‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 676 sur 807 · Cf. supr. pp · texte numérisé non relu

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l'auditoire aurait été autre : on aurait été frappé de | plus que du charme de sa parole. IT faut supposer que les Na après avoir admiré le discours. se refroidissent en pensant l'orateur n'est, après tout, que le fils de Joseph !.

Sans que la transition soit indiquée autrement que par les mots : « Et il leur dit », Jésus continue son discours pour répondre à une 4 objection que rien n’explique, mais que le récit de Mare a fait naître dans l'esprit de l'évangéliste. Dans le texte qu'il a lu, et dans. le commentaire qu'il en a donné, Jésus est censé avoir parlé des … miracles qu'il a déjà faits, et comme il n'en a pas fait à Nazareth, : supposition qui est en rapport avec ce qu’ on lit dans Mare, mais Bee ‘& dont Luc n'a rien dit, il doit rendre raison de cette différence. La liaison des idées entre la première partie du discours et celle-ci est

naturelle si l’on entre dans l'esprit de l'evangéliste, qui après avoir fait de la prédication à Nazareth le type de la proposition de l'Évangile aux Juifs, va faire du défaut de miracle chez les Naza- « réens, le type de la réprobation d'Israël. Toute l'incohérence du réeit vient de la maladresse de l'écrivain, qui n'arrive pas à construire " une description homogène, parce qu’il se borne à expliquer les traits. É principaux du récit de Marc, à la façon d'un glossateur qui oublie. rait de citer le texte qu'il commente.

Le manque d'unité ne résulte pas de ce que Luc aurait pratiqué une coupure dans un discours suivi que lui fournissait une source particulière, et de ce qu'il aurait introduit entre les deux morceaux ce que dit Marc sur les dispositions de l'assistance ?. Il est incon-

. cevable que, dans la prétendue source du discours, on aït lu: « Sans doute vous me citerez le proverbe » etc, ou « Aucun prophète n'est en crédit dans son pays », ou : « Il v avait beaucoup de veuves en Israël », ete., immédiatement après la pro- … phétie et son application. Une indication sur l'effet produit par le discours était nécessaire pour amener les considérations sur l'absence de miracle et la réprobation des Juifs. La donnée de Mare est glosée à cette fin par l'évangéliste. Au lieu de dire que Jésus n'avait pu faire où n'avait pas fait de miracle, ce que sans doute il lui. répugnait de déclarer, il suppose et fait supposer à Jésus lui-même

1 CES RME KM 2, B. Weiss, €. Fr 3. J. Weiss, 367, attribue à la source les vv. 21, 23, 25, 27.

que les gens de Nazareth veulent prendre les devants et provoquer insolemment le Sauveur à faire des prodiges dans son pays comme ailleurs. Les gens de Nazareth sont les Juifs qui demandent des signes !, et qui ne méritent pas d'en avoir, la volonté de la Providence étant, d'ailleurs, que le « prophète », lisons « Le Christ », soit accepté hors de son pays et que le judaïsme soit réprouvé.

Les gens de Nazareth pourraient objecter au Sauveur le proverbe : « Médecin, guéris-toi *. » Si l'on faisait abstraction du contexte, on pourrait croire que Jésus est invité à relever par des miracles son propre prestige aux yeux de ses concitoyens, qui ne le prennent pas pour quelqu'un d’extraordinaire *. Mais la suite montre que l’évangéliste fait une autre application : Jésus devrait faire des miracles chez lui, dans son pays, avant d'en faire dehors; sinon il est comme le médecin qui ne sait pas se guérir lui-même *. Pour la commodité de son développement, et en raison de son symbolisme, Luc suppose qu'il n'y a eu aucun miracle à Nazareth: mais c’est, selon lui, parce que Jésus n'a pas voulu en faire, et parce que l’ordre providentiel était qu'il n'en fit point. On a beau dire que Nazareth lui touche de plus près que Capharnaüm, et les Juifs ont beau dénigrer un Messie qui n’est pas venu en roi d'Israël : cela devait être, et la conversion des Gentils, l’incrédulité et la réprobation des Juifs étaient figurées dans l’histoire d'Élie chez la veuve de Sarepta, dans la guérison de Naaman le Syrien par les instructions d'Élisée, Elles sont conformes à l’axiome : « Nul prophète n'est en crédit dans son pays ? ».

La reprise : « Et 1l dit », sert à séparer les propos attribués aux Nazaréens de ce que Jésus veut y répondre f; mais elle n'était

MACOR 22:

2, V. 23. révcws (Cf. 1 Cor. 1x, 22) Egeïté por ty zapaBoXïv zaÿzny "latoé, Oepamevooy seavtov. Cf. xximr, 35, 37. Luc lui-même a pu faire ce rapprochement entre les propos de Nazaréens et ceux des Juifs au pied de la croix.

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