‹ Les eaux de ParisChapitre 22 sur 152 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

> une délibération du bureau de la ville, du 8 avril 1709, fixa à 200 livres le prix de la ligne d’eau concédée à perpétuité, et à 100 livres seulement le prix de la concession viagère; cette mesure fut confirmée par une nouvelle délibération du 1er juillet 1735. -

De nouveaux projets surgissaient sans cesse; mais ils n’allaient jamais jusqu’à une étude bien sérieuse. Ces projets consistaient surtout à élever les eaux de la Seine, soit aux. frais du gouvernement ou de la ville, soit aux frais de particuliers, qui demandaient le privilège de vendre à leur profit l’eau amenée dans les rues de la capitale.

Parmi tous les mémoires qui appartiennent à cette époque, le plus remarquable sans contredit, est celui qui fut présenté par de Parcieux, qui proposait de dériver à Paris les eaux de l’Yvette, petite rivière qui se jette dans la Seine au-dessus de Longjumeau, au midi delà capitale1. L’état d’imperfection des pompes Notre-Dame, l’incertitude et les intermittences de service qui en résultaient,

1 Voir la carte qui accompagne ce volume.

suffisaient pour justifier la nécessité de ce projet, qui ne serait pas considéré aujourd’hui comme discutable. Les eaux de l’Yvette, plus dures que celles de la Seine, sont aussi moins agréables à boire. Mais alors les procédés chimiques étaient peu perfectionnés, et on se rendait imparfaitement compte des qualités à demander aux eaux potables. Les chimistes de l’Académie des sciences, consultés sur le projet de Parcieux, trouvèrent que les eaux de l’Yvette ne différaient pas sensiblement, par leur composition, de celles de la Seine. Les savants de nos jours ne tomberaient pas dans une pareille erreur; mais MM. Hellot et Marquer, en déclarant les eaux de l’Yvette saines et potables, n’avaient pu qu’appliquer les méthodes imparfaites de la chimie de leur temps. Une commission de la Société royale de médecine , compagnie savante qui a précédé et tenait à peu près la place de notre Académie impériale de médecine actuelle, avait joint son témoignage à celui de l’Académie des sciences, pour proclamer les bonnes qualités des eaux de l’Yvette.

Dans un premier mémoire, présenté le 15 no-

Page 1