vous ne le laisserez plus
atteindre le maitre, qui n’était pas plus scrupuleux. Matthieu parle vaguement de pharisiens et de scribes venus de Jérusalem. L'indication de Mare est plus précise : il s’agit de pharisiens galiléens, parmi lesquels se trouvaient quelques scribes venus de Jérusalem !, pour s'informer au sujet du nouveau prophète, le surveiller, et le combattre à l’occasion. Ë Marc donne sur l’objet de la dispute certaines explications qui ne sont pas dans Matthieu, soit que le rédacteur du premier Évangile ait jugé superflu de les reproduire, soit qu'elles aient été ajoutées dans le second, où elles ont l’apparence de gloses. Retenant la formule juive : « manger avec des mains communes », qui doit être primitive, Marc observe, avant de reproduire la question des pharisiens, que cela signifie des « mains non lavées ? », et impures par le fait. Cette ablution des mains n'était pas regardée comme un soin de propreté, mais elle avait une signification religieuse. Les Juifs étaient exposés, dans l'usage de la vie, à toucher, souvent sans le savoir, des personnes et des objets affectés d'impureté selon la Loi: l'impureté communiquée à leurs mains pouvait passer à leurs aliments; c’est pourquoi ils se lavaient les mains avant le repas, afin de les purifier autant que besoin était. Tous les Israélites, observe l’évangéliste, et non seulement les pharisiens, tiennent à cette coutume, qui est une tradition de leurs ancêtres. Elle faisait partie du commentaire pratique donné par les docteurs, depuis le temps d’Esdras, aux prescriptions concernant les impuretés légales. Les pharisiens attachaient beaucoup d'importance à cette tradition, et se lavaient les mains avec le plus grand soin * : ils allaient même Jusqu'à prendre un bain‘ en revenant du marché, par crainte
4. Cf. Mc. 1x, 22, supr. p. 698, et noter l'analogie de la mise en scène. Il ne s’agit pas de scribes galiléens qui seraient revenus de Jérusalem. Ss. omet tués dans Mc. vu, À, et siwé< dans v. 2.
2. V. 2. zorvaïs y:09!v, zobt” Est avirrots. x01v6ç devient synonyme de à:%02970<.
Fr
Cf. JüLrcner, Il, 63.
3. M. 3. av un royuñ (ABDL; N, Vg. ruzva; Ss. om.) vibwvrat tas yeïgas oùx Esbiousty. ruxv& est invraisemblable, l'évangéliste n'ayant pas voulu dire que les Juifs se soient lavé plusieurs fois les mains avant le même repas, mais qu'ils se les lavaient, avant chaque repas, très soigneusement, ce que signifie rvyux : à poing fermé, en se frottant vigoureusement.
4. NV. 4. rai ar” ayosäs av un Bartiswvrar (AD etc.; NB, Eavrricwvzz:) oùx ésfious:v. Il serait peu naturel de sous-entendre les choses à manger comme sujet
de 82:==! = e PAT TISUYTar.
On ne parle ici que RE ee de is > ou de cuivre "PE que a
glossateur semble citer une série de cas Re à RE mains, pour insinuer que les chrétiens sont exempts des s juifs en matière de nourriture, de repas et de relations civiles.
. pharisiens et les scribes demandent CONTE à Jésus d'une
ne F peine de ie ses Heat, il de dre 1 A pharisiens, dont la religion hypocrite substitue le respect méticuleux de traditions humaines à l'observation sincère de la loi divine, et il | leur applique un passage d'Isaïe* qui caractérise leur fausse religion. Dans Marc, la citation précède le me formel adressé r aux pharisiens: dans Matthieu, elle ne vient qu’en second lieu. On peut trouver que la réponse de Jésus acquiert ainsi, dans le second Évangile, une tournure plus vive ; mais elle a, dans le pre mier, un développement plus régulier et plus satisfaisant: La véhémente apostrophe du Sauveur a besoin d'une explication qui vient. = après coup dans Marc, et non sans embarras, tandis que, dans Matthieu, le Sauveur commence par rétorquer habilement, et sans violence, le blâme dirigé contre ses disciples, fournit la preuve du grief beaucoup plus important qu'il soulève contre les pharisiens, et flétrit enfin leur hypocrisie désormais évidente, en les reconnaissant dans le texte d'[saïe. La vraie réponse est celle que Matthieu présente en premier lieu ; la citation prophétique a pu venir après coup, d'abord mal ajustée dans Marc, puis transposée habilement … par Matthieu à la fin du discours.
Il va de soi que l'invective d'Isaïe visait les contemporains du prophète, accusés par lui de ne rendre à Dieu que des honneurs
1. NBL ne mentionnent que les trois sortes de vases (Ss. n'en a que deux); AD etc. ajoutent zxi xkv&v. Mais le lavage des lits, c'est-à-dire des divans sur lesquels on s'étendait pour le repas, ne pouvait pas être aussi fréquent que celui des écuelles. Plusieurs témoins reproduisent une partie du v.#, en guise d’ex= plication, soit avant (D. mss. lat.), soit après (A, Ve.) le v. 8.