CHAPITRE PREMIER
Les eaux de Paris à l’époque gallo-romaine, à l’époque des rois mérovingiens et carlovingiens. — Les sources des Prés-Sainl- Gervais et de Belleville alimentent Paris de 1200 à 1608. — Construction des pompes de la Samaritaine sur le Pont-Neu! en 1608.
Sous la domination gallo-romaine, Paris était alimenté par deux aqueducs. On a retrouvé les vestiges de l’un de ces aqueducs sur la rive droite de la Seine, en construisant 1 égout de la nouvelle rue de Rivoli : c’était une simple conduite en poterie. L’autre étaitune galerie maçonnée, bien connue sous le nom d aqueduc d’Arcucil, qui conduisait à Paris les eaux de la source de Rungis; on voit encore au palais des Thermes, une partie de ce dernier aque-
duc, dont la construction est attribuée à l’empereur Julien.
Sous les rois mérovingiens et carlovingiens, les habitants de la ville de Paris, à peine sortie encore des limites de l’étroite enceinte de la Cité, ne buvaient que l’eau de la Seine, puisée directement dans le fleuve, et celle des puits quand les eaux du fleuve étaient troubles.
A Belleville et aux Prés-Saint-Gervais existent de petites sources très-nombreuses, émergeant des terrains situés au-dessus des marnes gypseuses, et qui renferment de fortes proportions de sulfate de chaux, comme la plupart des eaux du bassin parisien. Ces sources ont suffi pendant quatre siècles à l’alimentation des Parisiens.
L’aqueduc des Prés-Saint-Gervais, qui fut construit pour recueillir une partie de ces sources, fut l’œuvre des moines de l’abbaye Saint-Laurent, à une époque qu’il est impossible de fixer avec exactitude. Situé au pied de la butte Montmartre, le monastère Saint-Laurent remonte au delà du sixième siècle; la fontaine Saint-Lazare, qui