut supprimer l'un sans déranger l'équilibre de la narration. Comme le laboureur, Jésus sème le royaume en préchant l'Évangile; il ne lui appartient pas d'amener la moisson, c'est-à-dire l'avènement complet du royaume, et l’on ne doit pas s'impatienter que cet avènement ne se produise pas tout de suite; c’est l'affaire de Dieu, comme le développement actuel et mystérieux du royaume est son œuvre et son secret; il n’en est pas moins certain que la moisson viendra sans tarder; car on ne sème que pour moissonner; au moment voulu par la Providence, le semeur sera moissonneur !. Ni les miracles ne sont exclus, ni les conditions morales de l'avènement en ce qui concerne les individus ne sont visées. La perspective de la parousie est prochaine, sans que l’on ait égard à la mort du Christ comme condition intermédiaire. Entre le temps des semailles, la prédication de l'Évangile, et le temps de la moisson, l'avènement glorieux du Messie, on place uniquement le travail de germination, le progrès de la parole et de la foi parmi les hommes, qui dépend de Dieu seul. On peut dire que le royaume est déjà sur la terre dans le grain qui pousse; mus il n'y est qu'en préparation. La réalité pleine du royaume est le grand avènement.

La parabole est donc parfaitement une et complète en ellemême ; elle renferme un enseignement qui convient au rôle historique de Jésus. Il serait arbitraire d'y. voir un extrait pratiqué par Mare sur la parabole de l'Ivraie dans Matthieu.

Marru. x, 24. Il leur proposa une autre parabole, disant : « Le royaume des cieux est comparable à un homme qui avait semé du bon grain dans son champ; 25.et pendant que les gens dormaient, son ennemi vint et sema de l'ivraie au milieu du froment, et il s’en alla. 26. Et quand l'herbe eut poussé et qu'elle porta fruit, alors l’ivraie parut aussi. 27. Et les serviteurs du maïtre vinrent lui dire : « Seigneur, n'as-lu pas semé du bon grain dans ton champ? d’où vient donc qu'il a de l’ivraie? » 28. Etil leur dit : « Un homme ennemi a fait cela. » Et les serviteurs lui dirent : « Veux-tu que nous allions la ramasser ? » 29. Et il dit : « Non, de peur que, ramassant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. 30. Laissez croître ensemble les deux jusqu'à la moisson; et au temps de la moisson Je dirai aux moissonneurs : -Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler ; et recueillez le blé dans mon grenier. »

1. La perspective n'est pas celle de Jx. 1v, 35-38. On ne voit pas bien comment la parabole de Marc pourrait être sortie de Jx. x, 24 (Rescu, I, 153-156).

À: Jésus se soit éloigné. L'explication du Semeur apparaît comt 1e conversation particulière entre le Sauveur et les disciples, Da géliste se réservant d’écarter Jésus de la foule, et de le ramene FA « à la maison » pour l'explication de la parabole qu’on vient delire. « Il faut interpréter le préambule comme dans la parabole de Mare: # en réalité, ce n'est pas au propriétaire du champ que le royaume est … comparé, mais plutôt au champ ensemencé. L'on veut signifier … qu'il arrive pour le royaume ce qu'on va voir dans l'histoire de ce / propriétaire et de son champ. Lei les semailles sont faites quand le récit commence. Un propriétaire aisé, puisqu'il a de nombreux serviteurs, avait semé dans son champ du grain, c'est-à-diredu blé, et de bon blé, sans mélange de mauvaises graines. « Pendant qu'on dormait ? », c'est-à-dire pendant la nuit, « son ennemi vint semer - 4 de l’ivraie par dessus et parmi le froment ». La nuit est le moment propice pour une telle action. L'on n'entend pas sans doute blâmer les gens d’avoir dormi, la nuit étant faite pour cela 3. L'auteur du méfait est l'ennemi du propriétaire, son ennemi personnel, et l'on dirait même qu'il n’en a pas d’autre #. Sa besogne accomplie, l'ennemi est parti; il a eu soin de disparaître avant le jour, de façon qu'on ne püt le voir. Ainsi la présence de l'ivraie ne se constate que plus tard, quand la récolte a grandi dans le champ. On ne trouve pas ici l'opinion populaire, attestée chez les Grecs et dans le Talmud, d'après laquelle l'ivraie serait une altération du blé; mais il est peut-être superflu de chercher quelle espèce botanique Jésus ou l’évangéliste ont pu avoir en vue ÿ.

Quand le blé a commencé à monter ©, l’ivraie a pris le dessus, et les serviteurs, qui ne l'avaient pas vue tant que le blé était en

Es

A. V. 24. any rapaBokny rapiünxsv adtoïs Xiywy. Il résulte du v. 34 que aÿxois se rapporte au peuple ; d'après le v. 10, on pourrait croire qu'il s'agit des disciples; la solennité de l'introduction convient à un discours public.

Page 1