‹ Les eaux de ParisChapitre 142 sur 152 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

veaux services, c’est-à -dire à 64 mètres en moyenne, reviendrait aussi cher que le môme volume d’eau amenée par dérivation d’un aqueduc de 55 lieues de longueur. Quant à élever cette eau par de simples ouvrages hydrauliques, par des barrages et des turbinesou des roues, c’est une conception aujourd’hui condamnée sans retour; le grand nom et l’autorité d’Arago n’ont pas suffi à la sauver \ La navigation de la Seine constamment entravée, les chutes d’eau destinées à faire marcher les pompes, suspendues par suite des crues du fleuve, et par conséquent la distribution des eaux compromise à la suite des grandes pluies : telles seraient les conséquences de

1 On n’a pas oublié la discussion qui s’éleva à la Chambre des députés, entre Arago et le ministre des travaux publics. L’illustre savant proposait déplacer à la pointe de la Cité, un énorme barrage de trois mètres, qui aurait infailliblement noyé toutes les propriétés riveraines en amont du fleuve. Le ministre des travaux publics n’eut pas de peine à prouver que cette chute énorme était irréalisable; qu’en la réduisant à de justes proportions, on réduirait aussi le volume d’eau montée, à 30,000 ou 40,000 mètres cubes, quantité insuffisante pour l’alimentation de Paris; enfin, que 1 usine hydraulique serait exposée à des chômages qui diminueraient de beaucoup son utilité. Telle était aussi l'opinion de M. Mary, l’ingénieur en chef des eaux de Paris qui, dans ce débat, fut l’auxiliaire du ministre.

1 élévation de l’eau de la Seine par des ouvrages hydrauliques. Les Parisiens consentiraient-ils à manquer d’eau dans leurs maisons parce que la saison aurait été trop pluvieuse? Voilà pourtant à quelle singulière conséquence on aurait été conduit avec les ouvrages et les machines hydrauliques employées à élever l’eau du fleuve.

L’eau de la Seine étant ainsi reconnue impropre à la nouvelle distribution projetée, il ne restait que la dérivation d’une rivière ou d’une source. La dérivation des rivières a occupé les ingénieurs français pendant les deux derniers siècles. On connaît le projet de la dérivation de l’Eure, qui avait tant souri à Louis XIV, et dont l’exécution fut même commencée au dix-huitième siècle. La dérivation de l’Yvette, à laquelle de Parcieuxa attaché son nom d’une manière impérissable, la dérivation de la Bièvre et celle de la Beuvronne, dont nous avons longuement parlé dans cet ouvrage, ont été étudiées au dixhuitième siècle, de la manière la plus approfondie, mais on sait positivement aujourd’hui qu'aucun de ces projets ne satisferait aux besoins actuels de la

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