‹ Les eaux de ParisChapitre 7 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

eaux; mais, oubliant qu’elles avaient été amenées à Paris pour les besoins du peuple, ils eurent le tort d’en accorder de larges concessions aux riches monastères et aux grands seigneurs de leur entourage. L’abus devint si grapd et les fontaines publiques si pauvres, qu’on craignit l’abandon de divers quartiers de Paris, dans lesquels l’eau manquait presque complètement.

Cette circonstance nécessita le fameux édit de Charles VI, du 9 octobre 1592, qui révoqua toutes les concessions particulières, sauf celles du Louvre et des hôtels des princes du sang1. L’autorité municipale n’intervenait pas encore dans l’administration des eaux, qui ne relevait que du roi.

Les troubles et les guerres des règnes de Charles VI et de Charles VII firent négliger l’entretien des aqueducs. Celui de Belleville tombait en ruines lorsque, en 1457, le prévôt des marchands le fit reconstruire sur 96 toises de longueur. C’est sans doute à partir de celte époque que la ville fut char-

1 Traité de la police, tome IV, p. 581 .

gée de l’enlrctien de ses établissements hydrauliques, et qu’elle acquit sur ces établissements un droit de propriété. Déjà, sous Louis XII, le bureau de la ville , composé du prévôt des marchands et des échevins, réglait le cours des eaux de Bellevillc et des Prés-Saint-Gervais.

C’est aussi de cette époque que datent les premiers registres de la ville, qui contiennent les ordonnances des prévôts et des échevins sur le régime des eaux publiques.

Chargée de distribuer et de régler les cours d’eau, l’autorité municipale de Paris veilla d’abord avec une certaine fermeté pour les conserver à leur destination primitive, c’est-à-dire à l’usage du peuple et du bourgeois. Mais comment tenir la main à l’exécution de réglements publics au milieu des troubles de la Ligue? Ceux qui avaient usurpé sur le roi de France l’exercice de l’autorité suprême, les hauts barons et seigneurs, usurpèrent aussi à leur profit les eaux publiques de la capitale.

A la fin du quinzième siècle, les fontaines publiques de Paris étaient au nombre de seize, toutes si-

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