Jüricuer, Il
+. Mc. 11, 21-22; supr. pp. 501-503
5. Ainsi s'explique à:à z0ÿ70 : puisque les apôtres comprennent les paraboles, ils sont les docteurs de la Loi nouvelle.
pas eu l'idée de séparer le récit parabolique de son application morale : pour lui, le sens mystérieux et chrétien de la parabole est contenu dans le récit même, et la parabole n'est pas un mélange de vieux et de neuf; il n’est pas vrai, d'ailleurs, que la matière des paraboles puisse être considérée comme une vieille chose. Il ne s'agit pas non plus d'affirmer la compatibilité du neuf et du vieux. Cette compatibilité n'est pas en cause, elle est supposée sans autre examen. De même que le chef de maison emploie vieux et neuf, ainsi fait le docteur chrétien : il prêche l'Évangile de Jésus en exploitant en sa faveur les prophéties de l'Ancien Testament, et corroborant par ce moyen les vérités nouvelles qui s'identifient plus ou moins avec les mystères contenus dans les paraboles. Les vérités nouvelles sont le principal, et c’est pourquoi Matthieu les nomme en premier lieu. Bien qu'il n'ait pas eu l'intention de se présenter lui-même comme type du docteur chrétien opposé au docteur juif !, c'est son propre idéal qu'il a décrit dans cette petite parabole, très facile à comprendre si on la lui attribue, impossible à expliquer si on l’attribue à Jésus.
Comme le lien qui la rattache au discours précédent est visiblement artificiel : comme elle est conçue en vue de ce discours, qui est lui-même artificiellement conçu, puisque que les sept paraboles, et même les trois dernières n'ont pas été dites dans la même occasion, ni avec l'explication de l'Ivraie, qui nest point une parole authentique de Jésus : comme tous les éléments &e la comparaison prêtent à objection contre son authenticité, on n'a aucune raison d'admettre que l’évangéliste aurait accommodé à son but une parole fournie par la tradition ?. Tout porte à croire qu'il l’a composée lui-même : croyant faire une parabole, il a fait une allégorie où s'exprime la conclusion qu'il a voulu dégager de tout le discours. Les prédicateurs chrétiens sont ainsi autorisés à interpréter les paraboles comme Jésus est censé l'avoir fait pour le Semeur et l'Ivraie, et à compléter cet enseignement par les prophéties anciennes, suivant aussi en ce point l'exemple du Sauveur #.
‘1e WELLHAUSEN, ME. 73 2. Opinion de Jüricmer, Il, 133.