CHAPITRE XII
Dispositions pratiques arrêtées par l’édilité parisienne pour les
Irois aqueducs de la Dhuis, de la Somme-Soude et de la Vanne.
— Trajet, mode d'établissement, évaluation des dépenses.
Les nouvelles eaux arriveront par trois aqueducs, que nous désignerons par les noms des principales sources qui doivent les alimenter. L’aqueduc de la Dhuis, qui part au delà de Château- Thierry, puisera ses 40,000 mètres cubes d’eau à peu de distance de la limite des argiles à meulière üe la Brie el de la craie de la Champagne. L’aqueduc de la Somme-Soude trouvera ses 60,000 mètres cubes d eau dans des galeries qui seront ouvertes dans les plaines crayeuses de la Champagne, entre Châlons-sur-Marne et Épernay. Enfin, l’aqueduc de la Vanne s’alimentera au moyen des belles sources
de la vallée de la Vanne, petite rivière qui coule dans les mômes terrains crayeux et tombe dans l’Yonne.
Le volume des eaux de la Dhuis et de la Vanne, aujourd'hui acquises à la ville de Paris, est, comme nous l’avons dit, de 105,000 mètres cubes par vingt-quatre heures, dans les années de grande sécheresse. Cette quantité suffira pour donner, aux
1.700.000 habitants de Paris, 60 litres par tête et par jour, quantité qui est jugée suffisante par tous les hydrauliciens, les services publics étant d’ailleurs largement desservis par les eaux de la Seine et de l'Ourcq. En complétant ces deux dérivations, on porterait facilement à 80 litres d’eau par jour la part de chaque habitant de Paris. On pourrait donc, à la rigueur, se contenter de ces aqueducs, qui amèneraient, chaque vingt-quatre heures,
140.000 mètres cubes d’eau à Paris. Néanmoins, l’administration tient aux recherches qu’elle veut entreprendre dans les vallées crayeuses de la Champagne, pour alimenter un troisième aqueduc, car elle veut créer un service hydraulique irréprochable.
Comme l’eau de la Vanne n’arrivera qu’à 45 mètres au-dessus du zéro de l’échelle du pont de la Tournelle, et sera dès lors à un niveau un peu trop bas pour alimenter jusqu’aux derniers étages les quartiers moyennement élevés, l’aqueduc de la Somme- Soude, dont l’eau arrivera à 57 mètres au-dessus de la Seine, serait fort utile au service.
\oici comment l’eau de ces aqueducs sera répartie. Les 40,000 mètres cubes d’eau de l’aqueduc de la Dhuis alimenteront les quartiers hauts de Passy, Montmartre, Belleville, Montrouge, et les plateaux du Panthéon et de la Bulie-aux-Cailles. Les 60,000 mètres cubes d’eau de l’aqueduc de la Somme-Soude se répartiront dans les quartiers moyennement élevés. Si cet aqueduc se construit, on ne prendra dans la Vanne que les eaux actuellement achetées, soit 70,000 mètres cubes, qui seront distribuées aux habitants des quartiers bas.
Mais, évidemment, il n’est pas nécessaire de construire ces trois aqueducs simultanément. Il faudia, en effet, un grand nombre d’années pour distribuer 170,000 mètres cubes d’eau dans les
maisons de Paris; on devra donc se contenter d’amener d’abord l'eau nécessaire pour assurer le commencement de ce service.
C’est l’aqueduc de la Dhuis qui sera construit le premier, pgrce qu’il desservira les quartiers les plus élevés. Comme il amènera une quantité d’eau beaucoup plus grande qu’il n’en faudra d’abord dans les »
quartiers hauts de la ville, le trop-plein de ses eaux se déversera dans les parties moyennes et basses. Lorsqu’on reconnaîtra la nécessité d’amener à Paris un volume d’eau potable plus considérable, 1 aqueduc de la Somme-Soude sera construit, cl déversera sur les parties moyennes et basses de la ville ses 60,000 mètres cubes d’eau. Enfin, quand le développement des besoins de la population exigeia un dernier complément d’eau, ce qui, selon toute probabilité, n’aura lieu que dans un avenir éloigné, le troisième aqueduc, celui de la Vanne, sera construit, et ses eaux seront distribuées dans les quaitiers bas.
Tel est, d’après le rapport de la Commission d'enquête du département de la Seine, publié en