Mn. var
demande a la place de la notice de Mare sur les. tions que Jésus avait coutume de donner aux disciples en pe culier. Mais, pour le fond, l'interprétation de l'Ivraie correspon d à bien mieux que celle du Semeur au texte de la parabole; ear, si. l'évangéliste n'avait pas donné ce commentaire, on pourrait le restituer tout entier, parce que la parabole ne comporte pas « d'autre sens, et qu'elle est une véritable allégorie. Il ny a pas à lieu d'opposer à cette conclusion la formule initiale : « Le royaume des cieux ressemble à un homme », ni la formule de comparaison qui est employée dans l'explication même : « comme l’ivraie est ramassée et brulée, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. » Le schéma traditionnel des paraboles s'est imposé à l’évangéliste, et celui-ci est encore dominé, sans en avoir conscience, par le sentiment de ce que les paraboles ont été dans la réalité !. Tous les traits du récit n'en ont pas moins une signification allegorique, et l'histoire nest vraisemblable que si on l’entend ainsi.
Le semeur est le Christ lui-même, « le Fils de l'homme ». L'emploi de ce titre messianique à une époque peu avancée du ministère galiléen aurait de quoi surprendre ?, si le discours avait été réellement tenu par Jésus. Le champ est le monde, non les puissances ennemies de Dieu, mais le monde humain, les hommes, sans distinction de Juifs et de Gentils. Ce trait dépasse done de beaucoup la perspective évangélique : Jésus n’a semé la parole qu'en Palestine. La bonne semence, n'est pas précisément la parole, mais, comme pour l'explication du Semeur, que Matthieu continue d'imi-
les hommes qui ont entendu la parole, iei les vrais fidèles, les « fils du royaume », ceux qui appartiennent au royaume du Fils | de l’homme et qui y ont droit *. L'ivraie désigne les enfants du diable ‘, semés par lui dans le champ du Christ : ces « fils du malin » ne sont donc pas les Juifs ou les païens incrédules, mais les mauvais chrétiens, que Satan a suscités à son image pour gêner l’œuvre du salut, seandaliser les faibles, troubler la paix des com-
Jücicuer, 1, 555. “ 2. DarLmAN, 1, 213.
3. Ceux qui sont de même nature que le royaume. Autre conception que celle de Mr. virr, 12: supr. p. 653.