mètres cubes par 24 heures
La ville s’adressa au cours d’eau de Bevinco, dont le débit à l’étiage est de 44.928 mètres cubes par 24 heures,
. pour avoir cette grosse quantité d’eau.
L'autorisation de la dérivation des eaux de Bevinco fut demandée le 20 février 1884 et la prise d’eau fut décidée au lieu dit Piano à 88 mètres d’altitude. Après une enquête dirigée par M. l'Ingénieur des Ponts et Chaussées de Bastia, sur les lieux en présence de toutes les personnes intéressées dans cette affaire et les observations présentées par celles-ci, ce barrage de prise d’eau fut criti-
qué- On constata en effet qu’une mine de cuivre Frangone se trouve à quelques centaines de mètres en amont et que le barrage étant placé au-dessous de cette mine, les eaux ainsi dérivées pour les conduire à Bastia, auraient d’abord servi au lavage du minerai et seraient cuivreuses. Pour éviter cet inconvénient le maire de la ville de Bastia, malgré les différentes protestations des propriétaires riverains, demanda à faire reporter le barrage, précédemment projeté au lieu dit Piano, en amont de la mine cuivreuse du Frangone au lieu dit Strettone. Ce nouvel emplacement, quoiqu’éloigné de 1000 mètres du premier, fut reconnu meilleur à tous les points de vue. D'abord parce qu'il évitait les eaux de vidange de la mine de cuivre, ensuite parce que l’établissement du barrage était plus fa: cile, attendu que le Bevinco est à cet endroit encaissé par de hauts rochers. Le barrage fut définitivement arrêté à Strettone à une altitude de 200 mètres environ. Le Bevinco
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étant torrentiel et fortement encaissé à cet endroit, un barrage de 4 mètres de hauteur, ne présentant aucun inconvénient, fut décidé.
Les travaux commencèrent, ee aux dispositions municipales du 21 décembre 1883 et l’arrêté préfectoral du 7 novembre 1884, qui autorisait la ville à établir ce barrage, avec une prise de 60 litres par seconde (soit 5.184.000 litres par 24 heures).
Ce n’est que le 27 juin 1886 que le service des eaux fut inauguré, quoique non définitivement accepté par le Conseil municipal qui reprochait à la Compagnie concessionnaire, l’inobservation de certaines clauses du cahier des charges régissant les travaux de canalisation.
M. le comte Sébastien Grégory a fait ressortir dans son rapport présenté à la Commission municipale en 1889 les inconvénients que peut avoir l’adjonction des eaux du
RARE AREA Frangone non prévues au contrat et qui arrivent au canal d’adduction sans passer par le filtre. Il a discuté d’autre part sur l’article du cahier des charges qui dit:
€ Les eaux du’ Bevinco seront considérées par la ville comme jouissant des qualités qui constituent l’ean potable.
» Le concessionnaire sera tenu d'établir en aval de la prise d’eau un appareil suffisant pour qu’en tous temps, les eaux du Bevinco s’introduisent claires et limpides dans la conduite d’adduction ».
Il à insisté tout particulièrement sur cette clause de Ja plus haute importance ayant constaté déjà à ce moment, comme nous le remarquons aujourd’hui, que l’eau de nos fontaines était trouble à certains moments et surtout après les pluies.
Cette constatation semble bon démontrer que l’appareil chargé de retenir les substances tenues en suspension, et qui est composé de sable, gravier, gallets et de charbon par couches de O0 m. 25, est insuffisant ou défectueux ou bien que les matières en question proviennent des eaux étrangères one à l’eau de Bevinco en aval du filtre et qui n’ont pas été soumises au filtrage.
La canalisation ne semble pas devoir être incriminée; les infiltrations n'étant point possibles à travers les tuyaux qui sont en fonte et où l’eau circule avec une très forte pression. Ce qu’il y a de certain, c’est que les eaux, du fait qu’elles sont souvent troubles, ne répondent plus aux qualités des eaux potables et par suite doivent être rejetées de l’alimentation. Toute eau destinée à l’alimentation publique, constatée polluée, doit être, en effet, condamnée sans tenir compte des clauses du cahier des charges Or, quoique l’eau du Bevinco soit plutôt employée pour lavages et arrosages, une grande partie de la popula-
DAS Be tion la considère comme eau potable et s’en sert comme telle.
Pour éviter certains mécomptes le bureau d'hygiène de
notre ville a pris la détérmination de signaler à la population, les fontaines et bornes-fontaines débitant de l’eau potable en les peignant en rouge.
Or, aucune fontaine ou berne-foñtaine rattachée à la canalisation du Bevinco ne porte cette indication ce qui prouve bien que cette eau a été reconnue par le Bureau d'Hygiène comme suspecte. -
Il conviendrait done de défendre l’emploi de cette eau pour l’alimentation eu bien d'installer un appareil, à un point déterminé, capable de ramasser toutes les eaux et de nous les livrer par n'importe quel temps, claires, limpides et privées de toutes souillures. Nous donnerons plus loin les moyens sûrs et pratiques pour leur faire recouvrer leur potabilité qu’elles perdent par intermittence,