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Les eaux d'Aulus. Actions physiologiques, propriétés thérapeutiques

Les questions d’hydrologie médicale intéressent toutes les écoles, et lorsqu'il s’agit de stations encore peu connues et cependant d’une efficacité réelle, il ne peut être indifférent pour les médecins de déterminés l’importance qu’il convient d’accorder aux sources nouvelles, d’être fixés sur leur valeur.

Or, on s'est beaucoup occupé depuis plusieurs années des eaux d’Aulus. De nombreux travaux ont été publiés à leur sujet, toutes les attractions légitimes ont été préparées pour les malades, le village s’est transformé. A la place dés constructions primitives, qui existaient seules il y a trente ans, s’élèvent des hôtels dont l’installation est princière, j’allais même dire royale. En même temps la douceur du climat, les magnificences du site, les excursions offertes aux baigneurs sont autant de motifs qu’on a fait valoir en vue d’attirer l’attention sur cés sources thermales.

Mais de pareilles considérations ne suffisent pas au médecin pour l’autoriser à prescrire une cure. Trois notions- lui sonS nécessaires pour se décider, je veux dire : la composition chimique des eaux, leur action physiologique et leur efficacité thérapeutique. Il ne peut donc être sans intérêt de résumer ici les données recueillies jusqu’à présent sur .chacun de ces points; je le ferai brièvement.

COMPOSITION DES EAUX d’aULUS

L’analyse chimique a révélé dans les eaux à,’Aulus de nombreux éléments de minéralisation. D'abord des acides : acide

carbonique , sulfurique, silicique, phosphorique, borique, fluorhydrique / ensuite des bases : potasse, soude, ammoniaque, lithine, chaux, strontiane, magnésie , alumine, sesquioxyde de fer, bioxyde de cuivre ; enfin des corps élémentaires : chlore, iode, rubidium, chrome, manganèse, nickel, cobalt , bismuth, plomb, cadmium, tellure, antimoine, arsenic.

Le tableau suivant, que j’emprunte au travail du docteur Garrigou, indique la proportion relative de chacun de ces' principes minéralisateurs.

Acide carbonique. •.

» sulfurique....

» silieique.

» phosphorique.

» borique.

» fluorhydrique.

Chlore..

Iode.

Potasse....

Soude....

Ammoniaque.

Lithine...

Rubidium.

Chaux..

Strontiane.

Magnésie.

AJumjne..

Chrome...........

Fer (sesquioxyde)..

Manganèse.

Nickel.

Cobalt... .

Cuivre (bioxyde),..

-Bismuth..

Plomb..

Cadmium.

Tellure.

Antimoine.

Arsenic.

Matière organique..

Source Sacque.

0 gr 4988 4 » 2098 0 » 0605 (?) Traces.

Id. (?)

Id. ■

0 » 0243 (?) Traces.

0 * 0027 0 ». 0380 0 » 00044 0 » 0004 Trac, presq. insens.

0 » 7305 0 » 0720 Assez abondants.

Quantité pondérable.

Traces.

Traces.

0 » 0004 Traces.

Traces pondérables.

Traces?

Traces.

Traces pondérables.

2 gr 37564

Source Darmagnac.

Traces.

Id. (?)

Id.

0 » 0245 Traces, •

0 » 0030 0 » 0590 0 »» 00014 0 »» 0005 Trac, presq. insens.

0 j» 7881 0 »» 0736 Assez abondants:

Quantité pondérable.

Traces.

Traces.

0 » 0004 Traces.

Traces pondérables.

Traces?

Traces.

Traces pondérables.

lin premier fait ressort de ce tableau. Parmi les 29 substances indiquées par l’analyse chimique, il y en a 16 dont la

proportion n’a pu être déterminée, la plupart n’ayant donné que des traces de leur présence. Ceci est arrivé pour l 'acide phosphorique, l 'acide borique et Y acide fluor hydrique, pour Y iode et le rubidium , le manganèse, le nickel et le cobalt, le plomb , le cadmium, le tellure, Vantimoine, .même Y arsenic. 11 faut encore ajouter à cette liste Y alumine et le Chrome, avec cette différence quelles traces ici ont été assez abondantes.

Au contraire, Y acide sulfurique, Yacide carbonique , Y acide silicique, le chlore, la potasse, la soude, Y ammoniaque, la lithine, la ;strontiane et la magnésie , le sesquioxyde de fer et le bioxyde de cuivre se rencontrent à doses déterminées, même assez importantes. C’est surtout à cette dernière catégorie des principes minéralisateurs qu’on a demandé le secret de l’action des eaux d’Aulus. Il ne faudrait pas croire toutefois que les substances’ dont les proportions ont été minimes soient sans action ; ce n’est point en raison de leur masse, mais de leur appropriation que les médicaments agissent dans le traitement des maladies.

Si l’on voulait conclure de la composition de ces eaux à leuraction physiologique et à leur efficacité thérapeutique, la nomenclature des effets produits sur l’homme sain ou sur l’homme malade serait longue. Malheureusement de pareilles conséquences ne seraient pas légitimes, l’expérience aidée de l’observation ne les justifierait pas. Toute eau minérale constitue* en effet, une unité, dont l'action est due à.l’ensemble des éléments qui la composent et non à quelques-uns de ceux-ci séparés de tous les autres-, c’est la résultante de ces actions combinées qu’il faut connaître, et non quelques-unes de celles-ci prises eû particulier.

Il faut encore tenir compte des circonstances accessoires : delà température des sources, des conditions climatériques auxquelles le malade ne saurait se soustraire, de l’hygiène à laquelle il est soumis pendant sa cure, toutes choses qui favorisent l’action thérapeutique, de telle sorte que l’eau prise loin de la source produit souvent des effets incomplets, toujours bien différents de ceux qu’on obtient dans le pays où la Providence l’a placée.

D’où il faut conclure que polir juger l’action physiologique d’une eau minérale, il ne suffit pas de l’analyser, qu’il est de «lus nécessaire d’en rechercher les effets sur l’homme sain,

celle-ci devant être la hase de l’hydrologie expérimentale, comme elle l’est de la matière médicale et de la thérapeutique.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE i/ëAU d’aüLUS

On a cru pouvoir résumer l'action physiologique des eaux d’Aulus en disant qu’elles étaient purgatives et diurétiques. Ceci est insuffisant.

11 ne suffit pas davantage de dire que des trois sources qui existent à Aulus, la source Bacque a des effets purgatifs constants, la source des trois Césars est plus ferrugineuse, tandis que la source Darmagnac agirait d’une manière plus directe sur la peau. Il faut analyser davantage pour apprécier exactement la portée de l’action physiologique.

Les effets suivants ont été notés parles auteurs :

Au début, des vertiges, une sorte d’enivrement passager; au début aussi de l’agitation, la nuit, avec accélération du pouls, chaleur au front et sensation de plénitude à l’estomac. Plus tard survient l’effet purgatif. Alors les selles deviennent fréquentes, noires, poisseuses, chargées de bile épaisse; elles ne sont précédées ni de douleurs, ni de coliques et un bien-être général en est la conséquence. En même temps l’appétit renaît, les digêstions sont plus rapides et plus complètes, la circulation devient plus active et les forces musculaires se développent.

Les urines augmentent aussi en quantité, d'ou il résulte que pour les malades chez lesquels il existe de l’acide urique en excès ou des urates, le dépôt ne tarde pas à ne plus se former, tandis que des urines infectes, muco-purulentes, perdentleur épaisseur et leur odeur nauséabonde.

Un malade atteint de gravelle, et qui pendant deux années s’est rendu à Aulus, où il a été soumis à un traitement énergique, a réuni sous forme de tableau synoptique des renseignements dont j’ai reçu communication et qui ne sont pas sans intérêt. Deux fois cette' personne a suivi larcure, la première en 1877, la seconde, en 1880. La quantité d’eau absorbée pendant chacun de ces deux traitements a été de 600 verres, soit 120 litres. Durant le premier traitement il y a eu 192 éva*

cuations alvines et 200 dans la seconde; le minimum étant del évacuation par jour, le maximum de 7.

Les émissions d’urine, de leur côté, se sont élevées à 186 en 1877, et à 457 en 1880. En outre de leur nombre, il faut citer leur quantité qui, suivant le dire du malade, aurait été très abondante, même énorme.

L’auteur du tableau dont je parle a noté également l’influence de l’eau d’Aulus sur la production des gaz (ce qu’il nomme les évacuations éoliennes) et sans indiquer le chiffre exact de ces dernières, il les spécifie par ces mots : beaucoup , énormément.

11 faut ajouter que les eaux d’Aulus excitent l’action des glandes salivaires ; on a même indiqué aussi une surexcitation des glandes séminales, d’où des pollutions nocturnes plus répétées.

Le D p Alriq est allé plus loin; de ce que les glandes dont je viens de parler éprouvaient une pareille surexcitation, il en a conclu qu’il devait en être de même de celles dont il est plus difficile de déterminer l’action, parce qu’elles sont profondément situées; par exemple, du foie, du pancréas, des glandes et des follicules de l’intestin, des glandes de Lieberkuhn, et il a conclu que toutes devaient se trouver surexcitées. Rappelant alors que les organes sécréteurs reçoivent l’impulsion du nerf grand sympathique, il est arrivé à soutenir que l’action des eaux d’Aulus devait se porter sur ce dernier, lequel à son tour excitait toutes Jes sécrétions.

Joignant à cette première action celle que le grand sympathique développe sur la veine-porte et la circulation abdominale, il a cru pouvoir conclure que toute l’action physiologique et l’action thérapeutique des eaux d’Aulus se trouvaient ainsi expliquées.

On ne peut nier le côté ingénieux d’une pareille théorie sur laquelle on discutera longtemps peut-être ; mais dont il y aura toujours à retenir ce point : que l’action des eaux d’Aulus n’est point une action locale, mais une action générale localisée.

Les eaux en question ont aussi une action énergique sur l’enveloppe cutanée; elles augmentent la sueur, la nuit surtout, provoquent des démangeaisons, des picotements, une sensation de chaleur générale, et des éruptions papuleuses plus ou moins confluentes. Est-ce bien tout? Je ne le crois pas.

Si l’action des eanx d'Aulus a été nettement définie pour ce qui regarde la membrane muqueuse gastro-intestinale, les glandes et leurs sécrétions ; si l’action purgative et diurétique a été étudiée avec soin, les effets produits sur la peau sont, à peine ébauchés, et on n’a encore rien dit sur les phénomènes qui se peuvent produire du côté des appareils de la respiration, de la circulation cardiaque, de la locomotion, non plus que du côté du système nerveux de la vie de relation; il importe donc de chercher encore; le sujet est digné d’attention,

§ ni

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