‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 629 sur 807 · Et il leur dit · texte numérisé non relu

Et il leur dit

« Pourquoi êtes-vous craintifs? N'avez-vous pas de foi ? »

41. Et ils furent saisis d'une grande frayeur, et ils se disaient entre

encore

eux : « Qui doncest-il, pour que même le vent et la mer sent? »

lui obéis-

survint en la mer, en sorte que la barque élait couverte par les vagues; el il dormait.

25, Et s'étant approchés, ils l'éveillèrent, disant : « Seigneur, au secours! nous périssons ! » 26. Et il leur dit : « Pourquoi êtesvous craintifs, gens de peu de foi! » Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer; et il se fit un grand calme.

DRE s'étonnèrent, « Quel est-il, pour que vents et la

les hommes

disant

même les mer lui obéissent ! »

il Ss'endormit; et il descendit un tourbillon de vent sur le lac, et ils étaient envahis et couraient danger. 24.

EL s'étant approchés, ils l'éveillèrent, disant :

« Maître, maître, nous périssons ! » Et s'étant levé, il menaça le vent et la houle de l’eau; et ils s'apaisèrent, et Île calme se fit. 25. Etil leur dit : « Où est votre foi? » Et effrayés, ils s'élonnaient, se disant entre eux : « Qui donc est-il, pour qu'il commande aux vents el à lui

l'eau, et quils

obéissent! »

Pour amener l'histoire de la tempête apaisée, Marc remonte au début du précédent récit, à l'endroit où il montre Jésus pressé par la foule au bord de la mer, obligé de s'installer dans une barque d’où il instruit le peuple, et lui disant entre autres paraboles l’histoire du Semeur !. Le soir est venu, et le Sauveur, au lieu de descendre à terre afin de congédier son auditoire et de chercher un gîle pour la nuit, se propose de disperser la foule en s'éloignant luimême ; sans doute il ne juge pas à propos de la retenir, n’étant pas entièrement satisfait ne ses dispositions; du moins pense-t-il qu'il

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vaut mieux l'abandonner pour quelque temps, et | nouvelle à d’autres. Sa décision paraît subite, puisque les d n'enont pas été avertis: pour se conformer à sa volonté, « lais la foule » devenir ce qu'elle pourrait, « ils emmènent » Jésus « comme il était dans la barque ! », c'est-à-dire, sans autres prépa= ratifs ou forme de congé. S'il avait été à terre, il n'aurait pas pu se retirer aussi facilement. Quelques barques essaient de le suivre, et … l’on pourrait supposer qu'elles n'allèrent pas loin, puisqu'il n'en est plus question dans le récit de la tempête; mais il est possible aussi, vu la brièveté de la narration, que l'évangéliste ait signalé leur départ pour faire entendre que le miracle de la tempête. apai- 3 sée avait eu d'autres témoins que les disciples. Cette transition DÉraie, d'ailleurs, comme il arrive souvent, être l'œuvre du rédacteur?. On dirait que, dans le récit primitif, Jésus était à terre, et EUR par les disciples, qui étaient dans la barque. # Tout autres sont les préliminaires du récit dans le premier Évangile. En descendant de la montagne où il a prononcé son grand discours, Jésus a guéri un lépreux, puis le fils du centurion de Capharnaüm et la belle-mère de Pierre; le soir venu, il a opéré … encore beaucoup d’autres miracles, et, comme la foule qui s'est assemblée lui devient importune, il se résout à franchir le lac de. Tibériade. L'évangéliste ne prend même pas la peine de dire que Jésus se rendit auprès de la mer. et, d'après Mare, il le montre donnant l'ordre de passer à l'autre bord, comme s'il était déjà dans la barque. Mais, un peu plus loin, on s'apercevra que le Sauveur ny était pas encore : avant d'v monter, il a fait d'importantes déclar FR tions à deux personnes*, dont l'une manifestait l'intention de s'attacher à lui. et dont il appelait l'autre à sa suite. Combinaison 4 artificielle, greffée sur combinaison artificielle. Les parole que Matthieu rapporte se trouvent dans Luc‘ où elles ‘sont

1. V. 36. ai àzivzis 50 0 hoy rapahanGävousiy a070v 6: nv v 5© 7hole. 2. CF. Weccuausex, Me. 38, où l'on remarque avec raison que 63 %v, v. 36, est une suture maladroite destinée à cacher que le point de départ de la pré= de anecdote n'était pas originairement celui qui est décrit dans Me: ww, . Peut-être ce récit de tempête se rattachait-il d’abord à celui de la seconde 4 me des pains (es Mc. vu, 9-10), comme son doublet, Jésus mar- “4 chant sur les eaux (Mc. vi, #5-5l}, se rattache, à la première. 3. vin, 19-22.

reliées aussi à un départ, mais au départ pour la Judée. Dans le recueil des discours, elles étaient conservées pour elles-mêmes.

Matthieu et Luc les ont rattachées à un voyage. parce qu'on y lisait d'abord : « Je te suivrai partout où tu iras ». On peut croire que la combinaison du troisième Évangile est aussi arbitraire que celle du premier, mais elle est moins mal réussie, puisqu'elle ne désorganise aucun récit de Marc pour v introduire le morceau de l'autre source. L'accumulation des faits dans Matthieu serait un défi à la vraisemblance, si l'on devait y voir autre chose qu'un procédé rédactüonnel. Mare et Luci associent à cette même circonstance de la première prédication à Capharnaüm le départ secret de Jésus pour une tournée évangélique dans les villes de Galilée. La transposition est visiblement du côté de Matthieu, qui, sans aucun souci de l'enchainement historique des faits, veut présenter une série de miracles après une série d'enseignements.

Luc, avant placé après le discours des paraboles l'anecdote concernant la famille de Jésus, a dùü modifier les indications qu'il trouvait dans Mare, ainsi qu'il avait modifié déjà l'encadrement historique du discours. Le récit ne tient plus à rien. Jésus, « un certain jour, monta dans une barque ainsi que ses disciples ? ». Ce « certain jour » n'en fait pas moins écho à : « en ce jour-là », dans Marc *: mais la circonstance du « soir » n'était pas indifférente à retenir. La gaucherie mème de la reprise montre que Luc s'est éloigné consciemment de l'ordre suivi dans le second Évangile, et quil v revient de même. Il faut que Jésus et les disciples montent dans la barque. puisqu'ils n'y étaient pas pour le discours des paraboles. Et s'ils ont l'air d'y monter maintenant sans savoir pourquoi, Jésus ne révélant son intention que lorsqu'ils y sont installés, c'est que l'évangéliste reprend le fil de Marc, où le Sauveur et les disciples étaient dans la barque depuis longtemps quand l'ordre. de partir fut donné. Ces transpositions mal réussies ne prouvent évidemment pas que le rédacteur du troisième Évangile n'ait pas connu le second dans la forme où il nous est parvenu : mais on pourrait conjecturer qu'il a connu la source de Marc. où

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