PREMIÈRE PARTIE
vembre 1762, à l’Académie des sciences, de Parcieux exposa'les bases de son projet. On devait dériver 1,200 pouces d’eau au moyen d’un aqueduc de 17,000 à 18,000 toises de longueur; le point
d’arrivée était choisi à 16 pieds environ au-dessus *
du réservoir des eaux d’Arcueil.
Nous n’examinerons pas en détail ce projet, qui passionna le public dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle. Dans son beau mémoire sur les sources du bassin de la Seine \ M. Belgrand, ingénieur en chef des eaux de Paris, a fait voir qu’il ne donnerait qu’une très-médiocre solution de la question des eaux. Mais on ne raisonnait pas ainsi en 1761. L’opinion publique se partageait alors entre le projet de dérivation et celui de pompes à feu. Ce qui se passe aujourd’hui à Paris, s’y voyait aussi il y ajuste un siècle; autrefois, comme à présent, l’opinion publique était ballottée entre le projet de dérivation d’eaux éloignées et celui de
* Recherches statistiques sur les sources du bassin de la Seine qu il est possible de conduire à Paris, entreprises en 1854, par les ordres de M. le préfet de la Seine, 1 vol. i»-4°, Paris, 1854.
l’élévation des eaux de la Seine. En 1765, la compagnie qui s’était formée pour mettre' à' exécution un plan rival de celui de Parcieux, avait exposé son système au public, et fait appel aux souscripteurs. Elle se proposait d’établir, à la gare de l’Hûpilal ou à la pointe de l île Saint-Louis, des pompes à feu pour élever l’eau de la Seine. Tout Paris prenait parti pour l’un ou l’autre de ces deux systèmes.
Dans deux autres, mémoires lus à l’Académie des sciences en 1766 et 1767, de Parcieux soutint son projet, en cherchant à démontrer que les eaux de l’Yvette n’étaient point inférieures en qualité à celles de la Seine.
Le chevalier d’Auxiron, auteur du projet d’élévation de l’eau de la Seine par des machines, lui répondait en 1769. On écrivait et on parlait beaucoup; le public se passionnait, mais la solution n’avançait guère. Dans un Mémoire qui fut publié en 1771, dans la collection de l’Académie des sciences, l’illustre Lavoisier discuta les deux projets , et donna, en définitive, l'avantage à celui de Parcieux.