Supr. v, 32 (xx, 9); p
De telles additions, qui se juxtaposent souvent à la pensée originelle, plutôt qu'elles ne la supplantent ou l'altèrent, s'expliquent aisément par les habitudes littéraires de l'époque, et il y aurait naïveté à vouloir que les écrivains en eussent averti le lecteur.
Dans le troisième Evangile, les exemples des Ninivites et de la :
reine de Saba sont intervertis, peut-être pour suivre l'ordre chro-
nologique !. Il est possible cependant que Luc n'ait pas reproduit
le premier ?, qui vient maintenant en surcharge dans le texte tradi-
tionel, parce qu'il était suffisamment indiqué dans le commentaire
donné au signe de Jonas. Toujours est-il que les deux exemples
servaient à mettre en relief l'incrédulité des Juifs, et aussi la gran- ; 5 1
deur de la mission que s'attribuait Jésus. Les Ninivites païens ont écouté un prophète étranger à leur nation ; la reine de Saba, païenne aussi, à quitté son lointain royaume * pour entendre Salomon. Les Juifs sont bien loin de cet empressement et de cette bonne volonté ;
pourtant celui qui s'adresse à eux est plus grand que Jonas le
prophète, et que Salomon le sage. Cette revendication implicite
de la dignité messianique semble convenir aux derniers temps du
ministère galiléen. Ni les Ninivites, ni la reine de Saba ne seront proprement les accusateurs des Juifs ; mais, se présentant avec
eux ‘au jugement dernier, ils apporteront en quelque sorte leur fidé-
lité en témoignage contre l'infidéhité des « enfants du royaume * ». La légende de Jonas est alléguée comme histoire, conformément à
l'opinion du temps, et l'on se représente aussi la sagesse de Salo-, mon comme celle d'un homme inspiré de Dieu, ce qui permet d'attri-.
buer un mérite religieux à la démarche de la reine de Saba, où l'on
voit une conversion d'autre sorte, mais non moins édifiante que
celle des Ninivites.
1. Hozcrzmanx, 367. D'après J. Weiss, 475, ce serait pour mettre cet exemple en rapport avec le v. 28, sur « ceux qui écoutent la parole ». Mais les Ninivites n'ont-ils pas aussi écouté Jonas ? Si le rapport en question existe, ce qui est probable, il fournirait un argument contre l'authenticité de Le. 32.
2. Lo. 32 manque dans D; il est vrai que ce ms., par une sorte de compensa- . tion, interpole Mr. 40 après Lc. 30. Trois mss. latins ont cette interpolation, .
dont on n'a pas lieu d’être surpris, et l'un d'eux, e, la substitue à Le. 39. ?
3. Mr. #2 (Lc. 31). O7t UE) 2 TOY RE24T0V Ts YÂc- 4. pezà cs ysveds Tarn (non xar4).