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IV. — METHODES D'ANALYSES EMPLOYEES

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De l’eau qui tombe sons forme de pluie, une partie s’évapore, une autre s’infiltre et la troisième ruisselle à la surface du sol. :

L'eau d’infiltration circule dans la nappe souterraine qu’elle quitte pour regagner la surface en ressortant sous forme de source. | ; -

En traversant le terrain l’eau se charge de matières minérales et organiques. C’est done à la composition chinique de ce terrain que l’eau doit ses propriétés. Il s’ensuit que la composition des eaux est essentiellement variable suivant le terrain traversé où les causes de contamination sont multiples. F

Quelle que soit, du reste, leur nature et leur origine, les eaux empruntent d’abord à l’air puis au sol qu’elles traversent les impuretés dont elles se chargent. À ces causes naturelles viennent s’ajouter les causes de contamination accidentelles suivantes :

1° Les pluies persistantes qui entraînent des détritus organiques ;

2° Les chaleurs prolongées qu provoquent la putréfaction des matières animales laissées à découvert:

3° Les grands froids qui agissent comme les chaleurs, mais avec effets plus lents, la putréfaction étant ralentie.

L'eau étant un aliment indispensable à notre organisme, .

ie :

la & loi sur la protection de la santé publique de 1902 », prescrit de nous la fournir de très bonne qualité, c’est-àdire potable. Il importe done de pouvoir déterminer la valeur hygiénique de l’eau d’alimentation qui est un des principaux facteurs de l'hygiène publique.

. Depuis les temps les plus reculés on s’est occupé de l'étude de l’eau d’alimentation. La présence de certaines substances dissoutes pérmet de tirer des conclusions importantes sur la qualité d’une eau mais elle n’est pas suffi Sante, comme nous le verrons, pour conclure à la potabilité. |

Pour se rendre compte de la potabilité d’une eau, les moyens ont été recherchés depuis fort longtemps. Quand

une eau remplissait certaines conditions chnvmiques, cer- tains caractères organoleptiques, elle était considérée comme potable.

La recherche des sels minéraux avait donc alors seule une importance aux yeux des hygiénistes. L’analyse chimique suffisait, en effet, pour établir la valeur d’une eau. Les propriétés de l’eau ont été diseutées de tous temps. Déjà Hippocrate conseillait à ses malades de boire de l’eau de pluie bouillie. Rufus d’Ephèse disait au 1° siècle que € la meilleure eau était celle que l’on faisait bouillir dans des vases en terre cuite, puis réfroidr et chauffer à nouveau, au moment de la boire ».

À une époque plus rapprochée, au xni° siècle, Aldrovantin écrivait: @ L'eau potable doit être claire avant tout, n'avoir aucune saveur, aucune odeur. En voyage si on n’a à sa disposition que de la mauvaise eau, on peut la faire bouillir ou la filtrer, à travers une étoffe épaisse et s’il est impossible de la purifier par ces moyens, si on est obligé de boire une eau suspecte, il faut faire usage de vin, vinaigre ).

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C’est seulement en 1669 que Bayle fit les premiers essais analytiques de l’eau. | :

Le seul moyen d'épuration de l’eau connu à cette époque était l’ébullition. Cette méthode ou cette indication était, du reste, basée sur de simples observations, puisque les infiniment petits étaient encore ignorés. Ce n’est en effet. qu'au xvrr° siècle qu’un Hollandais Lecuwenhocck signala la présence d'organismes invisibles à l’œil nu.

. Enfin au xrx° siècle, la révolution introduite par Pasteur. dns l’étude' des maladies, par la découverte des microbes, imposa à l’hygiéniste de nouvelles recherches.

Tout ce qui est de nature à souiller 1e eau doit ani recherché et éliminé par des moyens appr opriés.

Pendant longtemps on s’est borné, pour apprécier uné eau, à connaitre la proportion des matières organiques que l’eau tient en dissolution. De la quantité de ces matières dépendaient l’insalubrité ou la pureté de l’eau.

ÎIl y a cinquante ans encore, l'Annuaire des Eaux de. France déclarait que: En :

«Une eau peut être considérée comme bonne et potable, quand elle est fraîche, limpide, sans odeur, quand sa saveur est très faible et qu’elle n’est surtont ni désagréable, ni fade, ni salée, ni doucâtre; quand elle contient peu de matières étrangères; quand elle renferme suffisamment d’air en dissolution; quand elle dissout bien le savon sans former de grumeaux et qu’elle cuit bien les légumes » (1).

Lavoisier attira l’attention le premier sur l'utilité de l'analyse chimique des eaux d’alimentation. Mais on ne savait, faute de renseignements plus précis, à quoi attribuer certains accidents, fièvre typhoïde entr’autre, survenus après l’ingestion d’une eau de mauvaise qualité. On attendait de la science une conclusion plus précise.

(1) Les microbes de P..G. Charpentier, page 86.

C'est Pasteur, comme nous venons de le dire, qui étudia le rôle des microbes dans les maladies infectieuses.

Il est reconnu aujourd’hui que toutes les matières organiques qu’on rencontre dans l’eau ne sont point nuisibles, celles d’origine végétale par exemple.

Poûr compléter les renseignements sur la qualité d’une

eau, il faut done connaître, non seulement la quantité, mais

aussi la nature des organismes, De Chaumont dit à ce sujet : | |

« Ce serait une erreur de juger de la salubrité d’une eau exclusivement par le chiffre brut de Panalyse ogganique. Les matières d’origine animale sont très nuisibles même. en proportions minimes, au contraire les matières d’origine végétale peuvent atteindre un chiffre relativement élevé, sans que l’eau soit nuisible à la santé ».

C’est justement pour rechercher et spécifier ces 416. ments organiques que l’analvse bactériologique d’une eau doit être faite concurremment avec l’analyse chimique pour établir d’une façon eenv able Ta nature et la valeur d’une eau destinée à la bo'sson. :

Il est un fait reconnu, que certaines maladies épidémiques, telles que la fièvre typhoïde, sont de nature hydrique, et Pasteur et Miquel ont démontré que la teneur en microbes des eaux varie avec leur provenance.

Les microbes vivent du reste dans l’eau aux dépens des matières organiqués qu'elle renferme. Suivant sa teneur

en matière organique la quantité des microbes est plus ou

moins intense. Ceux-ci diminuent à mesure que la matière organique disparaît, c’est ce qui a été reconnu par Cramer qui a démontré, par des observations sur l’eau du lac de

- Zurich, que les microbes se multiplient pendant les premiers jours et diminuent progressivement ensuite.

Cette différence de composition bactériologique est at-

DATE tribuée à la teneur en matières dissoutes qui peuvent favoriser on annuler le développement des germes.

Si l'oxygène favorise ce développement, il est admis que l’acide carbonique le détruit. La composition chimique de l’eau dès lors devient un facteur puissant de renseignements sur la potabilité. À

M. Duclaux, à propos d’un travail sur la contamination des puits, dit:

« Une eau contenant une quantité normale d'oxygène, limpide, pauvre en germes, mais riche en sels, en nitrates est mal$aine et ne peut servir à la boisson. Tant que la nitrification est active, ces eaux peuvent n’être pas dangereuses, mais si cette nitrification s'arrête, pour une cause quelconque, leur ingestion détermine des maladies » 1).

Dans certains cas les seules conclusions données par l’analyse chimique suffisent done à rejeter une eau.

Au Congrès de chimie de 1900, à Paris, il a été démontré par M. Christomanos que la présence de l’acide nitreux dénote une eau infectée et par M. Lhote qu’une eau imfectée renferme un excès de chlorures. | ‘ La présence de certaineS substances chimiques, la proportion exagérée de quelques autres auraient done une grande influence sur l’existence, la nature, la virulenee” des microbes et accuseraient une contamination mic®bienne.

. Pour être bien fixé sur la pureté des eaux d'alimentation de la ville de Bastia, qui nous réservent trop souvent de désagréables surprises, puisque la fièvre typhoïde y sub-. siste à l’état endémique, nous allons les étudier au point de vue chimique, sans négliger la recherche bactériologique du coli-bacille. On ne doit pas oublier qne « dans le

(1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 6 décembre 1897, à : |

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