TROISIEME PARTIE
tation de Paris au moyen de l’eau de la Seine; quels en auraient été les résultats? Après avoir élevé l’eau du fleuve par des appareils convenables., qu’aurait-on donné à l'habitant de Paris? Une eau trouble. Cette eau trouble, le peuple, qui n’a pas le moyen de payer au porteur d’eau 5 francs le mètre cube d’eau filtrée, c’est-à-dire 10 centimes la voie de 20 litres, l’aurait consommée telle qu’elle sort de la conduite publique. Le riche et le bourgeois auraient continué de l’acheter; de là, l’impôt habituel du porteur d’eau maintenu sur leur budget quotidien. — Une eau froide en hiver, chaude en été. Pour la ramener à une température agréable, en hiver ou en été, il faudrait, de toute nécessité, la descendre à la cave ou dans le puits. Ainsi la ville de Paris ferait chaque jour une dépense considérable pour élever par des machines à vapeur l’eau jusqu’au sommet des maisons les plus hautes de Paris, et le premier soin du consommateur serait de descendre cette eau à la cave pour la faire rafraîchir : plaisante conséquence, on en conviendra. — Une eau toujours impure, quoi qu’en
disent les par tisans de l’eau de la Seine, qui vivent sur les souvenirs du passé, et ne considèrent pas qu’une eau excellente, il y a trente ans, quand aucune industrie ne venait déverser ses ruisseaux
dans le fleuve, est devenue suspecte aujourd’hui que d’un bout à l’autre de la Seine, depuis le Portà-1’ Anglais jusqu’à Saint-Germain, une quantité d’usines nouvelles se sont établies sur ses bords. Quelque éloigné que fût, en effet, le point où l’on eût placé la prise d’eau, par suite de l’extension toujours croissante à laquelle Paris est appelé, des usines de plus en plus nombreuses s’établiront sur les deux rives de la Seine, et enlèveront à ses eaux la pureté qu’on est porté à leur accorder aujourd’hui.
Mais comment aurait-on élevé l’eau de la Seine? Ce travail n’aurait pu se faire par des machines à vapeur sans occasionner de grands frais d’établissement, et un entretien quotidien qui aurait absorbé une somme considérable. Nous avons prouvé que l’eau élevée par des machines à vapeur à Port-à- P Anglais, jusqu’à la hauteur exigée par les nou-