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9% - LES RTE SYNOPTIQUES
sur le cadran d’ A das, pour donner à Ézéchias male ine | de sa die guérison. Les pharisiens vondraient ce
lui-même, au moins d'après nos textes, d'un és RE QU ne les ménage pas dans sa réponse. Il les traite, eux et le peuple qui les suit, de « génération mauvaise », Matthieu ajoute « adultère 1», c'est-à-dire, conformément au style de l'Ancien Testament ? 7
au Seigneur, comme ils le sont en effet par leur obstiss ti à reje- i ter l'Évangile. Ils ne méritent pas le signe qu'ils réclament, qu'ils ne désirent pas réellement voir, et qui ne les convertirait pas. Le. s£ 5 refus de Jésus n'est pas fondé que sur leur indignité ; quoi qu'il en. 74 soit des signes d'’Isaïe, le Christ, d'après le récit de la tentation?, De ne veut pas forcer la main à son Père céleste, et il regarde ceux. qui l'y invitent comme jouant le rôle de Satan ‘. Les pharisiens S Ge
peuvent le « tenter » par leur demande ; lui ne veut pas « tenter» Dieu en y cédant. Un signe pourtant leur serait donné, celui de Jonas. Là est l'intérêt, et aussi la difficulté de la réponse.
Dans Luc, la comparaison du signe de Jonas avec celui qu apporte Jésus SE be d'une explication assez facile. C'est Jonas lui-même; c'est-à-dire l'apparition du prophète à Ninive et sa prédication, qui ont été un signe pour les Ninivites. Jonas Ô disait : « Encore quarante Jours et Ninive sera détruite. » Le Sauveur donne à ses. contemporains le même signe que Jonas, parce qu'il vient simple ment, en messager de Dieu, annoncer la ruine de Jérusalem et de la nation juive. Mais il y a cette différence entre les Ninivites et les”
Juifs, que les Ninivites, s'étant convertis à la prédication de Jonas, Éont échappé à la menace divine 7, tandis que les Juifs, rebelles à 1 la prédication de Jésus, seront atteints par le châtiment. $ s 4. V. 39. noryaïs (cf. Mc. vur, 38). Luc a pu omettre cette épithète comme :2 trop forte ou peu intelligible pour le lecteur. Il est vrai qu'elle manque dans Mc. vu, 11; mais ne vient-elle pas, dans Mc. vurr. 38 (cf. Mr. x, 33; Le. 1x, 26), $ par une sorte de transposition plus ou moins consciente ? 28 "2. Cf. Os. 11, 4-22; Éz. xvi, 15-60: xxrn, 43-49; Is. vnr, 3-8: Ex. XXxIV, 49% ie
PS RIT 21e * 3. Mr. 1v, 7; Le. 1v,42; supr. pp. 419-420.
k. Cf. Mc. vurr, 32-33.
5. Ce n'est pas la seule apparition du personnage (Hozrzmanx, 69) qui fait le signe; l'apparition n'a sens que par la prédication qui en marque le but: 6. 111, # 7. Jon. 1. 5-10.
bat 5), à le
Ce quiest dit des Ninivites au jugement dernier ne prouve pas que le signe ait été, dans la source commune, celui qui est indiqué par Luc. I est vrai que Matthieu, parlant plus loin du signe de Jonas, ne répète pas l'explication particulière qu’il donne en cet endroit ; mais c’est qu'il la suppose toujours présente à l'esprit du lecteur. On a vu que Marc ne parle pas de Jonas, soit parce que la formule : « pas d'autre signe que celui de Jonas », lui a paru équivalente à : « pas de signe du tout », et qu'il aura mieux aimé le dire sans figure que de commenter la parole énigmatique du Sauveur au moyen d'une glose analogue à celle de Luc; soit qu'il n’en ait pas encore trouvé mention dans le recueil de discours. Ou bien le premier rédacteur de cette source et Marc n’en ont pas connu l'interprétation de Matthieu, ou bien ils n’en ont pas été satisfaits. L'explication de Luc paraît être une atténuation ! voulue de celle de Matthieu, qui aura été interpolée dans la source avant que le premier et le troisième Évangile fussent écrits ; ce que dit Luc n’est pas appréciable comme signe ; ce rédacteur n'aura pas eu seulement le souci d'éviter le miracle de la baleine, mais il aura pensé aussi que l'application symbolique de ce signe à la résurrection était mal venue, Jésus n'étant resté dans la tombe qu'un jour et deux nuits à peine ; c'est à une dénégation simple que s'adaptent les exemples des Ninivites et de la reine de Saba, qui ont cru sans aucun signe. Le nom de Jonas aura évoqué le poisson : de là le signe de Jonas avec l’application que Matthieu a retenue. Cette application peut correspondre au même courant ou à la même étape de la tradition que les passages de Marc où on lit que le Christ doit ressusciter « trois jours après » sa mort.
Selon Matthieu, de même que Jonas a été trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, Jésus sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ?. Comme les Juifs ne croiront pas à la résurrection, qui arrivera lorsque le Sauveur aura séjourné dans
1. Cette explication a un certain vague, inaccoutumé dans le langage de Jésus; et la forme du discours : 22165 yag iyévero "Toys... O9TW£ ÉSTAt at 0 vioç toÿ avÜouirov.…, parallèle à Mr. 40, donne à penser que Luc a connu la glose de celui-ci et l'a corrigée. Cf. WELLHAUSEN, Mt. 64.
2. V. 40. wszcc yao (Ss. « el comme ») 7v ’Iüvas èv Th 4OW\ix TOD TOUS ToEt Nuecpac mai rocie voztas (cf. Jon. 11, 1), oùtws Esta © vios toù àyOpuirov y Ti xao0ta
5 \ Ts yhs Tele juÉpas ZA TOEÏs VUATAS.
même qu ‘ mA trois jours et trois nuits parmi les morts ; et. l'on ne peut pas dire que la locution : « trois jours et trois Rs era soit employée par manière de proverbe, et pour un très court espace de temps ?; car l'allusion au fait de Jonas est précise, et le compte de Jonas est rigoureux. Il n'est pas vrai non plus que le séjour de Jonas dans le ventre du poisson ait'été donné comme signe aux Ninivites, et l’on ne voit même pas qu'ils en aient eu connaissance ; ce miracle n'a été un signe que pour le prophète. Et il n’est pas plus vrai que la résurrection du Christ ait été un signe pour les Juifs, puisque ce n'est pas à eux qu’il s'est manifesté. Jésus ne se compare pas sortant du tombeau à Jonas sortant du poisson ; il oppose Jonas, écouté dans Ninive, au plus grand que Jonas#, c'està-dire à lui-même, non écouté actuellement par les Juifs. Au jour du jugement les Ninivites seront sauvés parce qu'ils ont cru à Jonas; les Juifs seront damnés parce qu'ils ne croient pas à Jésus. L’analogie indiquée entre le séjour de Jonas dans le ventre du poisson, etle temps écoulé entre la mort et la passion du Christ, est donc étrangère à l'enseignement que Jésus veut donner ici. Une interprétation figurée du fait de Jonas, acceptée de bonne heure para tradition #, et recueillie par un évangéliste curieux de prophéties, aura été introduite dans le discours du Sauveur, comme les mots: « sauf en cas d'adultère », ont été intercalés par le rédacteur dans la déclaration relative au divorce, et comme bien d’autres passages explicatifs ont été ajoutés au texte primitif des discours évangéliques:
1. Cf. WezLnausen, M4. 64. y =ÿ 2apdla sie yüe (cf. Épn. 1v, 9) ne désigne pas le tombeau, mais les enfers, bien que la formule soit amenée en parallélisme avec ëy zo1ktz toù xnrovs. Noter dans Jox. 11, 3, # (LXX) les expressions 7 x0tix< dbou, ei Paôn apdtas Oxkdsons. Mr. 40, est parallèle à I Prer. 111, 19; le rapport avec Le. xxur, #3 (Scuanz, ME. 333), est plus sujet à caution. :
2. B. Weiss, E. 80, renvoyant à Os. vi, 2, cas tout différent. ;
3. Mr. #1 (Le. 32). xai (où zActov uv Gùs. V. 42(Lc. 31). ai (0où r2eïon Doo= uGvos Ode,
4, Il est tout à fait singulier que s. Jusrin, Dial. 107, parlant du signe de Jonas conformément à Mr. 39, ne le reproduise pas, et se borne à dire que la résurreclion au troisième jour demeura cachée pour les auditeurs.