TROISIÈME PARTIE
capitale. La dérivation de la Loire ne serait pas une idée plus heureuse. Les ingénieurs consentiraientils à mettre la main à un tel ouvrage avant que l’on eut résolu le problème, déclaré aujourd’hui presque insoluble, de la filtration des eaux de la Loire en toute saison? L’eau delà Seine est, d’ailleurs, meilleure que celle de la Loire; il n’y aurait donc aucun motif à aller s adresser à un fleuve distant de la capitale, en supposant que l’on se décidât à alimenter Paris avec l’eau d’un fleuve.
Ainsi la dérivation des eaux de source était le seul moyen praticable. Mais où prendre ces eaux? Le bassin de Paris est malheureusement traversé par une lentille de gypse qui charge de sulfate de chaux la plupart des sources qui avoisinent la capitale. Il fallait donc s’écarter de Paris pour (rouver de bonnes eaux. Les meilleures eaux de source sortent des terrains de granit; mais les terrains du Morvan sont üop éloignés de Paris, et ne produisent, d’ailleurs, que des sources d’un très-petit débit. Les meilleures sources, après celles qui s’échappent des granits, sortent de la craie; or les terrains crayeux, dans le
bassin de Paris, commencent à la limite des argiles de la Brie et de la craie blanche de la Champagne : c’était donc là qu’il l'allait s’adresser, et c’est là^ue s’adressèrent les ingénieurs quand ils furent chargés par M. le préfet de la Seine d’étudier les sources qu’il serait possible de dériver à Paris pour alimenter cette ville en eaux potables.
Nous avons exposé avec détails le projet de dérivation adopté par M. le préfet de la Seine et par le conseil municipal. Nous avons montré qu’avec une première mise de fonds de 18 millions, on pourrait, au moyen des trois aqueducs projetés, amènera Paris un volume d’eau de 170,000 mètres cubes. Nous avons donné tous les renseignements nécessaires sur ce beau projet, qui se distingue tout à la fois parla hardiesse et l’originalité, et qui sera pourtant de la plus grande simplicité d exécution.
Nous faisions ressortir tout à l’heure les inconvénients, les incohérences pratiques, qui seraient résultés de l’adoption du système de l’élévation des eaux de la Seine. Mettons en regard les avantages,