‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 653 sur 807 · V. 46. ty yap Eyvov Dovauy ÉEeknAvtuiay ar’uoù · texte numérisé non relu

V. 46. ty yap Eyvov Dovauy ÉEeknAvtuiay ar’uoù

+. Comme B. Weiss, E. 59.

Es |

LA FILLE DE JAIR LR 819

Mais il ne sait pas qui vient d'être guéri, et, pour le savoir, il se retourne, en demandant : « Qui a touché mes vêtements ? » Et les disciples de répondre, avec un étonnement dont Marc a retenu l’expression hardie : « Tu vois la foule qui te presse, et tu demandes qui te touche ! » Luc adoucit le propos, il montre tout le monde s'excusant, et Pierre ! donnant au nom de tous une explication bien inutile : « Maïtre, c'est que la foule te serre ». Jésus n'en continue pas moins sa recherche, regardant autour de lui, non pour découvrir sur quelque visage les traces de la guérison accomplie, mais pensant que la personne qui a profité du muracle se déclarera elle-même ou se trahira par son attitude. Luc a supprimé cette espèce d'examen muet que Jésus fait subir à son entourage, et il le remplace par une réponse à la remarque de Pierre. Si Jésus demande qui l’a touché, c'est qu'il ne s’agit pas d’un attouchement inconscient, comme on le suppose, mais il a senti qu'un miracle vient de se produire par l'effet d'un attouchement volontaire. La réplique sert à montrer que Jésus ne l’ignore pas. Marc seul représente la scène au naturel.

Sous le regard investigateur de Jésus, la femme comprend qu’elle ne peut rester inconnue : elle craint que le Maïtre, tout à l'heure, ne la montre du doigt. Elle se rapproche toute tremblante, car elle a commis une sorte de larcin, et, prosternée aux pieds de Jésus, elle dit « toute la vérité ? », c'est-à-dire ce que l’on vient de raconter de sa maladie et surtout de sa guérison, comme il est expliqué dans Luc. Bien loin de la blâmer, Jésus la rassure en lui disant : « Ma fille, c'est ta foi qui t'a sauvée * », ce qui suppose le miracle réalisé sans la participation volontaire du Sauveur, ainsi qu'il résulte du récit même. Et la femme est congédiée par la formule ordinaire : « Va en paix », où l'on peut voir un souhait et une promesse, aussi bien que dans les paroles qu'y ajoute Marc: « et sois guérie de ton infirmité », qui sont comme une ratification du fait accompli.

On n’explique pas ce fait en disant ‘ que Mare s'était formé une idée très matérielle des miracles de guérison, y voyant comme des effluves bienfaisants qui sortaient du corps de Jésus. L'évangéliste

1. V.45. B et Ss. omettent zai ot sv x3:@. Il semble que Luc avait voulu préciser l'indication de Marc en nommant Pierre, et que, pour l’accord avec Marc, on aura ajouté les autres disciples. Cas différents de 1x, 32.

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