‹ Les eaux de ParisChapitre 19 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Cependant les machines du pont Notre-Dame n’avaient pas tardé à se détériorer, et elles arrivèrent bientôt à un état complet de dépérissement. Celle du petit moulin ne donnait plus que 1 0 pouces d’eau; elle fut réparée par Servais Rennequin, dont les propositions furent acceptées le 21 mai 1700. Après les réparations, le produit, en 1705, fut trouvé de 35 pouces. Les pompes du grand moulin furent aussi reconstruites à neuf Cannée suivante l.

A la fin du dix-septième siècle, le service des eaux de Paris disposait donc par jour :

Des eaux de Belleville et des.Prés-Saint-Gervais, qui ne paraissent pas avoir subi de grandes variations depuis cette époque, et donnaient par conséquent comme aujourd’hui, en basses eaux, environ 500 mètres cub es

Des eaux de Rungis, desquelles la

ville ne prenait que 500

Enfin des eaux élevées par les

* Registres de la ville, vol. LXV. fol. 2SG.

pompesNotre-Dame, dontle volume, lorsque les machines étaient en bon état, était de \ ooq

Volume total en 24 heures. . . 1,800

Le nombre des habitants de Paris étant alors de 500,000, la quantité d’eau distribuée était seulement de 5 litres 1{2 par tète. Ce volume paraît bien insuffisant, quand on sait que les hydrauliens modernes réclament une part de 50 à 60 litres d'eau par chaque habitant d’une grande ville.

La machine hydraulique du pont Notre-Dame avait augmenté pendant quelque temps le volume d’eau disponible dans Paris. Malheureusement, les dérangements de l’appareil n’avaient pas tardé à réduire considérablement leur débit. Au moment de l’établissement de ces nouvelles pompes de la Seine, les magistrats de la ville préposés à la garde et à l’entretien du trésor des eaux publiques, peu habitués à une telle abondance, eurent le tort de le regarder comme intarissable. L’abus des con- * cessions gratuites, qui avaient eu de si tristes ré-

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