‹ Les eaux de ParisChapitre 10 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

senté par un Flamand, nommé Jean Limlaer. Cette pompe devait élever l’eau de la Seine dans un réservoir placé au-dessus du Pont-Neuf, pour la distribuer au Louvre et aux Tuileries. Cet établissement hydraulique fut érigé en 1608, malgré 1 opposition du prévôt et des échevins. L’eau élevée fut substituée à celle qu’on tirait de la fontaine de la Croix-du-Trahoir l.

Henri IV se disposait à faire conduire à Paris, pour l’usage des habitants, les eaux de la source d’Arcueil, lorsque la mort le surprit. Mais ce projet, comme on va le voir, fut réalisé par Marie de Médicis.

1 Mémoires de l'Académie des inscriptions, tom. XXX, p. 745. Voici le résultat de l’analyse de l’eau de Seine, puisée dans le grand bras, analyse due à MM . Boutron et Henri.

Bicarbonate de chaux Oc 174 id. , de magnésie. 0 062 Sulfate de chaux. . . 0 059 id. de magnésie. 0 017 Chloi’ures. 0 025

Sels de potasse. . . . traces Nitrates alcalins. . . traces Silice, alumine, oxyde

de fer 0 014

Matières organiques, traces

Essayée à l’hydromclre le 5 août 1858, cette eau a donné 17° 77.

Total. . . . Oc 551

Cotte époque est remarquable à deux points de vue. Pour la première fois, on faisait usage des machines hydrauliques pour élever l’eau du fleuve, et l’on adoptait un nouveau mode de distribution, en vendant des concessions d’eau. Jusqu’alors, si l’on fait abstraction des privilégiés qui la recevaient gratuitement, les habitants de Paris ne pouvaient jouir de l’eau de la ville qu’en la prenant aux fontaines publiques. Le premier abonnement1 payant a eu lieu, comme nous l’avons dit plus haut, en

1 Le principal obstacle à la généralisation de l’abonnement était d’abord le faible volume des eaux dont on disposait, mais surtout le mode de distribution. Dans l’origine, les prises d’eau pour les concessions gratuites par pouces et lignes, étaient faites sur les conduites mêmes, sans que l’on tînt aucun compte des charges des conduites, et il est probable que pour la plupart l’écoulement était continu. Il n’est pas difficile de comprendre quels abus et dilapidations devaient résulter de ces dispositions.

Lorsque l’aqueduc d'Arcueil fut établi, la distribution des nouvelles eaux se fit par la méthode romaine, c’est-à-dire que chaque concessionnaire eut une conduite particulière partant d’un château d’eau ou cuvette de distribution, situé ordinairement dans l’intérieur de la fontaine publique la plus voisine.

Un édit de Louis XIII, du 26 mai 1635, prescrit l’application de celle mesure aux eaux de Bclleville et des Prés-Saint-Gervais : « Nous voulons et ordonnons que, par Augustin Guillain, maître des œuvres,... vous ayez à faire promptement travailler, pour réformer toutes les prises d’eau des fontaines de Bclleville et des Prés-Saint-Gervais, et les réduire par bassinets dans les regards

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