‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 63 sur 807 · GO · texte numérisé non relu

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tianisme primitif la composition des Évangiles. Leur propos était louable, car ce qui avait manqué jusque-là était l'attention au caractère et à l'objet de ces livres, que l’on se figurait devoir être des biographies complètes de Jésus; mais leur conception du mouvement chrétien étant trop

étroite et systématique, leurs conclusions touchant l'origine des Évan-

giles furent trop hâtives et se trouvèrent défectueuses. Tout le système de l'école de Tubingue se fondait sur l’antithèse primitive du judéochristianisme et du paulinisme, et sur leur conciliation ultérieure. Aucun des Évangiles n'élant strictement pétrinien ou paulinien, Baur trouvait dans Matthieu, édition revue de l'Évangile des Hébreux, qui circulait sous le nom de Matthieu ou de Pierre, un judéochristianisme tempéré de paulinisme, et dans Luc, aussi dépendant de Matthieu, un paulinisme tempéré de judéochristianisme, Marc, le dernier venu, étant absolument neutre, et la composition des écrits évangéliques élant renvoyée entre 130 et 170. Plusieurs ! se risquèrent à soutenir que l’évangile paulimien de Marcion était antérieur à Luc et lui avait servi de source. Puis 1 y

eut, dans l’école même de Baur, une réaction. Volkmar ? et Hilgenfeld »

défendirent la priorité de Luc sur Marcion ; le second de ces critiques a défendu également la priorité de Marc à l'égard de Luc ‘. Le premier?

zu einander, ihren Character und Ursprung (1847); Das Markus-Evangelium nach seinem Ursprung und Character (1851); Das Christenthum und die christ= liche Kirche der drei ersten Jahrhunderte (1853, 1863).

1. Baur, ScuweGLer, supr. cit.; Rrrscuz, Das Evangelium Marcion's (4846, Ritschl abandonna bientôt sa thèse et le système de Baur, en reconnaissant la priorité de Marc sur les deux autres Synoptiques. Theol. Jahrb., 1851).

2. Theol. Jahrb., 1851; Das Evangelium Marcion's (1850). Ce dernier ouvrage fit abandonner à Baur lui-même la priorité de Marcion.

3. Kritische Untersuchungen über die Evangelien Justin's, die clem. Hom. und Marc. (1856).

4. Das Marcusevangelium (1850); Die Evangelien nach ihrer Entstehung und geschichtliche Bedeutung, 1854; Einleitung (1875). Depuis 1863, Hilgenfeld rattache Matthieu à une traduction grecque de l'Évangile des Hébreux, non à l'original araméen. Il plaçait aussi d'abord avant Mare un Évangile de Pierre qu'il a depuis abandonné. Kôsruin, Der Ursprung und die Komp. der syn. Evangelien (4853), introduit dans le schéma de Baur les ZLogia, le proto-Mare, un Évangile de Pierre dérivé de celui-ci, une généalogie judéochrétienne et des traditions galiléennes. Kemm, Geschichle Jesu von Nazara (186%, 1867), s'en tient aux conclusions de Baur, en abrégeant la période assignée à la composition des Évangiles.

5. Die Religion Jesu (1857); Marcus und die Synopsis (1870); Jesus Nazarenus (1882). Prceinerer, Das Urchristenthum (1887), adopte des conclusions analogues à celles de Volckmar; il fait composer le troisième Evangile au commencement du second siècle, d'après Marc et d’autres sources; le premier

voyait dans Marc l'évangile du paulinisme ancien, auquel répondit le Matthieu primitif et judéochrétien; à celui-ci répliqua le paulinisme plus avancé de Luc, dont un judéochrétien d'esprit large sut tirer notre premier Évangile canonique. Volkmar datait de l'an 73 le plus ancien évangile; Hilgenfeld faisait remonter le Matthieu primitif et judéochrétien jusque vers l’an 50, et il ramenait Luc aux environs de l'an 100. Il subsistait beaucoup d'incertitude touchant la suite [chronologique et les tendances des évangélistes. Mais le tort principal de l’école de Baur était dans la recherche systématique de certaines tendances où n'avait pas été toute la vie du christianisme primitif, n1 toute la raison d'être de la littérature évangélique.

H. Ewald ! opposa aux tubingiens un système compliqué : une première rédaction de l’histoire de Jésus aurait été due à l'évangéliste Philippe; puis serait venu le recueil de discours ; de la combinaison des deux serait sorti l'écrit fondamental du second Évangile; Matthieu aurait connu encore une autre source d'histoire évangélique, et Luc trois autres en plus, où l’histoire prenait une certaine couleur poétique. Meyer ? retint les grandes lignes de ce système en en laissant tomber les singularités, et 1l attribua à Marc la connaissance et l’utilisation du recueil de discours. A. Réville * prit la même position que Credner, c'est-à-dire l'hypothèse des deux sources, avec la distinction du proto-Marc et du deutéro-Marc. L'hypothèse de Griesbach avait toujours des partisans {. D’autres * préféraient et préfèrent encore maintenir Marc à la place qui

Évangile serait une œuvre harmonistique rédigée d’après Marc, Luc et une source judéochrétienne, peut-être l'Évangile des Hébreux, dans l'intérêt de l'Église catlrolique au temps d'Adrien.

1. Jahrbücher fur biblische Wissenschaft (depuis 1848); Die drei ersten Evangelien (1850, 1871).

2. À partir de 1853, dans les éditions de son Xritish-exeg. Commentar über das N.T.

3. Études critiques sur l'Évangile de saint Matthieu (1862). L'auteur maintient ses conclusions dans Jésus de Nazareth (1897) : un proto-Marc, plus étendu que le second Évangile, aurait été la source commune des trois Synoptiques, entre 98 et 117; Matthieu et Luc dépendraient en outre des Logia. Weiss, expose l'hypothèse des deux sources, Logia et Marc, dans son Evangelien frage (1856); de même, Güper, dans Herzoc, Real-Encycl., IX (1858); PLrrr, De compositione evang. syn. (1860); FrerrAG, Die heiligen Schriflen des N. T. (1861).

4. Brerx, Einleitung (1862); mais cet auteur place avant Matthieu et Luc, pour en expliquer le rapport, un protévangile grec où se trouvaient les récits et discours communs aux deux évangiles, et sans doute aussi une partie de ce qu'ils ont en propre. Delitzsch, Kahnis suivent simplement Griesbach.

5. Les exégètes catholiques Aberle, Bisping, Schanz; les protestants Hengstenberg, Keil, Klostermann.

ce

correspond à son rang dans le canon ecclésiastique. L'hypothèse de la tradition orale gardait et garde les préférences des théologiens qui ont un intérêt dogmatique ou apologétique à nier tout emploi de sources !. Les adhésions et les perfectionnements que cette hypothèse a pu recevoir, notamment en Angleterre ?, ne l'ont pas rendue plus acceptable.

Les idées de Renan se présentent comme une combinaison assez habile, sinon tout à fait réussie, où la critique historique des tubingiens tempérant l'exégèse mythique de Strauss, se trouve elle-même corrigée par la critique littéraire de Credner et l'hypothèse des deux sources. Les Évangiles sont des « biographies légendaires », comparables aux vies de Napoléon qu'auraient pu écrire, vers 1845 ou 1850, d'après leurs souvenirs et sans s'être concertés, Lrois ou quatre vieux soldats de l'empire i. Celui qui voudrait ne rien écrire que de certain au sujet du Christ devrait s'en tenir aux lignes générales : « Il a existé. Il était de Nazareth en Galilée. Il prêcha avec charme et laissa dans la mémoire de ses disciples des aphorismes qui s'y gravèrent profondément. Les deux principaux de ses disciples furent Céphas et Jean, fils de Zébédée. Il excita la haïne des Juifs orthodoxes, qui parvinrent à le faire mettre à mort par Pontius Pilatus alors procurateur de Judée. Il fut crucifié hors de la porte de la ville. On crut peu après qu'il était ressuscité *. » L'auteur du troisième Évanaile et des Actes est celui que la tradition désigne, Luc, disciple et compagnon de Paul®. « Ni pour Matthieu, ni pour Marc, nous n'avons les rédactions originales » auxquelles se réfèrent les notices de Papias; « nos deux premiers Évangiles sont des arrangements où l’on a cherché à remplir les lacunes d’un texte par un autre 7. » Le troisième Évangile ne

1.Kalchreuter, Ebrard, Godet, Wickelhaus, Schaff, Westcott, Nôsgen, Schegg (catholique). D'après Werzez, Die synoptischen Evangelien (1883), les Synoptiques seraient trois rédactions plus ou moins complètes de l'enseignement donné par l'apôtre Matthieu, Vert, Die syn. Parallelen und ein alter Versuch ihrer Enträtselung mit neuer Begrundung (1897), s’est efforcé de rajeuuir l'hypothèse de Gieseler en s’autorisant des formes et coutumes de l'enseignement rabbinique.

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