‹ Les eaux de ParisChapitre 13 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

meura complètement sans effet1; elle ne fut mise à exécution que chez un seul concessionnaiie. Aucune fontaine publique n existait encoie sur la rive gauche de la Seine. En 1609, Henri 1Y avait songé,

avons-nous dit dans le chapitre precedent, à i établir, dans l’intérêt de cette partie de la ville, l’antique aqueduc d’Arcueil, attribué à l’empereur Julien, et qui avait été détruit, on le croit du moins, par les envahisseurs normands dans le cours du neuvième siècle. Sully faisait rechercher les anciennes sources de cet aqueduc2 lorsque la mort du roi vint arrêter ce projet, qui fut repris lorsque Marie de Médicis construisit son palais du Luxembourg.

Un particulier, nommé Jacques Aubry, s’offrit pour mettre à exécutionle projet, conçu par HenrilV, de la dérivation de la source d’Arcueil. Cette offre fut accueillie. Aubry s’engageait à amener en quatre ans, les eaux des fontaines de Runyis , situées près du village d’Arcueil5, dans un grand réservoir

1 Registres de la ville, vol. XXI, fol. 708.

2 Mémoire de Bonamy (Académie des inscriptions, tome XXX, page 744.).

5 Voir sur la carte qui accompagne ce volume, le point d'origine

établi entre les portes Saint-Jacques et Saint-Michel1. Il demandait pour cela, 200,000 livres par an pendant six ans, et le tiers des eaux dérivées ; le second tiers devait appartenir au roi et à la reine régente, et le dernier être livré au bureau de la ville, pour en faire la distribution au profit des habitants. L’affaire fut renvoyée au bureau de la ville qui, le 0 juillet 1612, décida qu’on dresserait un devis des travaux. Ce devis fut arrêté le 5 septembre suivant2.

Hugues Cosnier, directeur du canal de la Loire, offrit d’entreprendre la dérivation étudiée par Jacques Aubry. Il demandait une somme de 718,000 livres, plus la concession du volume d’eau dérivée qui excéderait 30 pouces. Le 11 septembre, le prévôt et les échevins se rendirent au conseil d’État, et demandèrent à substituer à Hugues Cosnier un entrepreneur de leur choix, qui ferait à la ville des conditions moins onéreuses. Un nouveau devis, pré-

et le trajet de l’aqueduc d’Arcueil, qui amène à Paris les eaux de la source de Rungis.

1 Registres de la ville, vol. XVIII, fol. 500.

- Registres de la ville, vol. XIX, toi. 8.

senté au conseil le 4 octobre, servi t de base à une adjudication, qui fut passée, le 27 du même mois, avec Jehan Coing, maître maçon, pour la somme de 460,000 livres. Cette somme devait être acquittée par le fermier de l’octroi, sur les entrées du vin, d’après les mandements du trésorier. Mais pendant l’exécution des travaux cette estimation fut notablement augmentée.

Des lettres patentes du 4 décembre 1612 attribuèrent, malgré toutes les réclamations du bureau de la ville, qui revendiquait le droit d’exercer la surveillance sur tous les travaux relatifs aux eaux publiques, l’inspection des ouvrages de l’aqueduc d’Arcueil aux trésoriers de France1.

La première pierre du grand regard des fontaines alimentées par l’aqueduc d’Arcueil fut posée, le 17 juillet 1615, par Louis XIII en personne, accompagné de la reine régente*.

L eau que devait fournir l’aqueduc d’Arcueil fut ainsi partagée : 18 pouces furent réservés pour les

1 Registres de la ville, vol . XIX , fol. 59.

2 Registres de la ville, vol. XIX, fol. 139.

maisons royales et 12 cédés à la ville de Paris ; le surplus appartint à l’entrepreneur des travaux.

Lorsque les eaux arrivèrent au regard de distribution, un arrêt du conseil du 19 mai 1623, ordonna qu’on procéderait à leur partage1.

Les réservoirs publics furent d’abord établis sur les places Maubert et Saint-Benoît, près le puits Sainte-Geneviève et la porte Saint-Michel. L’eau fut introduite dans les conduits de distribution le 18 mai 1 624 3.

1 Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 101.

2 Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 166.

Voici l’analyse des eaux d’Arcueil, faite par M. Henri Sainte- Claire Deville, en 1846.

eau: un litiie.

Acide silicique. . . . 0,0306 Alumine avec phosphate 0,0055

Carbonate chaux. . . . 0,1990 id. de magnésie. . 0,0082

Sulfale de chaux. . . 0,1638

id. de soude. . . 0,0054

id. de potasse. . 0,0205

Chlorure de sodium. . 0,0576 id. de magnésium. 0,0106 Azotate de magnésie. . 0,0570

Total 0,5436

Cette eau, quoique bien meilleure que celle de Bellevillc et

Essayée à l’hydrotimètre , l’eau d’Arcueil , puisée à son entrée à Paris, donne 37°63.

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