‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 795 sur 807 · La reine du Midi se lèvera · texte numérisé non relu

La reine du Midi se lèvera

dans le jugement

avec les hommes de cette génération, et les condamnera, parce qu'elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse

de Salomon; et il y a ici plus que Salomon. 32. Les hommes de Ninive se lèveront dans le jugement avec cette génération, et la condamneront, parce qu'ils se sont convertis à la prédication de Jonas; et il y a ici plus que Jonas. »

du ciel...) 29. Et la foule s'amas-

« Cette ‘

Dans Mare, le refus du signe est absolu, et il n'est point parlé du signe de Jonas, tandis que Matthieu, tout en suivant Mare, le rappelle, comme pour se mettre d'accord avec la version qu'il a précédemment rapportée. En répondant aux pharisiens, Jésus soupire profondément en son esprit?, c'est-à-dire qu'il pousse un soupir qui vient du fond de son âme, ou plutôt peut-être que l'Esprit qui est en lui l’éclaire sur les intentions des pharisiens?, provoque aussi en son cœur un sentiment de tristesse, et lui suggère la prophétie douloureuse qui est sous-entendue dans le refus de signe. Il déplore l’endurcissement de ces hommes qui réclament un grand miracle, avec l'espérance de ne pas l'obtenir, et dans la disposition de n'y pas croire, pour le cas où le prodige viendrait à se réaliser. Les signes du ciel, oules signes se produisant du ciel en terre, sont réservés pour l'avènement glorieux du Messie“: ils ne sont pas nécessaires maintenant aux âmes de bonne volonté pour reconnaitre que le royaume des cieux arrive. Jésus se dérobe aux perfides instances de gens malveïllants et incapables de le comprendre ; il remonte dans la barque pour passer à l'autre bord du lac, c'est-à-dire à quelque point de la rive orientale, si toutefois Dalmanoutha est sur la rive occidentale, et si c'est à Dalmanoutha qu'il a rencontré les pharisiens.

Dans Matthieu, le Sauveur, que l'on pourrait croire parti seul de la montagne où a eu lieu la seconde multiplication des pains, comme :1l est resté seul après la première, et arrivé pareillement seul à Magadan, aurait rencontré en ce lieu un groupe formé de pharisiens et de sadducéens. La présence de pharisiens en terre à moitié paienne serait déja surprenante, et l'on supposerait gratuitement qu'ils ont fait violence à leurs serupules pour inquiéter Jésus dans sa retraite. Mieux vaut admettre que la localisation de l'incident n'est certaine dans aucun Évangile. Dans l’autre version, la demande est censée avoir été faite à Capharnaum, où l'on n'est pas étonné de trouver des pharisiens. L'intervention

4. V.12. La formule £i dobrsszat =ÿ yeve& zavurf snustov est hébraïsante (cf. Hisx:. ur, 1); elle implique une sorte de serment qui pouvait être inconscient dans l'usage; aunv Aéyw but ferait double emploi avec un serment. Cf. supr. p. 565, n. 3.

Mc. 12. àvaszevétas z@ rvsduazt adro5. Ss. « il fut irrilé en esprit ». CF. xur, 24-26.

Lo

A. Loisx. — Les Évangiles synopliques. 63

ne croyaient pas à la résurrection des morts, le signe de

donnés, mais de signes donnés, et qu'on ne voit pas. L?

de l'omission, vu que ces causes auraient eu lieu de sexe

ticité. Si l'on admet l'interpolation, il faudra la renvoyer

‘tiques peut être considérée comme arrêtée définitivement. 1

“un sue Du pet, surtout à voit nulle part ailleurs mêlé aux péripéties du n ‘Par une association d'idées assez naturelle, sion se de vue, l’évangéliste les a introduits dans ce récit } mise en scène!, montrer ensemble tous les ennemis occupés à le poursuivre, et surtout faire opposer aux saddu:

lui-même trouvait prophétisée la résurrection de Jésus. le même motif que les sadducéens seront cités encore dans] graphe suivant, et que l'on montrera dans le « levain de céens » leur doctrine. $ a 17 Avant de reproduire le refus formel que Jésus oppose à la des pharisiens et des sadducéens, Matthieu lui prête une générale sur les signes naturels que l'aspect du ciel fo servation, et sur les signes contenus dans les événements rains, qu? ses interlocuteurs ne savent pas comprendre. réflexion a été rapportée par Luc ? dans un autre contexte; elle tient une leçon indépendante, et n’est certainement pas ici àsa pl: Iln'y est pas question de signes qu’on demande, et qui nese

plusieurs anciens témoins ?, et ni l'influence de Mare, ni Fu rence du discours ne sont des explications tout à fait satisfaisantes.

aussi juste titre en mainte autre occasion. Il est vrai que les w : du texte relativement à Luc sont un argument en faveur de l’authen- ; are

époque fort ancienne, voisine de celle où la rédaction des.

* l'hypothèse de l'authenticité, Matthieu aurait fait l'addition pour « compléter l’enseignement de Jésus sur les signes, et atténuer Ja répétition de la nur relative au signe de Jonas.

1.Cf. xnr, 38 : « les scribes et les pharisiens ». 2. x11, D4-56. ,, 3. NB, Ss. Sc. $S. JÉRÔME : « hoc in plerisque codicibus non habetur. » Ss.. 2 lisait : 2, « Et lui, répondant, dit », sans : « à eux », qui n’a de raison d'être | % que pour la sentence inlercalée. Le a

Nonobstant les formules de transition, qui, dans Matthieu et dans Luc, rattachent la déclaration concernant le signe de Jonas à celle qui a été faite au sujet des guérisons de possédés, cette déclaration est originairement indépendante de ce qui précède ; avec la demande qui y donne lieu, elle ne diffère pas de ce qu'on lit dans Marc au sujet des signes refusés par Jésus. Luc, qui évite les doubles emplois, s'attache à la source la plus complète, où l'affaire des signes suivait de près celle de Beelzeboul, et ne s'est inspiré du second Évangile que dans la façon d'amener la question !.

La correspondance n'est pas très exacte entre le discours de Jésus et le préambule que fournissent les rédacteurs, puisque les solliciteurs de miracles sont quelques scribes, d'après Matthieu, quelques personnes de la foule, d’après Luc, et que Jésus condamne en masse la génération contemporaine. Luc, qui a posé la question plus haut, semble avoir eu souci d'expliquer le caractère général de la réponse en mentionnant l'empressement de la foule, qui accourt pour voir le signe demandé d'abord par quelques-uns. Le discours de Jésus se présente comme une réponse, et, dans Marc, c'est un simple refus : il a donc été prononcé dans une occasion où la demande, faite par des pharisiens malveillants, traduisait le sentiment général, qui exigeait maintenant autre chose que des guérisons pour croire à l'Évangile annoncé. Mare doit avoir raison de mettre cet épisode dans les derniers temps du ministère galiléen. Les scribes que Matthieu joint ici aux pharisiens doivent être ceux qui ont dit dans Marc? : « Il a Beelzeboul. »

Ce que l’on demande à Jésus est un signe spécial de sa mission. On ne reconnaït pas aux güérisons ce caractère de signe : ce que l'on voudrait serait un prodige extraordinaire, Luc dit, d'après Marc, un signe du ciel *, qui manifeste aux yeux de tous la qualité d'envoyé divin que s'attribue le Sauveur. L'histoire des prophètes mentionnait plusieurs exemples de tels signes : [saïe *, par exemple, - dans la fameuse prophétie d'Emmanuel, avait fixé d'avance le terme où la Judée serait délivrée de ses ennemis, les rois d'Israël et de Damas; et le livre saint racontait qu'il avait fait reculer l'ombre

Supr. v. 16; cf. p. 700.

. ui, 22; supr. p. 701.

V. 16. snusioy &E o3gavod. Cf. Mc. virr, 11. cnueïov àr0 +00 oùcavos. Mr. xvr, 1. vu, 11-17 (cf. supr. p. 337); xxxvin, 7-8, 22 (IT Roïs, xx, 8-11).

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