‹ Les eaux de ParisChapitre 20 sur 152 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

sultats dans les siècles précédents, se renouvela avec la môme force. Tout cela obligea à revenir aux mêmes mesures que les mômes circonstances avaient nécessitées précédemment. En 1733, tous les concessionnaires d’eaux furent sommés de déposer leurs titres à l’hôtel de ville, pour en obtenir la confirmation, s’il y avait lieu. On ne voit pas néanmoins que cette mesure ait produit de résultat avantageux.

Aucune amélioration importante ne fut réalisée dans le service des eaux, dans la première moitié du dix-huitième siècle, si ce n’est la restauration, faite en 1787, des machines du pont Notre-Dame, par le célèbre Bélidor. Après l'achèvement des Ira* vaux, le produit de cet établissement fut trouvé de 150 pouces par 24 heures1. Mais la négligence avec laquelle était fait l’entretien des établissements hy= drauliques de la ville, produisit son effet ordinaire; les machines, si habilement réparées par Bélidor, se détériorèrent de nouveau. L’ Académie des scien-

1 Architecture hydraulique , tome II, page 215 et suivait’ es,

ces fut consultée sur les mesures à prendre pour leur conservation. MM. Camus, Montigny et de Parcieux firent à cette assemblée un rapport. Mais ce travail n’eut aucune suite1; on se borna à exécutei , pour 1,612 livres, de menus travaux indispensables pour empêcher la ruine totale des machines.

Tout ce qui précède fait voir combien 1 art d administrer est nouveau, quelles entraves, quels obstacles incessants il rencontrait dans la vicieuse organisation sociale qui existait avant notre immortelle Révolution de 1789. L histoire nous apprend que, parmi les prévôts de Paris, il se trouva des hommes éminemment énergiques et distingués, qui surent, au péril de leur vie, défendre les pii\iléges de la ville. Les faits que nous venons de î aconter dans ce chapitre, ne nous montrent-ils pas, au contraire, une administration sans règle et sans \igueur, laissant aller les affaires de la ville avec la plus complète incurie? Il serait injuste, toutefois, de juger les actes de nos ancêtres d après nos idées du jour, comme il est souverainement ridicule d a-

* Registres de la ville , vol. XII, fol. MO.

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